‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme] (volume 2)Chapitre 57 sur 119 · ESS · texte numérisé non relu

ESS

prennent maintenant tant de plaisir. Je trouve dans Æ fest ces pensées un adoucissement à la peine que me que cause l’endurcissement des personnes plus âgées. insu Ces pauvres gens ont du moins cela de bon, qu'ils les 4 n’empêchent pas leurs enfants de profiter des instruc- répc tions dont ils ne veulent pas profiter eux-mêmes. (Ta Quelques-uns, cependant, ne sont pas si rebelles à qui la grâce; deux vieillards malades se sont signalés, tout l'un pour avoir cessé de recourir aux superstitions qui : du pays pour sa guérison, aussitôt que je l’eusse pris averti qu’il faisait mal, et l’autre pour n’y avoir ja- car | mais eu recours, depuis qu’il avait entendu dire au E

Sault-Sainte-Marie qu'elles étaient criminelles.

e lous les eux et de oi que les m'a donné > du temps nisme. En tant d’arar dis pour lieront pas ge mür, et vidité à les s, ne s’eflaencore plus es Missions, quelles ils rouve dans ne que me plus àgées.

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Lorsque les jeunes gens furent revenus de la guerre, je les trouvai plus dociles qu’ils n'étaient auparavant. Leur impiété, aussi bien que leur lâcheté, contribua beaucoup à ce changement. Avant que’ de partir pour la guerre, ils avaient fait plusieurs festins au diable et ils s'étaient servis du bois de la croix pour allumer leur feu; mais ces impies, qui étaient au nombre de deux cent quarante, n’eurent pas seulement le cœur d'attaquer les ennemis qu’ils étaient allés chercher, et ils s’en revinrent, comme des fuyards, sans avoir osé en regarder un seul. A leur retour, je leur fis un compliment qui ne leur était guère agréable. « C’en est fait, leur dis-je, il n’y a plus de Nadouessis; vous les avez tous tués, tant le diable vous a donné de courage, en récompense des festins que vous lui avez faits et du bois de la croix que vous avez brûlé. » Comme je continuai de les insulter, un d’entre eux me dit : «Tais-toi, tu fâches les guerriers. » Je parus plus fier que lui, et je lui répondis d’un ton plus ferme que n’avait été le sien : «Taisez-vous, vous autres qui haïssez la Prière et qui craignez la mort. Je ne vous crains point du tout, je ne crains que Celui qui a tout fait; c’est lui qui me donne du cœur et qui fait que je vous méprise. Tuez-moi si vous voulez, j'en serai bien aise, car j'irai au ciel. »

Ensuite je leur parlai des victoires du roi sur les ennemis de la croix. Ils me prièrent de les laisser en-

trer dans notre église neuve. Mais je leur refusai cette grâce, et je leur répondis que quand l’expérience m'aurait fait voir qu’ils avaient renoncé au diable et aux songes, je les ferais prier Dieu. Les plus difficiles et les plus obstinés d’entre eux me sont venus trouver avant que de partir pour leur hivernement, et m'ont demandé si instamment que je les fisse prier que je n'ai pas pu m’en défendre, et que j'ai cru utile de céder à leurs instances.

Une chose qui a donné beaucoup d’autorité au baptême, a été la guérison d’un jeune homme malade à qui je l'avais conféré. On avait voulu lui persuader de recourir aux superstitions des jongleurs; mais il ne voulut pas y consentir et il m’envoya quérir par son frère. Dès qu'il m’aperçut, il me dit que je savais bien qu’il avait toujours prié, et qu’ainsi je ne lui refusasse pas la grâce du baptême. Je le baptisai en effet, et il reçut la santé du corps peu après avoir reçu celle de l’âme. La guérison de ce jeune homme, jointe à la mort d’un enfant pour la santé duquel les jongleurs les plus célèbres n'avaient rien épargné, me fournit une occasion, que je ne manquai pas, de discréditer les ennemis de la Prière.

Les Sauvages d’Ouassatinoun étant tous partis pour aller jusqu’à l'extrémité du cap Illinois, je finis ma dernière Mission en cet endroit. Si j'avais eu quelqu'un qui se fût chargé de me conduire, je les aurais suivis, et ainsi j’aurais eu le moyen d’instruire

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en même temps les Illinois, les Pouteouatamis, les Oussakis, les Nessouakoutoun, et une partie des Outaouasinagous. D’autres Sauvages, appelés Maloumines, m'avaient promis d’hiverner au bord du du lac Illinois, si je voulais les assurer que j'irais aussi; mais comme je n’avais pas pu leur en donner l'assurance, ils étaient tous dispersés lorsque j'y suis arrivé. Je fus un mois et demi sans Sauvages, enfermé et comme assiégé par les glaces; car, dès le 16 novembre, la rivière de la Folle-Avoine fut entièrement gelée pour tout le reste de l'hiver. Je serais cependant parti pour aller ailleurs, si je n'étais tombé malade. J'ai donc été obligé de demeurer au même endroit, et j'y ai eu grand besoin, en même temps, et de patience pour souffrir le froid et la maladie, et de confiance en Dieu pour me fortifier contre la crainte des Nadouessis. Mais, au milieu de mes peines, je n’ai pas laissé de me consoler par l'attente de plusieurs Sauvages qui doivent se rendre au bord du lac Illinois sur la fin de janvier '.

1. Pour comprendre ce texte du P. André, qui pourrait paraître en contradiction avec lui-même, il faut savoir que la rivière de la Folle-Avoine près de laquelle le Père se trouvait alors, se jette dans la baie des Puants, à l'extrémité septentrionale du lac des 1Illinois ou lac Michigan, et c’est dans cette direction que le missionnaire avait promis de se rendre, tandis que la partie du lac des des Illinois où les Sauvages d’Ouassatinoun étaient allés hiverner,

et où le Père n'avait pu les suivre, est l'extrémité méridionale du même lac, du côté du pays des Illinois.

CMD

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