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DE LA MISSION DE SAINT-JACQUES, DES MACHKOUTENS, KICABOUS, MIAMIS, ETC.
Cette Mission est bien moins avancée que la précédente. Je n'ai pu y faire que de rares et courtes visites, parce que je n'avais personne pour m’y conduire en temps opportun. Depuis l'année dernière, j'y ai baptisé vingt-huit infidèles, dont trois adultes, Il y a de grandes dispositions à la Foi dans le cœur de ces peuples. Les Machkoutens conservent toujours un grand respect pour la croix qui est plantée chez eux. Un des bras de cette croix ayant élé rompu et jeté à terre par un vent impétueux, ils l'ont retiré et serré soigneusement pour me rendre. Les Miamis n’ont pas moins de respect pour celle qui est dans leur bourgade. ; Un jeune Français qui négociait parmi eux, se mit ! i un jour en colère, et lira son épée pour se venger À d'un larcin qui lui avait été fait. Le capitaine des | à Miamis, cherchant à l’apaiser, lui montra la croix qui est plantée à l'extrémité de la bourgade. « Voilà, lui dit-il, le bois qu'a planté la Robe noire; il nous |: 4 apprend à prier Dieu et à ne pas nous mettre en co- |: 4 13 | ae
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lère.» Ce même capitaine, qui est mort au mois d'avril dernier, avait alors demandé avec instance qu’on fit venir le missionnaire; mais on ne put m'avertir à temps, parce que je me trouvais à trente lieues de là. I1 voulut, n'ayant pu avoir la consolation de me voir, qu'on portât ses ossements pour être enterrés près de la croix, au lieu où la Robe noire avait établi sa chapelle : ce qui a été exécuté,
Ce pays n’est pas exempt de toute idolâtrie; car, outre la tête du bœuf sauvage, que les Sauvages gardent avec ses cornes afin de lui adresser leurs prières, ils ont des peaux d’ours écorchés qui ne sont point fendues par le milieu. Ils y laissent la tête avec les yeux, qu'ils peignent ordinairement de vert; ils élèvent cette tète sur un poteau au milieu de leur cabane, le reste de la peau pendant le long du poteau jusqu’à terre. Îls invoquent cette espèce de divinité dans les maladies, les guerres et autres nécessités. I! plut à Dieu de me conduire ce printemps dans ha cabane d’un capitaine Kikabou ! où, ayant aperçu une de ces idoles, je le désabusai tellement qu’il me promit, dès que son fils serait revenu, de faire avec
A \ cette peau d’ours une robe à ses enfants. Une femme
de Machkouten, qui n’était encore que catéchumène, avait souvent demandé à son mari qu'il ôtât de de-
vant ses yeux une semblable statue, sans pouvoir
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4, On dit plus communément Kickapou.
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jamais l'obtenir. Il arriva même que cet homme, ayant fait un festin solennel où il invoquait sa
neputm'a- D fausse divinité pour la guérison de sa femme alors vais à trente Æ malade, celle-ci, dès le commencement de l’invocavoir la con- Æ tion, et quoiqu’elle pût à peine se remuer, eût le
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dolâtrie ; car, les Sauvages dresser leurs és qui ne sont nt la têle avec at de vert; ils nilieu de leur
courage de se traîner hors de la cabane en criant : « Cette idole me tue.»
La Mission de Saint-Jacques aurait besoin de deux missionnaires, parce qu’elle comprend deux nations qui ont chacune leur langue particulière, et que tous les jours de nouveaux habitants viennent s’y fixer en très-grand nombre.