‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme] (volume 2)Chapitre 1 sur 119 · Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme] · texte numérisé non relu

Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme]

‘ Les Relations des missions de la Nouvelle- France, restées pendant longtemps ensevelies ans la poussière des bibliothèques, sont deenues, de nos jours, grâce aux progrès et à heureuse direction des recherches histori- { es, l'objet d’une. curiosité toujours croisfante. Dans l’ancien comme dans le nouveau L onde, elles excitent au plus haut degré l’inlérêt de tous les vrais amis de l’histoire, et les sacrifices qu'on ne craint pas de faire pour se

| procurer quelques-uns de leurs volumes donpent la mesure de: l'importance qu'on y at- Rache. Ce n’est pas sans raison, puisqu'elles offrent une mine féconde et autant unique

Il INTRODUCTION.

pour toute une longue période, regardée à

histoire.

Cette publication, commencée d’une manière régulière en 1632, s'est continuéc chaque année sans interruption jusqu’en 1672. Là elle s’est arrêtée, sans qu'on puisse en donner bien positivement les raisons. Cependant, malgré la rareté des documents sur cette question et la difficulté par conséquent de lui donner une solution absolue, nous avons cru utile, dans l'intérêt de la vérité historique, de réunir le plus d'éléments possible afin d’essayer de la résoudre.

Quelques auteurs avaient donné cette suppression comme le résultat d'une mesure administrative, prise d’un côté par le gouvernement français, qui se serait rendu aux plaintes des officiers de la Colonie, dont ces Relations auraient dénaturé les actes, et de l’autre par la Congrégation de la Propagande, qui en aurax exigé l'interruption. Nous n’avons pu trouver aucun document pour appuyer ni l’une ni l'autre de ces deux assertions.

Il ve doit certainement paraître étrange à personne que cette publication ait eu ses con-

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INTRODUCTION. | 11

tradicteurs et même ses ennemis. Ne suffi sait-il pas qu’elle vint de la plume des Jésuites?

On a cru aussi trouver le motif de l’interruption de ces Relations dans les attaques que leur aurait livrées le docteur Arnauld, dans sa monstrueuse compilation en huit volumes, devenue si tristement célèbre sous le nom de Morale pratique des Jésuites. Les missionnaires

| y sont représentés comme des /aiseurs de re

lations ; et l'auteur y donne leur récit comme un /ssu de mensonges, et comme une apologie outrée et vaniteuse de'leurs propres œuvres.

Pour couronnef son tableau, il finit en disant qu'il ne voit dans cette Société qu’une agrégation aussi funeste à l'Église qu'au pouvoir temporel,

Nous savons par l’histoire comment l'œuvre d'Arnaunld a été jugée. La Congrégation de l'Index l’a frappée de sa censure.

Monseigneur de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec, dans une lettre datée de Paris 25 octobre 1687, ne craint pas d’appeler ce livre un grand scandale, et il apporte en faveur des missionnaires le témoignage de son expérience de vingt=huit années, pendant

IV INTRODUCTION

lesquelles 27 les a vus à l'œuvre, et s’est apphqué à connaître à fond tout, ce qui s'est passé.

Parmi les autorités dont Arnauld avait indignement abusé, se trouvait celle de l’évêque de Malaga, Mgr Iidephonse de Saint-Thomas, dominicain. Un pareil emploi de son nom l'irrita justement, et lui parut une flétrissure. Il adressa au pape Innocent XI une chaleureuse et solennelle réclamation. 11 appelle cet ouvrage « un libelle infâme indigne de « lumière, et composé au milieu des ténèbres « de l'enfer. »

Un arrêt du parlement de Paris, du 10 décembre 1669, condamne aussi cet ouvrage. Il le traite « de libelle scandaleux pour les'faus- « setés dont il est rempli, par le ramas qui y a « été malicieusement fait d’une infinité de mé- « moires inventés à plaisir, et de pièces suppo- « sées. Il est aisé de juger par là, aussi bien « que par les termes d’aigreur dont l’auteur « s’est servi, qu’il ne désirait que de déchirer « la Société et la conduite des Jésuites. » Trois jours après, le livre fut brûlé en place de Grève par la main du bourreau.

De pareils témoignages suffisent pour faire apprécier l'esprit et les tendances de l’ouvrage

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