CHAPITRE V
LES CLIMOGRAMMES ET LES PHYTOCLIMOGRAMMES
Pour passer plus facilement aux vérifications statistiques et agronomiques, il est bon de représenter les résultats obtenus quant aux valeurs des éléments physiques assurant le développement optimum de la plante, sous une forme graphique.
J'appellerai cette représentation graphique un phytoclimogramme, réservant le mot de climogramme (AZzI, CARTON) à la représentation graphique de la valeur des éléments du milieu physique don-
Ne
ra
nant la physionomie climatique d'une région, physionomie telle qu'elle découle des observations météorologiques.
L'étude du phytoclimogramme d’une plante et du climogramme d'une région est pleine d'enseignements du point de vue agronomique.
L'’Annexe III est justement cette comparaison appliquée aux Blés Pusa x Florence 381/b et Biskri AC/2 d'une part, et à diverses régions de la Tunisie d’autre part.
Si l’on voulait représenter en une seule figure le phytoclimogramme relatif à tous les éléments physiques associés assurant le développement optimum d’une plante donnée, la figure serait très difficile à construire étant donné le grand nombre d'éléments intervenant pour le développement de la plante.
Or pour que des mesures biologiques aboutissent à un résultat satisfaisant il est nécessaire d’avoir un grand nombre d'observations et par conséquent un grand nombre d'’expérimentateurs. Celà implique un moyen simple dans la figuration des résultats obtenus
Les courbes planes étant les plus simples c'est donc à elles que je me suis adressé, Cette figuration oblige à représenter les valeurs successives des différents éléments physiques en les associant deux à deux. Ce groupement amènera :
le phytoclimogramme pluvio-aérothermique, graphique relatif à la pluie et à la tempéra‘ure moyenne de l'air;
le phytoclimogramme pluvio-géothermique, graphique relatif à
la pluie et à la température moyenne du sol.
Il est possible d'envisager également :
le phytoclimogramme pluvio-actinique relatif à la pluie et au rayonnement (on pourra différencier si on le veut le rayonnement normal du rayonnement total sur surface horizontale et là encore le global du diffus);
le phytoclimogramme hygrothermique, était hygrométrique et température de l'air;
le phytoclimogramme atmo-pluviométrigue, évaporation et pluviométrie ; le phytoclimogramme atmo-actinique, évaporation et rayonne-
ment.
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7em péralure
Zem p erglire
Enr QE Maïs
90 Novembre
Fluvio-saero-th ermque
Fhyt oc/imo gramme du à Pusa x Florence 38]
10 200 300 400 Courbe représentant le Phytoclimogramme pluvio-aéro-th:rmique du Pusa x Florencs 381/b Mois
Decembre
Fhytoclim ogremme Flavio -geo À hermique du b Pusa x Florence 381
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en me ous mas en online 100 200 300 400
Courbe représentant le Phytoclimogramme pluvio-géo-thermique du Pusa x Florence 381/b
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| Decembre 25Mai
Phytoclimogramme Thermo-actinique
du Puse x Florence 38! à
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Ce/ or a Onnement Cm2x min
10000 20000 30000 40000 50 000 Courbe représentant le Phytoclimogramme thermo-actinique du Pusa x Florence 381/b
e > 3 Mois o 4 Decembre 25 Mai à Phytoclim ogramme Pluvio-actinque du b Ÿ Pusa x Florence J81/ 00 Q R He Las ‘L] >Ô ca /. or /fa yonnement Cnix In 10.009 20000 .30000 40000 50.000
Courbe représentant le Phytoclimogramme pluvio-actinique du Pusa x Florence 381/b
Phytôclim ogramme Hygro FA ermique du Pusax /lorence 361
Zemp érature
Humidite relative JO USO HS 50 602070, 080.60 Courbe représentant le Phytoclimogramme hygro-thermique du Pusa»Xthermique 381/b
Voci, à titre d'exemple la façon dont je construis le phytoclimogramme pluvio-aérothermique du Blé Pusa x Florence 381/b.
Le pemier point du phytoclimogramme correspond aux conditions du milieu physique (pluie et température moyenne de l'air) au cours du mois qui précède les semailles. Je porte :
en ordonnée, la tempéra:ure moyenne de l'air pour cette période, valeur qui se trouve au tableau de la page 37, soit.. 20° ;
en abscisse, la somme des précipitations pour cette même période SOU /US
Le deuxième point du phytoclimogramme correspond aux conditions de milieu physique pour que la période qui va des semailles à la levée. ‘Je porte :
en ordonnée, la température moyenne de l'air pour cette période, soit. 01409:
en abscisse, la somme des précipitations pour cette même période, augmentée des pluies de la période précédente, soit au total 15% + 70 = 85" et ainsi de suite.
Il est à remarquer que la température est reportée en tant que valeur moyenne (la température étant un facteur qualitatif) tandis que la pluviométrie est reportée sous forme de totaux successifs, chaque précipitation s’ajoutant aux précédentes, c'est qu’en effet la pluie est un facteur quantitatif,
Les différents phytoclimogrammes étant construits il est certain que leur utilisation ne sera pas toujours simultanée, car pour une
2 s ; Far
période végétative donnée, tous les éléments physiques n'ont pas A . 7 :
la même importance, le même « poids ».
Le présent travail et les travaux antérieurs (vernalisation, et photopériodisme) montrent l'importance, pour la germination et la vie de la jeune plantule, de la pluviométrie antérieure en tant qu'élément gouvernant l'humidité du sol, de la température du sol et de la durée d’éclairement. La durée d'éclairement n'’intervénant que pour la précocité, on pourra, lorsqu'on fera abstraction de ce caractère physiologique, pour ne considérer que le rendement, ne tenir
compte que des deux seuls éléments; température du sol et précipitations.
Plus tard, lorsque la plante occupe entièrement le sol, les variations de température du sol deviennent secondaires et c’est surtout la température de l'air, la pluviométrie et le rayonnement solaire qui interviennent. Enfin, à certains moments, l'humidité relative de l'air devra être prise en considération en raison de ses conséquences sur le développement des rouilles. I] ne faudra pas non plus négliger l’évaporation, en un mot les pertes d’eau pour la période qui s étend de l’épiaison au mois suivant la floraison.
Il résulte de ces considérations qu’au cours de certaines périodes de développement de la plante, il sera plus utile d'envisager un phytoclimogramme plutôt qu’un autre.
Je m'excuse d’avoir introduit un néologisme, mais je ne l'ai fait
que pour alléger le texte qui va suivre; j'essaierai de l'employer le moins possible. *
Ayant restreint le sens donné au mot climogramme, je préciserai qu'il est possible d'envisager :
le climogramme annuel qui intéressera la valeur des éléments météorologiques au cours d’une année;
le climogramme moyen qui représentera la valeur moyenne des éléments météorologiques, moyenne calculée sur une période au moins décennale ou mieux encore sur une période plus longue.
De même que nous aurons le phytoclimogramme pluvio-aérothermique, nous aurons aussi le climogramme pluvio-aérothermique.