A LA MÉMOIRE DES DOCTEURS FERÉOL ET LEGROUX
En témoignage de ma vive gratitude.
Je remercie les Docteurs POLITZER et URBANÏSCHITSCII (de Vienne), BRIEGER (de Brcslau), SClIMIECiELOW (de Copenhague), COZZOLINO (de Naples), des reuseignenieuts qu'ils ont bleu voulu me fournir pour ce travail.
ATant-Propos
L'idée première de ce travail nous a été suggérée par un cas que nous avons observé à l'hôpital Saint- Antoine, en septembre 1895, à la consultation laryngologique que notre maître, le Dr Tapret, avait bien voulu nous confier dans son service. Il s'agissait d'un malade atteint d'otite moyenne aiguë purulente, qui présenta à un certain moment des phénomènes d'asthénopie, unilatéraux et siégeant du côté de l'oreille malade. La paracentèse du tympan amena la disparition complète du trouble oculaire en quelques heures. Mais la rétention du pus s'étant produite dans la caisse, la perforation artificielle s'étant refermée, l'asthénopie reparut. Une nouvelle paracentèse fut pratiquée qui amena l'évacuation de l'oreille moyenne et la disparition du trouble visuel. Et ainsi pendant trois jours évoluèrent successivement et parallèlement les deux ordres d'accidents, otique et oculaire, liés l'un à l'autre d'une manière absolue, quand le malade vint à présenter des symptômes de mastoïdite. Nous dûmes pratiquer la trépanation de l'apophyse et dès lors la complication oculaire disparut totalement.
Nous avons également observé un cas de nystagmus consécutif à un lavage du conduit auditif et ces deux faits ont été le point de départ de nos recherches.
Très peu d'auleura, en France, se sont occupés des rapports que le sens de l'ouïe pouvait affecter avec celui de la vision, La plupart des observations proviennent de l'étranger et il en est de cette question comme de celle des abcès cérébraux, dont Luc a trouvé seulement huit cas signalés et publiés en France. Dans aucun traité d'ophtalmologie ou d'otologie, il n'est accordé un chapitre spécial ^ cette élude, qui a suscité cependant quelques travaux intéressants dans ces dernières années.
La seule relation, empirique, qui ait été vue pendant longtemps ■ entre ces deux organes s'est bornée simplement à ce îail, à savoir que la présence d'une olorrbée était en quelque sorte précieuse pour l'œil ! Un peu plus, on aurait entretenu, si l'on avait pu, une bonne otorrhée, bien fétide et d'odeur repoussante, car on vivait .sur ce principe, que la suppression d'un écoulement auriculaire pouvait retentir défavorablement sur l'œil : 1'otorrhée était un émonctoire naturel qu'il fallait conserver.
Longtemps après, on s'applique à guérir l'olorrhée, mais pour prévenir les conséquences fâcheuses que cette suppression, trop rapide, pouvait avoir sur les yeux, on établit des exutoires artificiels (vésicatoires derrière l'oreille, par exemple).
Plus tard, toute la question a été résumée dans le phénomène de « l'audition colorée )>, et comme ces faits, — au début, — pour certains auteurs, semblaient tenir du merveilleux ou d'une aimable fantaisie, le sujet fut un peu délaissé pour être enlin repris par les physiologistes et les cliniciens.
Ce sont en effet les expériences physiologiques qui ont nettement montré les rapports étroits qui existent entre l'oreille et l'œil. Les recherches de Cyon, Urbantschitsch, . Baginsky, Hogyes, Lucœ, etc., sur les canaux semi -circulaires ont déterminé leurs Eonctions physiologiques et leur influence sur les mouvements oculaires.
Les observations cliniques sont venues à l'appui des données fournies par la physiologie expérimentale. On a commencé à voir que l'œil pouvait avoir des relations pathologiques avec les affections d'autres organes :
a] voisins (dents, fosses nasales et sinus).
0) éloignés (reins, cœur, foie, utérus, etc.)
Or il est remarquable que d'une série d'organes innervés par le trijumeau (œil, nez et sinus, dents, oreilles, etc.) et dont par conséquent toutes les affections peuvent retentir sur les systèmes voisins, ce soit l'oreille qui ait été négligée, car longtemps on a ignoré les connexions que cet appareil sensoriel pouvait avoir avec l'œil. On ne connaissait uniquement que les rapports anatomo-physiologiques et pathologiques du nez et des cavités adjacentes : i" avec l'œil, 2" avec l'oreille, parce qu'il y avait entre eux communication directe, d'une part, au moyen du canal lacrymo-nasal, de l'autre par l'intermédiaire de ta trompe d'Eustache.
Cependant tous les organes que nous énumérions plus haut sont placés dans un circuit innervé par un nerf commun, la Sf paire; qu'un des éléments de ce circuit soit lésé, son affection pourra retentir sur l'élément voisin et à chaque instant ne voit-on pas une maladie du nez (rhinite hypertrophique, polypes) provoquer un trouble oculaire réflexe (blépharospasme, astbénopie, etc.); une carie dentaire provoquer de l'otalgie, ou des désordres visuels, etc. ; très nombreux sont les exemples que l'on pourrait citer de la sorte.
Pendant lonf^lemps, cette intervention du trijumeau dans les troubles oto-oculaires a été inconnue. On ne connaissait la réaction de l'oreille sur l'œil que par l'abcès cérébral, les méningites purulentes, en somme par tous les accidents encéphaliques consécutifs aux suppurations auriculaires. La névrite optique était à peu près le seul trouble oculaire produit par une lésion de l'oreille. Plus tard on a observé d'autres altérations du fond de l'œil, du nystagmus, de l'bémianopsie, des paralysies oculaires dans les cas d'otite moyenne suppurée compliquée.
Des observations tlo blépharospasnip, (Rampolili, BuJizard) à la suite d'irritation de l'oreille externe (injection, cxtrRction de corps étranger) sont venues démontrer la participation du trijumeau dans ces accidents.
Le myosis a été noté à la suite de l'inflammation de la mastoïde.' On a signalé aussi des troubles de l'accommodation (Polituer, IJrbantscbitsch) après l'excitation des rameaux sensitits de la cinquième paire répandus dans l'oreille, accidents généralement transitoires et disparaissant après la guérison de l'adection olique, Des cas de rétrécissement du champ visuel, de diminulion de l'acuité de la vue, d'héméralopie, en rapport avec des maladies de l'oreille moyenne ont été vus par quelques auteurs. Nous rapporterons, au cours de ce travail, la série des symptômes oculaires qui peuvent être attribués aux affections de l'oreille.
Nous avons en vue deux points principaux :
1" La réaction pathologique de l'oreille sur l'œil ;
2" Le phénomène inverse, — beaucoup moins important et dont il n'existe que quelques cas.
C'est dire que nous éliminons une série de maladies générales ou diathèses qui, d'une façon assez fréquente, se localisent uniquement sur ces deux appareils sensoriels. Ainsi la syphilis
liéréditaire qui ne se traduit souvent que par la surdité et la kératite, les iiQections des centres nerveux (tabès en particulier, dont les manifestations du début atteignent quelquefois l'oreille interne et le nerf optique, s'exprimaut par le vertige et l'atrophie optique). Nous éliminons toutes les tumeurs cérébrales qui, par la compression des nerfs crâniens, réalisent parfois simultanément des troubles auditifs et oculaires, tout à fait indépendants l'un de l'autre.
Notre sujet comprendra l'étude :
a) Des rapports anatomiques et physiologiques entre l'oreille et l'œil ;
h) Des relations pathologiques qui en découlent avec l'analyse des symptômes observés.
Mais avant, disons que, à côté de l'influence physiologique et pathologique du sens de l'ouïe sur celui de la vision et réciproquement, il y a toute une étude à (aire, sur ce sujet, au point de vue psychologique.
On a voulu établir un parallèle et une comparaison entre l'aveugle et le sourd. On a dit que l'aveugle instruit était étranger au monde pliysique, le sourd au monde moral, que celui-ci surmontait mieux que l'autre les diÉBcultés matérielles, au contraire, en présence de difBcultés morales l'aveugle était bien supérieur au sourd. Les aveugles feraient preuve de beaucoup plus d'intelligence que les sourds, et, à ce propos, dans l'Histoire, on ne trouve qu'un seul sourd-muet de naissance ayant publié un travail littéraire (Alexandre Berthier}, tandis que parmi les aveugles on a rencontré un grand nombre d'hommes célèbres, dans toutes les branches de l'activité humaine, aussi bien dans les lettres que dans les sciences et les arts.
Nous laissons aux psychologues le soin de résoudre tous les
éléments^ de ce problème complexe, nous ne retiendrons que ce fait qui nous intéresse, à savoir la suppléance de Touïe chez les sourds par la lecture sur les lèvres, qui leur permet, si nous pouvons nous exprimer ainsi, de voir la parole qu'ils ne peuvent entendre. C'est un phénomène instinctif qui a toujours existé et dont nous trouvons la première expression littéraire dans Rabelais. « Un nommé Nello de Gabrielis, lequel, par accident, estait sourd devenu : ce non obstant, entendait tout homme italien, parlant tant secrètement que ce fust, seulement à la veue de ses gestes et mouvements des lèvres. » Dans beaucoup de cas, Tœil peut, avec beaucoup d'efficacité, suppléer l'oreille et rendre les sourds à la vie sociale.
Parallèle entre l'orf^aoe de l'ouïe et celnl de la \ne
L'étude eomparalive des maladies îles oreilles et des yeux montre des analogies entre ces deux organes, au point de vue anatomique, physiologique et pathologique.
Comme dans tous les organes des sens, mais ici beaucoup plus complexes et plus délicats, on trouve des appareils de réception, de transmission et de perception. Les systèmes de perception, c'est-à-dire périphériques, auriculaire et of^ulaire, sont reliés par des connexions nerveuses, de môme les appareils de réception sont réunis dans ta substance cérébrale au moyen des noyaux moteurs qui établissent des relations ampullooculo-motrices. Nous le démontrerons au cours de ce travail.
Deux canaux, dépendant de l'œil et de l'oreille et nécessaires â la fonction physiologique de ces organes, les font communiquer avec une cdvité commune où ils aboutissent, les fosses nasales. Tous deux sont des conduits ostéo-membraneux, ayant dans une partie de leur trajet une muqueuse pour ainsi dire commune. Ils concourent â un but analogue : le canal nasal déverse dans le nez les larmes qui ont lubréflé le segment antérieur des globes oculaires, la trompe d'Eustache aère et ventile la caisse du tympan, il en résulte que leur pathologie est identique : qu'il survienne une obstruction dans ces conduits, il se développera un catarrhe muqueux et même purulent, soit dans le canal nasal ou dans le sac lacrymal,
soit dans Ib Irompe ou la caisse. La thérapeutique de leurs aSeclions emploiera les ménies procédés pour les comhaltre : que ces canaux soient insuffisamment développés, que leurs parois soient accolées et provoquent un rétrécissement, une sténose consécutive, il faudra recourir à un moyen unique : la dilatation et le cathétérisme. Elle est réalisée dans le conduit lacrymo-nasal k l'aide de la sonde, dans la trompe avec le bougirage.
On a pu établir aussi un parallèle entre les appareils de protection et d'accommodation de l'œil et ceux de l'oreille. Le système musculaire de la membrane du tympan, constitué par les muscles tenseur et reliJcheur, constitue un appareil spécial qui ne permet pas un égal passage à toutes les oncles sonores. l*s muscles du marteau et de l'étrier auraient leur analogue dans l'iris. Le musie interne du marteau, dit M. Duval, ayant pour fonction de protéger la membrane du tympan, et par suite l'oreille interne contre les vibrations trop intenses des sons forts, correspondrait aux fibres circulaires de l'iris, au constricteur de la pupille qui protège la pupille contre une lumière trop intense. Le muscle de l'élrier, rendant l'organe de l'ouïe plus sensible aux sons les plus faibles, correspondrait aux fibres radiées de l'iris, Ce muscle du marteau, que quelques personnes peuvent contracter à volonté, obéit physiologiquement à une action réllexe dont l'étude est bien exposée par J. Millier : « Si l'on admet, dit-il, qu'à l'occasion d'un son très intense, le muscle du tympan entre en action par l'ellet d'un mouvement réflexe, de même que font l'iris et le muscle orbiculaire des paupières lors d'une impression de lumière très vive, attendu que l'irritation est transmise par les nerfs sensoriels au cerveau, et de celui-ci aux nerfs moteurs, il devient évideat que, quand un bruit intense vient frapper l'oreille, le muscle du tympan peut assourdir l'ouïe par son mouvement réflexe. »
L'analogie existe aussi dans le fait suivant. On Nuit qun les affections de l'oreille moyonnc^ ronfiihin'nl pour uih* îih;!»/ grande part à la compression de rorcille inln in' ; rninnu* \r muscle du marteau est innervé par un iWv.l de la hninflM^ otique du trijumeau et celui de l'f'itrier par le facial, n'il Mur vient une paralysie de ce dernier nerf, le tenHor a^çira «eul, et on connaît les effets produits par la contraction tUi muMcle du marteau lorsqu'ils ne sont pas contrehalanc/rs par reux dn rétrier. Le spasme ou la contraction du muscle du marleau agira de même. Ces phénomènes sont /i rappni/^her de r;e que Ton observe dans l'œil, lorsqu'il existe une prédominance d'un des muscles droits, par exemple.
Un parallèle peut aussi être étaMi entre Toreille et l'/i^jl au point de vue clinique, car la comprest«tion des nerfn lahy rinthique et optique provoque des troubles Utui ^ (ait hwMu^wa, Quand, pour des causes diverses, l'aération de la caisse du \ym\9HU se fait mal. que l'air s'y raréfie et que le vide fînil par Jt'y établir, la pression atmf>^phériqije déprime la membrane par suite les o^^elets et l'étrier. l^ pression de ce dernier ate transmet au liquide labyrinfhiq'ie, q'ii.^v^rnme foim le* liqoiide^, est incompressible. L'effer. de la pre**ioft rie ;/fir/ituf ttçrtt ^or les parois o*<euse^ de !;« ca-u^é du laborinfhe ate f;iir aj<rii tir sur les p:krt.ifr» molles. c>*.' î* dire *iif U fe^n^fre rMfde et sur les poinr.* de p^n^tr^ri^*^ \ti*r^ \kïrir\ti-\ïif\u^. de* /;fi*^^rijr et des nurrià, f/oa : 'V.mpr'^-^iNïi ^tr'^^rrï^v iû:;ne.***: •:> ;,i*r *'>»fe troubles dan* la '>:%.'»cv,.;t.'":'»Pr'i..ri > . .r>...^ »r**^rf»P: '^/#rr^^f^a■?i^•ft nervea*« qijfc rarr:>:ne . 'fn»*vî;-.-'n* ^i>.'.<^^; .i» m * ir-^»?/ *,^ >••
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d'une façon analogue (|U!inil il y a excès tie pression, ce qui arrive dans le glaucome. Curame dans l'oreille, nous voyons ici un tissu inextensible, la sclérotique, qui résiste, seules i les parties dépressibles cèdent à la pression intra-oculaire : c'est d'une part le segment antérieur, d'autre part les fibres J du nerf optique à leur entrée dans le tissu sclérotical. La ' pression refoule celles-ci en arrière et produit l'excavation de ] la papille. Des deux côtés les désordres sont les mêmes. Ici la compression des fibres nerveuses provoque une anesttiésie visuelle, dite glaucumateuse : ce trouble de la vision cesse dés que finit l'accès glaucnmateux. Que ces accès aigus se répètent fréquemment ou que, progressivement, s'installe . un glaucome chronique, l'aueslbésie visuelle s'établira d nitivement, c'est-à-dire la cécité.
Dans l'oreille et dans l'œil les accidents n'évoluent pas toujours d'une manière rapide et fatale, grâce à certaines conditions qui atténuent la puissance de la pression dans les deux organes. Ainsi dans l'oreille interne, deux canaux, l'aqueduc du vestibule et l'aqueduc du limaçon, constituent en quelque sorte des soupapes de sûreté qui permettent dans une certaine mesure au liquide inti'alahyrinlliique de fuir sous la pression et par suite diminuent l'intensité de la compression exercée sur les terminaisons de l'acoustique. L'aqueduc du vestibule évacuera une certaine quantité d'endolymphe dans le réservoir intra-dure- ■ mérien ; l'aqueduc du limaçon, par sa communication avec l'espace sous-arachnoidien, laissera échapper un peu de périlymphe. Dans l'œil il existe également des voies de sûreté, qui, lorsqu'elles sont perméables, permettent aux liquides intra-oculaires de s'échapper et diminuent l'intensité de la l pression. Ces voies d'excrétion viennent-elles k être obstruées, "j comme dans le glaucome, l'équilibre est rompu, la pression augmente de plus en plus , comprime les fibres du
nerf optique d'une manière permanente et amène la cécité. Aussi les procédés thérapeutiques s*inspirent-ils des mêmes principes quand il s'agit de diminuer la compression, oculaire ou labyrinthique, et d'évacuer les liquides pathologiques. La ponction de la membrane du tympan est empruntée à la chirurgie oculaire, et c'est la paracentèse de la cornée qui a suggéré celle du tympan. L'otologie a certainement profité pour une large part des progrès de l'oculistique, il n'est pas jusqu'aux méthodes d'examen et de technique qui ne soient similaires, il suffit de rappeler l'application à l'otologie des miroirs, destinés à réfléchir la lumière dans le conduit auditif pour réclairer, et basée sur la découverte de l'ophtalmoscope.
lapports anatomlques entre l'oreiUe et l'œil
Ces rap[K)rls, démontrés par des reclierches anatomique»^ récentes, se font : 1" par l'interméfliaire du systi'me nerveux, princi|ialen>eiit ; 2" iiccessoirement, par le sjslênie circulatoire.
1" Les eonqexions nerveuses entre l'oreille et l'œil ont 4 lieu : a] au niveau des noyaux buliio-prolubérantielK ; fr) à la ] périphérie.
Il) Au niveau des noyaux centraux. — On sait que le nerf acoustique ou auditif est formé par l'arcolemenl de deux racines dont l'origine el la terminaison sont différentes : ce sont le nerf cochléaire ilesliné au limaçon, et le nerf vestibulaîre qui se rend au vestibule membraneux. Celte dernière I brandie nerveuse contient les fibres tlu nerf ampullaire et, I avec elles, dit Bonnier, aboutit à la base des cornes postérieures, représentées dans le bulbe par Irois noyaux, dont \ deux postérieurs, le noyau de Berhweic ou noyau cextibutaire, et le noyau interne sont situés sous le plancher du qua*; trième ventricule, eL dont l'antérieur, le noynn de I}eiters,l semble être le prolongement de la colonne vésiculeuse d^M Clarke. Plusieurs auteurs, M. Du val, Edinger, admettent I que toutes les libres de ce nerf vestibulaire ne se terminent pas 1 dans ces noyaux, mais qu'un grand nombre vont par le corps;] restiforme aboutir au cervelet, formant ainsi la racine céré-l belleuse du nerf acoustique. Or, la physiologie nous apprend.']
quels importants i-apports existent entre l'appareil ampullaire et le cervelet.
Mais nous nous occuperons seulement ici des connexions entre ces noyaux et l'appareil nucléaire des oculo- moteurs :
Le noyau antérieur s'unit au noyau interne du même côté, à l'olive supérieure du môme cAté et à celle du cAté opposé. De plus les deux noyaux, interne et de Deiters, sont mis en relation avec celui de la fi" paire, c'est-à-dire avec le moteur oculaire externe. Comme conséquence de toutes ces connexions nucléaires, nous voyons que le nej'f auditif se met en rapport I avec le nerf de la ti>' paire. De plus, il y a association fonctionnelle entre celui-ci et les centres oculo-moleurs de 'la quatrième et de la sixième paire et ainsi s'étahlit une relation directe et bien définie entre le système auditil et l'appareil moteur oculaire ; c'est de la sorte que l'on peut expliquer tous les réflexes oculo-moteurs observés dans les troubles auriculaires. Tous ces rapports nucléaires ont été précisés, grâce aux travaux de Edinger, Bechterew, Kôtliker, M. Duval, Hensen, P. Bonnier, etc.
Signalons aussi les rapports très intimes qu'affecte la racine descendante sensitive du trijumeau avec l'acoustique, relations qui expliquent la coexistence de lésions trophiques simultanées de l'oreille et l'œil, quand il se produit une lésion à ce niveau (expériences de Laborde).
b) A la périphérie. — Le trijumeau a une grande part dans l'innervation commune de l'oreille et de l'œil. D'une part, au moyen de la branche ophtalmique de Willis, il lient sous sa dépendance toute la sensibilité de l'organe de la vue. D'autre part, grâce au ganglion otique, il envoie des filets nerveux à l'oreille moyenne, à la membrane du tympan, etc. Ajoutons que l'auriculo-temporal, né de la troisième branche du Irijumesu, se distribue au revêtement cutané du conduit et au
pavillon. En somme, si nous considérons le ganglion de Casser comme le sommet d'un triangle dont les deux autres angles sont occupés l'un par l'oreille, l'autre par l'œil, nous voyons que deux côtés sont formés par le trijumeau ou ses branches qui vont se distribuer aux deux organes sensoriels, le troisième côté, aui va de l'un à l'autre, est représenté par le facial qui s'anastomose avec le trijumeau.
Enfin le grand sympathique se distribue aussi à l'œil et à l'oreille.
2o Les rapports qui s'exercent par les voies vasculaires sont moins importants. Ils ont lieu par l'intermédiaire des sinus veineux, c'est-à-dire d'une manière très indirecte.
Cette étude rapide va nous permettre de comprendre l'action physiologique en vertu de laquelle l'organe auditif retentit sur celui de la vue.
Rapports physioloiriqnes entre Torellle et Tœll
L'association physiologique fonctioDaelle des deux organes de l'ouïe et de la vue est mise en évidence par l'étude anatomique des connexions nerveuses étroites entre les deux appareils sensoriels.
Ces rapports existent comme nous l'avons vu : 1° à la péripiiérie ; 2" dans les centres cérébraux.
L'étude des rapports physiologiques entre l'oreille et l'œil comporte plusieurs points :
i° La question des centres d'associations motrices des mouvements coordonnés de l'œil et du pavillon auriculaire;
2° La physiologie du trijumeau dans ce qu'elle a de commun aux deux organes (recherches expérimentales démontrant les li-oubles trophiques qui les atteignent simultanément quand on produit une lésion du nerf), et les réflexes qui suivent le trajet de cette cinquième paire ;
3" Divers autres réflexes olo-oplilalmiques ;
4"* Les fonctions des canaux semi-circulaires, au point de vue oculo-moteur ;
5" Le phénomène de l'audition colorée.