‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme] (volume 2)Chapitre 24 sur 119 · Mission du Saint-Esprit, à la pointe de Chagouamigon · texte numérisé non relu

Mission du Saint-Esprit, à la pointe de Chagouamigon

ges ridic connaîtr Ceux qu parlaien rougissai tout ler s'était va saient mi core que

Quel de Montr:

raient jar fensé ; qu vraient ls auprès de leur liber Un Sa

m'avait il

qui n’ont démon, s, et qui ils sont affermir mainteher leurs reilles.

tte année plus de vec eux.

int-Franassé avec que je les zèle et la te Foi ces ignés. Ils elle leurs rt assidus

inte-Marons veussi assihantaient rs qui & ent conti-

igon.

nuellement quand je reviendrais, Je ne fus absent que quatorze jours, et, à mon arrivée, chacun se rendit à la chapelle, où plusieurs venaient exprès de leurs champs, quoique fort éloignés.

J'assistais volontiers à leurs festins, où je les instruisais et les invitais à remercier Dieu, qui leur donnait des vivres en abondance, tandis que d’autres nations, qui n'avaient point encore embrassé le Christianisme, avaient bien de la peine à s’exempter de la faim. Je m’efforçais de rendre leurs songes ridicules et d’amener les nouveaux baptisés à reconnaître Celui dont ils étaient les enfants adoptifs, Ceux qui faisaient festin, quoique encore idolâtres, parlaient fort honorablement du Christianisme, ne rougissaient pas de faire le signe de la croix devant tout le monde. Plusieurs jeunes hommes, dont on s'était voulu railler pour les en détourner, le faisaient même dans les plus grandes assemblées, encore que je n’y assistasse pas.

Quelques Hurons chrétiens, venus de Québec et de Montréal, déclarèrent d’abord qu’ils ne se trouveraient jamais dans les assemblées où Dieu serait offensé ; que, si on les invitait aux festins, ils y suivraient la coutume des chrétiens, Ils se rangeaient auprès de moi quand jy pouvais assister, et gardaient leur liberté quand j'en étais absent.

Un Sauvage, considérable parmi les Hurons,

e . . r « . C1 Q Q m'avait invité à son festin, où les chefs assistaient.

Les ayant appelés chacun par leur nom, il dit qu'il voulait leur déclarer sa pensée afin que personne ne l’ignorât : « Qu'il était chrétien; qu’il renonçait au dieu des songes et à toutes leurs danses pleines d’indécences; que la Robe noire était le maître de sa cabane, et qu’il ne quitterait point cette résolution quoi qu'il pût arriver. » Je pris plaisir de l'entendre, et, prenant de là occasion de parler plus fortement que je n’avais encore fait, je les assurai que je n’avais d'autre dessein que de les mettre dans le chemin du paradis, que c'était le seul sujet qui m’arrêtait parmi eux et qui m’obligeait de les assister au péril de ma vie. Dès qu’on a dit quelque chose dans une assemblée, cela se divulgue aussitôt dans toutes les cabanes; on s’en äperçoit à l’assiduité des uns à la Prière, et à la malice des autres, qui tâchent de rendre nos instructions inutiles.

Un jour, dans un grand conseil où cinq autres nations étaient assemblées, je fis quelques présents au neveu d’un chef qui mourut l’an passé dans les bois. Alors les assistants m'offrirent un grand collier de porcelaine ! pour répondre à ce que j'avais dit : « Que

1. Le collier de porcelaine ne se donne, chez les Sauvages, que lorsqu'on traite des affaires de grande importance. Les porcelaines de ce pays sont des espèces de coquilles cannelées, allongées, un peu pointues, sans oreilles et assez épaisses. Elles renferment un poisson dont la chair n’est pas bonne à manger; mais leur intérieur est d'un si beau vernis et a des couleurs si vives, que l'art ne peut rien faire qui en approche. (Charlevoix, Journal de Voyage, etc., p. 209, 210.)

je préle rons, jeune h disent q père que crainte 8 désir de Plus d tomne p m'ayant je répon danses q garde pas rais qua nom, m qui se no sa maladi.

gination, de l'ours.

avec dé be à la mani se cacher dansait et de l’huile ( Les homm fort embai malade, pa d'airs sem]

qu'il

sonne

onçait

leines

de sa lution endre, tement je n’ahemin rrêtait u péril ns une ates les ns à la ent de

res naents au es bois.

Ilier de : «Que

ges, que brcelaines

8, un peu n poisson est d'un ien faire 09, 240.)

je prétendais affermir le Christianisme parmi les Hurons, qui ne semblait encore que commencer. » Ce jeune homme et toute sa parenté se sont déclarés, et disent que c’est moi qui gouverne leur cabane. J’espère que ce qu'ils font maintenant par respect et par crainte se fera un jour par amour, et avec un vrai désir de se sauver.

Plus de deux cents Sauvages élant partis dès l’automne pour la chasse, ceux qui sont demeurés ici m'ayant demandé quelles danses je leur défendais, je répondis d’abord que je ne permettais point les danses que Dieu défend, comme sont celles où on ne garde pas la décence; que, pour les autres, j'en jugerais quand je les aurais vues. Chaque danse a son nom, mais je n’ai trouvé de mal que dans celle qui se nomme de l'ours. Une femme impatiente dans sa maladie, et voulant satisfaire son dieu et son imagination , fit inviter vingt femmes pour cette danse de l'ours. Elles étaient couvertes de peaux d'ours, avec dé beaux colliers de porcelaine. Elles grondaient à la manière des ours, mangeaient et semblaient se cacher comme des ours, pendant que la malade dansait et ordonnait de temps en temps qu’on jetât de l'huile dans le feu avec de certaines superstitions. Les hommes qu’on avait appelés pour chanter étaient fort embarrassés pour satisfaire aux caprices de la malade, parce qu’ils n’avaient point encore entendu d'airs semblables (cette danse n’étant point en usage

parmi les Tionnontateronons); j'ai su tirer parti de cétte circonstance pour les en détourner.

L'hiver, quoique rude, n’a pas empêché les Sauvages de venir à la chapelle ; plusieurs sy sont rendus deux fois le jour, quelque vent et quelque froid qu’il fit. Dès l’automne, je commençais à préparer les uns à la confession générale de toute leur vie, et à en disposer d’autres, qui n’en avaient point fait depuis leur baptême. Je n'aurais pas cru que des Sauvages eussent pu rendre un compte si exact de toute leur vie. Aussi plusieurs d’entre eux ont-ils employé plus de quinze jours à s’'examiner. Je les ai trouvés bien changés depuis ce temps-là, de sorte qu’ils ne voulaient pas même assister aux festins ordinaires sans m'en demander auparavant la permission.

Comme les Sauvages, et surtout les femmes, ont des imaginations très-forles; elles sont quelquefois guéries dans leurs maladies quand on leur accorde ce qu’elles souhaitent. Aussi leurs médecins, qui ne connaissent rien à leurs maux, leur proposent quantité de choses dont elles pourraient avoir envie; et, quand la malade déclare ce qui lui plaît, on ne manque point de le lui donner. Mais, durant cet hiver, plusieurs malades, craignant qu'il n’y eût péché en cela, ont constamment répondu qu’ils ne souhaitaient rien et qu’ils feraient ce que la Robe noire leur dirait. tous J'ai baptisé cette année vingt-huit enfants, dont

l’un éts voir re l'avait é étant to de mou permit d considé rent si baptisé.

baptème ont auss radis. Ce qui nous reuse qu Parmi femme q vais tou) résolue € l’Annonc l'ordinair meure pl de longue Dieu a demeurer année le | cerfs, de bandes n° avais ordc

arti de

>s Saunt ren- 1e froid réparer vie, et à fait dees Saude toute mployé trouvés ju’ils ne ‘dinaires ni. es, on!

lquefois accorde , qui ne oposent r envie; t,on ne t cet hit péché souhaibire leur

s, dont

l'un était parti de Sainte-Marie du Sault avant d’avoir reçu ce sacrement. Le P. Henry Nouvel me l'avait écrit afin que j'y prisse garde, mais cet enfant étant tombé malade sans que je le susse, il risquait de mourir dans ce triste état. Heureusement Lieu permit qu’instruisant dans ma cabane deux Sauvages considérables et assez intelligents, ils me demandèrent si un tel enfant qui était bien malade avait été baptisé. J’y courus sur le champ, je lui donnai le baptème, il mourut la nuit suivante. D’autres enfants ont aussi quitté cette terre d’exil, et sont allés en paradis. Ce sont les consolations que Dieu nous envoic qui nous font estimer notre vie d'autant plus heureuse qu’elle pourrait paraître plus misérable.

Parmi les adultes que j'ai baptisés se trouvait une femme que j’instruisais depuis plus d’un an. Je l’avais toujours différée, jusqu’à ce que la voyant bien résolue de servir Dieu, je l'ai baptisée le jour de l'Annonciation. Elle ne manque pas de venir pour l'ordinaire trois fois le jour à la chapelle, où elle demeure plus de temps que les autres pour y réciter de longues prières. |

Dieu a particulièrement assisté les Hurons qui demeurent près de notre chapelle ; ils ont eu cette année le bonheur de tuer grande quantité d'ours, de cerfs, de castors et de chats sauvages. Plusieurs bandes n’ont pas manqué de garder ce que je leur

avais ordonné pour les prieres, Le songe, auquel ils

ns

avaient recours autrefois, a passé pour une chimère dans leur esprit, et s’il est arrivé qu’ils aient rêvé sur l'ours, il n’en ont pas tué pour cela; au contraire, ayant recours à la Prière, Dieu leur a donné ce qu’ils souhaitaient.

C’est, mon Revérend Père, tout ce que je puis mander à Votre Révérence de cette Mission, où les esprits sont plus doux, plus traitables et mieux disposés à recevoir les instructions qu’on leur donne, qu’en aucun autre lieu. Je me dispose cependant à la laisser entre les mains d’un autre missionnaire, pour aller, selon l’ordre de Votre Révérence, chercher vers la mer du Sud de nouvelles nations, et qui nous sont inconnues, pour leur faire connaître notre grand Dieu qu’elles ont jusqu’à présent ignoré !.

1. Le P. Marquette fait ici allusion au voyage qu'il entreprit cette même année 1673, avec M. Jolliet, pour aller à la découverte du Mississipi et des nations qui habitent les bords de ce fleuve.

DE LA

Voici Allouez plusieurs où ils on

Le feu en brûlar moyen d’ plus rem:

1, Ces pe mauvaise od nus des côte est salée, ils de la Nouve P. 62.) La r Missions des:

sieurs autres

\imère t rêvé A condonné

s manles esisposés qu’en it à La >, pour ercher ui nous

Page 1