‹ Relations entre les Éléments Météorologiques et la Croissance d'une Lignée Pure d'un BléChapitre 18 sur 46 · CONTROLE ET JUSTIFICATION DES RESULTATS OBTENUS CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CONTROLE ET JUSTIFICATION DES RESULTATS OBTENUS CHAPITRE IV

LES CASES LYSIMETRIQUES

L'analyse des courbes de croissance en fonc'ion des éléments du milieu physique permet de déterminer entre autres valeurs celles de l'élément eau, sous forme de pluie, assurant le développement optimum de la plante. Or les cases lysimétriques mettent à notre disposition un moyen de déterminer la quan:ité d’eau utilisée par la plante au cours de son développement depuis les semailles jusqu'à la moisson.

LH

Quand on compare les valeurs globales calculées au moyen des courbes de croissance et au moyen des cases lysimétriques on constate que dans les deux déterminations les valeurs obtenues sont du même ordre de grandeur.

Voici à titre d'exemple une série de mesures réalisées à l’aide des cases lysimétriques au cours de l’année 1934-1935,

Tableau des données et des rés

CASE N° 1 — JACHERE — BLE

Différ Humidité Total Eau : ent) DATES de la case Pluie des colonnes| percolée les col CA à D de 1 2 m/m ü) et en 3 et 1 2 3 4 5 10 décembre 1934 ...... 545.7 821.1 73 275.4 88.1 18 septembre 1934 ...... 650.3 807.2 67 : 176.9 128.2 CT A COMIOS SERRE 664.6 704.9 68 40.3 21:2 6 février 1935 ........ 639.1 700.5 68 61.4 2.5 DOMNATSNS Den cu RE 591.6 592.6 59 L.0 Ù CO PANTIINEM Sema les 434.2 440.7 44 6.5 0 ALL AT ee ele 336.4 342.3 34 5.9 0 LOI TD LE PU T ENS 309.7 310.2 31 0.5 0 PORTO EEE RS CURE 280.4 322.1 32 3 41.7 0 9 septembre ..,,..,. 285.6 609.6 240.0

(1) Je dois à l’amabilité de M. NoviKkorr, préparateur au $e permis d'effectuer par le calcul la transformation de cette humidité

Les cases ayant servi à l'expérience relatée ici sont les cases du Service Botanique et Agronomique désignées par les n* | et 4.

La case n° | a été semée en blé le 20 novembre. La case n° 4 n'a porté aucune végétation du 18 septembre 1934 au 9 septembre de l'année suivante (1935).

Le tableau ci-dessous met en évidence la déperdition de l’eau vers

f Natifs aux Cases lysimétriques en = = = = ==

CASE N° 4 — BLE — JACHERE Différence [Eau perdue re par Humidité Total Eau Rai RS RE de la case Pluie des colonnes| percolée et les colonnes transen 2" 1 et 2 en ee piration 1 2 5 4 5 6 LRRE #2 Nu . ue 342.1 617.5 617.5 275.4 0 16.5 601.0 777.9 698.5 176.9 88 0 38.9 | 659.6 699.9 666.0 … 44.6 40.3, 33.9 4.0 | 662.0 723.4 698.4 106.4 61.4 25.0 46.8 651.6 652.6 632.6 158.4 1.0 20.0 23.8 608.8 615.3 615.3 104.3 6.5 ee 0 33.2 582.1 588.0 588.0 32.6 5.9 0 , 29.4 565.6 566.1 566.1 29.8 0.5 0 108.7 457.4 499.1 499.1 ; 473.5 629.7 609.6 158.3 319.9

Botanique et Agronomique, les mesures de l’humidité du sol qui n’ont 2 de pluie correspondante.

l'atmosphère par deux cases : l’une cultivée, mais non semée; l’autre emblavée. Pour celle-ci l'évaporation du sol est accompagné de la transpiration de la céréale; mais comme nous allons le voir, l'évaporation du sol dans ce cas est faible e: le phénomène le plus important est celui de la transpiration et de l'évaporation de la plante. Aussi le total de 460" (ordre de grandeur de la quantité d’eau perdue par la case emblavée) représente la presque totalité de l'eau nécessaire au Blé pour son développement.

Reprenons par le détail les observations réalisées au moyen des cases lysimétriques.

Le 18 septembre l'humidité du sol de la case n° | correspondait à 546"" d'eau, celle de la case n° 4 n'était que de 342".

Du 18 septembre au 10 décembre la case n° 4 n'a perdu que 16,4" d'eau alors que la case n° | en a perdu 102,7"*., Cela montre que le sol évapore d'autant plus d’eau qu'il est plus humide.

Pour la période allant du 10 décembre au 6 Février, les pertes d'eau (évaporation et transpiration lorsque la case est semée) s'élèvent respectivement à

case nURS EE case n° 4: 38,9"

La case n° | était ensemencée (depuis le 20 novembre, levée le 4 décembre). Les pertes d'eau se trouvent inversées alors que pendant cette’ période l'humidité totale du sol de la case n° | est restée supérieure à celle de la case n° 4 et que les humidités superficielles (zone de 0,00" à 0,20") sont les mêmes. Il faut donc admettre que le Blé à l’état gazonnant protège le sol contre l’'évaporation et que la transpiration et l'évaporation (sol et plante) est inférieure à l'évaporation d’un sol nu.

Pour la période allant du 6 février au 1° mars les pertes en eau sont :

tase n°, L: 1460 case n°45 0 4

La case n° | accuse donc une perte d'eau nettement supérieure à la case n° 4; la présence de la végétation se fait sentir et ce jusqu'à la fin Mai (moisson) puisque du 8 au 29 mai la case n° | perd 32,6" et la case n° 4: 22,4" :

‘ Le mois de Février correspond pour un semis normal (comme celui des cases) à la fin de l’état gazonnant. A partir de cette époque le sol est complètement protégé du rayonnement solaire et de l’ac-

SX

tion du vent par le blé. Il est logique d'attribuer à la céréale sinon la totalité, au moins la majeure partie de l’eau perdue par évaporation et transpiration.

On est alors surpris par la quantité d’eau utilisée par la plante à partir de mars.

106,4" du 1* Mars au 26 Mars 158,4" du 26 Mars au 23 Avril 104,3"" du 23 Avril au 8 Mai

Soit près de 370"" pour la période du |” Mars au 8 Mai. Ceci explique l'importance, que l’on doit attacher en Tunisie en particulier, aux pluies des mois de Mars e: Avril, importance déjà mise en évidence par des travaux antérieurs (BŒUF).

Il est certain que l'absence de précipitations à cette époque compromet sérieusement la récolte. Le maximum d'eau que les terres du Service Botanique et Agronomique puissent retenir est de l’ordre de 590°*. S'il ne pleuvait pas il faudrait donc que le sol cède à la plante 370°", ce qui ramènerait à 590""-370"" 220" l’eau qui lui resterait. Il résulte de mes observations que les terres des cases du Service Botanique et Agronomique ne cèdent plus au Blé l’eau qu'elles sembleraient pouvoir meïtre encore à sa disposition, dès qu'elles n’ont plus, sur une profondeur de 2 m., une humidité moyenne correspondant à des précipitations de l’ordre de 320""”. C'est donc au moins une pluviométrie d'environ 100"" qu'il est indispensable

re , 2 } HER d'enregistrer à cette époque. La somme des précipitations, au Ser-

vice Botanique et Agronomique, du 1°” Mars au 8 Mai, s'est élevée à 68,9%", rien ne dit que si la quantité d’eau mise à la disposition de la plante avait été supérieure on n'aurait pas constaté une perte d'eau supérieure à 370"". En effet les 100" précédemment calculés sont assez voisins de la pluviométrie déterminée plus loin pour la valeur des éléments associés mais lui restent légèrement inférieurs.

Si l’on totalise l’eau évaporée du 10 Décembre 1934 au 29 Mai 1935, on trouve 460,7"", or la valeut totale de la pluviométrie correspondant au meilleur développement de la plante est de l’ordre

460 — 445 15 de 445728501t une différence ide 2 —, 3,3%; 460 460

Cette vérification de la valeur d'un élément physique (pluie) est presque du domaine du laboratoire. Il est bon de savoir que l'on peut, par des moyens de laboratoire, vérifier les résultats obtenus par la méthode biologique utilisée dans le présent travail, en réalisant non seulement les conditions de milieu qui assureraient le développement optimum, mais encore des conditions particulières pouvant agir sur la métabolisme de la plante. Le seul obstacle à une telle entreprise sont les frais énormes qu'elle entraînerait étant donnée l'importance du développement radiculaire du Blé et le grand nombre d'éléments physiques. L'utilisation des cases lysimétriques (construites surtout pour des études de chimie agricole et d’agronomie) à des mesures physiques : évaporation et transpiration, confrme nettement que les mesures sont possibles et que l’on peut réaliser des conditions de milieu physique (humidité du sol) très différentes (voir tableau p. 48-49).

Ce ne sont que des considéra'ions budgétaires qui m'ont empêché de réaliser un moyen de laboratoire permettant la vérification des valeurs trouvées pour les autres éléments.

J'ai exécuté mes expériences en plein champ ce qui permet de passer directement du domaine des recherches à celui de la pratique et c'est là un sérieux avantage. Les conditions de développement furent aes conditions naturelles susceptibles de se reproduire. Les accidents de végétation constatés sont du domaine réel et les valeurs enregistrées peuvent donc être données telles quelles, sans qu'il soit besoin ni d'interpoler ni d'extrapoler.

Mes vérifications seront donc puisées dans les données statistiques et les centres de culture de Tunisie.

Page 1