AGRONOMIE
Considérations générales. — Le point de départ du présent travail, fut une étude agronomique, il est donc logique, qu'après avoir cherché une méthode me permettant d'analyser les relations existant entre la plante et le milieu physique, je sois revenu à la question de la production agricole, et plus particulièrement à la production du Blé Pusa x Florence 381/b en Tunisie.
Pour avoir une idée des possibilités agricoles d'une région il faut connaître d’une part son climat, c’est-à-dire les valeurs physiques et météorologiques, et d'autre part les exigences de la plante vis à vis de ces mêmes éléments.
Les chapitres précédents viennent de mettre en évidence les valeurs des éléments physiques associés assurant le meilleur développement du Pusa x Florence 381/b en particulier, ainsi que quelques valeurs extrêmes des éléments, telles que, si elles sont atteintes, la culture de ce Blé, devient des plus aléatoires,
Au cours d'observations successives j'ai constaté l'influence primordiale de la température et de l'humidité du sol au moment des semailles (eau emmagasinée à la suite de la jachère et des pluies) et des précipitations au cours du développemnt du Pusa x Florence 381/b. Mes observations ne m'ont permis de déceler l'influence combinée de la température et de l'humidité de l'air que pour les mois de mars et avril, Ces deux éléments n'intéressent à cette époque que le développement des rouilles, maladies cryptogamiques susceptibles d'anéantir complètement la récolte. Enfin la somme des précipitations jusqu'au mois d'avril et la température de
l'air de la première quinzaine d'avril. interviennent pour le poids spécifique du grain.
Le Service Météorologique de Tunisie publie les observations recueillies (pluie et température de l'air) sur les différents points du territoire de la Régence. J'ai utilisé ces observations à des fins agricoles en comparant le graphique représentant la moyenne de la température et la somme des précipitations (climogramme pluvio-aérothermique) à celui représentant la valeur des éléments associés : température moyenne de l'air et somme des précipitations assurant le meilleur développement du Pusa x Florence 381/b (nhytoclimogramme pluvio-aérothermique).
Le Service Météorologique, grâce aux soins de M. LacRoux, a déjà publié, sous le titre: « Lé régime des pluies en Tunisie », période 1901-1930, des données qui m'ont évité d’avoir à calculer, pour certaines stations, la moyenne de la pluviométrie pour les différents mois de l’année. J'ai dû cependant entreprendre pour cette période (1901-1930) le relevé de la pluviométrie de chaque mois pour établir le pourcentage d'années excédentaires, déficitaires et normales. J'ai complété ces indications en calculant, pour la période de trente ans précitée et pour chaque mois, la moyenne de la température.
La vapeur d'eau atmosphérique présentant pour le développement des rouilles un intérêt tout particulier j'ai ajouté aux moyennes précitées celles afférentes à l'humidité relative de l'air, Je n'ai pu calculer ces moyennes que pour quelques régions et que pour des périodes plus ou moins continues variant de 10 à 15 ans. Comme les moyennes que j'ai établies ne sont là qu'à titre d'indication et pour des études relatives aux maladies cryptogamiques, je n’ai pas cherché à les rendre comparables entre elles; cependant elles donnent de judicieuses indications.
J'ai établi les courbes représentant les éléments climatiques : température et précipitations, de 24 stations. Ce travail étant surtout agronomique fera l'objet d’une autre publication. Je n'envisagerai donc ici que quelques unes d’entre elles.
On rencontre en Tunisie des régions dont la moyenne annuelle des précipitations calculée sur trente ans accuse 1.607" et d’autres dont la moyenne n'est que de 90"*. Il y a là toute une gamme de régions qui ne sont évidemment pas toutes propices à la culture du blé en général et du Pusa x Florence 381/b en particulier.
Je donnerai, à titre d'exemple. deux régions à très forte pluviométrie, l’une d'altitude, l’autre littorale.
Je m'étendrai un peu plus sur les régions où la pluviométrie moyenne annuelle est comprise entre 600 et 400”". Ces régions étant plus particulièrement propices à la culture du blé. Parmi ces régions il en est qui sont plus aptes que d’autres à la culture du Pusa x Florence 381/b. J'indiquerai pour chacune d'elles ce qui les caractérise d’après la méthode que je préconise.
Enfin je donnerai à titre d'exemple quelques stations où la sécheresse tant de l'automne que du printemps interdit la culture non seulement du Pusa x Florence 381/b, mais encore d’autres variétés de Blé. Les déductions sont établies pour desterres de même nature que celles du Service Botanique et Agronomique.