‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme] (volume 2)Chapitre 2 sur 119 · Iles ait été pt l'Église · texte numérisé non relu

Iles ait été pt l'Église

t appliqué ssé,

avait indi- > l'évêque -Thomas, son 10m létrissure, e chaleul'appelle digne de s ténèbres

du 10 déuvrage, Il

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INTRODUCTION

d'Arnauld. H a perdu toute autorité aux ye de l'écrivain impartial, et c'est avec rais que toute citation qu'on en fait doit ètre gardée:comme suspecte !.

Cependant, il faut encore le dire, les d tribes passionnées du docteur Arnauld n’ pu contribuer en rien au silence que les missionnaires du Canada se sont imposé, depuis 1672. jusqu’à la publication des Lettres Edifiantes, puisque les Relations ont cessé de pa-

L'raître en 1673, et que le volume où le doc-

teur. Arnauld les attaque n’a paru que vers l’année 1690. On pourrait donc, avec plus

| de vraisemblance, en trouver la; raison dans

l'opposition que faisait aux missionnaires M. de Frontenac, gouverneur de la Nouvelle- France. On connaît les lettres pleines d’accusations calomnieuses qu'il adressait alors au ministre contre les Jésuites. Cet homme puissant et actif n'avait pas manqué de trouver des plumes: vénales à son service; et le P. de Charlevoix ne craint pas d’assurer

que le comte de Frontenac a mis lui-même la

1. l'est à regretter que l’estimable auteur de la vie de M. Olier ait été puiser à cette source pour appuyer certains faits relatifs à l'Église du Canada.

INTRODUCTION

n à des ouvrages où les Jésuites-sont.pas- LE prod lement maltraités '. De cé nombre est le EEK Rela e du P. le Clercq; récollet, qui a pour D blio c Re, Établissement de la Foi dans la Naivelle- DE Le F mnce, et où l’auteur (à la päge 522 du ®* tome), ge, ete. : au sujet de ces Relations, avec:une.appa- Enent lé

rence de bonne foi mal déguisée ::« J'ai tou- ruelle

« jours été persuadé que, ne se faisant ‘honneur « lisait « que de leurs travaux et de leurs souffrances, « perso «ils (les Jésuites) n’ont point de part aux Re- Ex comm | « dations qu'on a imprimées du Canada, . -appe- Mc taient «remment sur de faux mémoires, :aû moins x leur «en ce qui regarde l’avancement de la Foi Rx tromp | « parmi les nations sauvages. » Après use x lieux, | longue énumération ironique de ces succès x avec | h | supposés, il continue : « Plüt à Dieu que toutes x je me « ces Églises des Relations fussent aussiréelles x de tor pi «et véritables, comme tout le pays les recon- x vellefl « naît chimériques; si elles ont subsisté autre- [4 nomb « fois, seraient-elles devenues invisibles, prin- Aprè: « cipalement depuis ies années 1674 et 1675, les Rela «que la Colonie se multipliant beaucoup plus, Ætère ser «les commerces plus fréquents et plus ouverts leur ta « avec la France ont fait disparaïtre ce nombre jeter pl

1. Histoire de la Nowelle-France, t, 11. “Liste des auteurs, utile d'« P. LIV. ger ceu

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ment les paroles de son confrère sans dire à

tromper, mais pour m’i, qui ai été sur les

Œtière semblait donner une nouvelle autorité à

vn

INTRODUCTION

« prodigieux de convertis aussi bien que les‘ « Relations, que l’on a cessé de donrer au pu» blic désabusé de pareilles fictions? »

Le P, Hennepin, récollet (Nouveau voya= ye, ete., Utrecht 1698), en adoptant textuelle

elle source il a puisé, ajouté : « Lorsqu'on « lisait autrefois ces RéZations en France à des « personnes qui ne connaissaient pas le Canada, « comme on le connaît à présent, elles ajou- « taient foi à tout ce qu'on leur disait, selon « leur inclination. Il était donc aisé de les

« lieux, et qui ai accoutumé de dire les choses «avec beaucoup de franchise et d’ingénuité, « je me contente d'en appeler au sentiment « de tout ce qu'il y a d'habitants de la Nou- « velle-France, qui sont présentement au « nombre de 15 à 16,000 âmes, etc, »

Après ces jugements si absolus, portés contre les Relations, et par des hommes dont le carac-

leur témoignagne, nous avons cru que, pour jeter plus de jour sur cette question, il était utile d'étudier l'esprit et la fin qui ont dû diriger ceux qui les ont écrites.

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INTRODUCTION

11 faut reconnaître d'abord que cet usage se retrouve dans tous les pays de Missions, et qu'il est général dans presque toutes les familles religieuses. La France est peut-être le pays qui offre le moins de richesses en ce genre, mais l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne en: possèdent d'abondantes.

- Les Relations des Missions en Canada, comme celles des autres pays, n'étaient pas autre chose qu’un recueil de ce qui s'était passé d’édifiant dans le courant d’une année. Le P. Ragueneau, supérieur de ces contrées, en envoyant au P. le Jeune, à Paris, les divers mémoires qui

devaient former la Relation de 1652, et qu'il

n’avait pas eu le temps de coordonner, lui disait : «On peut en tirer des sujets d’une bonne et d’une sainte édification. »

Ce serait donc se tromper que de les considérer comme un précis historique de tous les événements de l’époque qu’elles embrassent.

Leurs auteurs, il est facile de s’en apercevoir, ne se posent pas comme historiens. Ils sont surtout loin de chercher à donner à leur œuvre un caractère officiel. Aussi y trouve-t-on fréquemment des-lacunes et des omissions, qui, sans cette considération, seraient tout à fait

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INTRODUCTION. IX

nexplicables, et l’on pourrait dire inexcuables.

Les missionnaires voulaient avant tout édiier. Ils avaient soin d’éloigner de leurs récits put ce qui ne conduisait pas à ce but. Il est même facile de s’apercevoir que ces annales pieuses n'étaient pas destinées à entrer dans e domaine public. Elles sont des témoignages de charité, de bon souvenir et de reconnaisance, que des frères envoyaient à leurs frères et aux personnes zélées qui s'intéressent à leur euvre. On y trouve l'abandon et la simplicité d'une communication de famille, et c’est ce qui explique pourquoi le récit des missionnaires semble si exclusivement borné aux œuvres qui leur sont personnelles ou qui n’appartiennent qu’à leur famille.

Les règles à.suivre dans ces pieuses corresondances étaient tracées déjà depuis bien des années, et méritent d'être connues. On y trouve n suave parfum de vraie charité et de sagesse chrétienne, qui font reconnaitre facilement le cœur d'un saint et d’un apôtre. Elles sont dues à l’illustre thaumaturge des Indes, saint François Xavier. En donnant au P. Gaspard Barzée, en 1549, le soin de la Mission d’'Ormuz,

X INTRODUCTION

il lui disait, au milieu des plus sages règles de conduite qui devaient le guider dans sa charge de supérieur : « Vous écrirez de temps «en temps au collége de Goa, et vous rendrez æeompte des différents ministères que vous « accomplissez en vue de la gloire de Dieu et « de son accroissement, de l'ordre que vous « suivez, des fruits spirituels par lesquels Dieu « couronne vos faibles efforts. Que ces lettres « soient écrites avec assez de soin pour que nos «frères de Goa puissent les envoyer en Eu- « rope, afin de servir de témoignage de votre « zèle dans ces contrées, et des succès que la « divine miséricorde daïgne accorder aux «-humbles travaux de notre petite compagnie.

« Que rien n'y paraïsse qui puisse justement « offenser personne, rien dont la lecture ne

« doive inspirer à la première vue la pensée |

« de glorifier Dieu et de tout entreprendre « pour son service. »

Il ajoutait d’autres détails sur le même sujet, en écrivant plus tard dans une circonstance semblable à Jean de Beira : « Donnez toutes « les nouvelles dont la connaissance, en Eu- «-rope, doit porter à glorifier Dieu ceux qui les « recevront. Dans ces lettres, vous devez ap-

« porter « faits ; c

« peutat ‘-Jés offe Je sub «formes « ecclésis «nature:

«sent.pa comm « pressio « que les «nent: c ment r crope, € par là cetder «Elles n « dans le vent pa

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INTRODUCTION. XI

« porterun'diseernement et un choix dans les « faits ; qu'elles passent sous silence tout cé qui

« peut atfeindre indirectementles personnes ou dés offenser par une allusion téméraire. Toute «le. ‘substance et le style doivent être con- «formes à la gravité comme à la prudence «ecclésiastique. Que vos récits soient de telle «naturé:qu étant portés en Europe , ils puissent. passer de mains en mains, et même être c communiqués au public par la voix de l’im- « pression. Vous ne devez pas perdre de vue « que les mémoires de ce genre, qui provien- «nent. de pays: si éloignés, sont curieuse-

ment recherchés, et lus avidement en Eu- «rope, en Jtälie et ailleurs. Et nous devons «par là même écrire avec plus d'attention

cet de réserve les lettres que nous envoyons.

« Elles ne.-doivent. pas seulement être remises «dans les mains de nos amis, mais elles doi- « vent passer en celles de personnes souvent

Sc injustes, et souvent jalouses et malveillantes.

«Il faut donc que ces lettres satisfassent tout « le monde, si c’est en effet possible, et qu'elles

portent-chacun à rendre hommage à Dieu «et à la sainte Église. Enfin, elles ne doi-

«vent donner à personne aucune occasion

XII INTRODUCTION

« légitime de bisane ou Nat er fà- « cheuse.. » ee > *

Un passage du mémoire Fe P. Léitau sur le Gin-Seng (en 1717), nous épprend le but qu'on se proposait dans la publication. des lettres des Missions. « On a coutume de nous «envoyer toutes les années un recueil des « Lettres édifiantes des missionnairesdenatre « Compagnie, qui travaillent en divers lieux « du monde au salut du prochain. Ces:-lettres « sont, pour nous, qui nous trouvons dans les « mêmes fonctions de zèle, un puissant motif « de soutenir avec constance les travaux pé- « nibles de nos Missions. Rien, ‘en effet, n'est « plus capable d’adoucir nos peines, et: de « nous animer, que l’exemple ‘de ceux. denos « Pères, qui, se trouvant dans la même situa-

« tion que nous, paraissent compter pour rien!

« toutes leurs fatigues, et s'estiment heureux « quand il a plu au Seigneur de donner quel- « ques succès à l'Évangile qu’ils prêchent, ou «les consoler des obstacles et des traversés « qui rendent leurs travaux stériles. Parmi « ces lettres, il y en a aussi de curieuses quil

« concernaient les diverses notions’ qui-oni}

« rapport aux sciences et aux beaux-arts, et

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INTRODUCTION. XIII

é qui souvent sont des découvertes utiles pour « le bien de l’État et des colonies. Étant donc «à Québec , le dixième recueil de ces lettres « me tomba entre les mains. J'y lus avec plaisir celles du P. Jartoux. J'y trouvai une des- «cription-exacte de la plante du Gin-Seng, qu'il cavait eu lieu d'examiner dans un voyage « qu’il avait fait en Tartarie en 1709. »

Voilà les règles qui ont dû servir de direcion aux auteurs des Relations, et à tous les écrivains placés dans de semblables circonstances. Le lecteur peut juger s'ils ont été fidèles à les suivre.

Maïs comme les Relations du Canada ont été l'objet d’une attaque plus directe et d’accusations plus compromettantes, nous avons voulu réunir ici ce qui semble militer en leur faveur pour mettre les esprits droits à même de les mieux juger.

1 Les reproches si graves dont elles ont été l’objet contrastent étrangement avec les témoignages d'estime qu’elles ont reçus de tant d'hommes honorables et de communautés ferventes qui les recherchaient avec avidité pour en faire le sujet de lectures édifiantes. Ils contrastent-peut-être bien plus encore avec

XIV INTRODUCTION

la confiance, le respect et l'espèce de nn ration dont nous voyons ces monuments anciehs, et si longtemps oubliés, devenir l'objet, de nos jours, même de lapart d écrivains protestants distingués!, "*

Les volumes de ces Relations sont aujourd’hui tellement rares sur le marché européen: qu'il n’est pas possible, à quelque ‘prix.que ce soit, d'en réunir une collection complète. Deux de ces volumes sont même introuvables aujourd'hui.

J. Lennox, écuyer, riche armateur..de Brock-lyn, près de New-York, a attaché une telle importance à leur conservation; qu’il s’est chargé d'en publier de nouveäu duchifies: uhs à ses frais et avec un grand luxé typographique, Il a fait fondre pour cet objet des caractères semblables aux anciens, qui reproduisent avec une grande fidélité l’éditiow primitive, Le gouvernement du Canada a fait bien plus encore; il a consacré une sômme considérable dans le but de favoriser la reproduction intégrale et fidèle de ces cürieux documents, si importants pour son histoire, Gette nouvelle édition complète des Re/ateons

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