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malades. Je le repris de ses extravagances, et, usant d’une comparaison familière, je lui dis qu’il avait sujet de craindre que Dieu, qui se sert du tonnerre comme un chasseur se sert de son fusil, ne le déchargeât sur lui et ne le fit mourir sur l'heure. [l me promit de ne plus invoquer le tonnerre ; et, en effet, quelques jours après, quoiqu'il plût et qu’il tonnût, je ne l’entendis pas crier, ni chanter à son ordinaire.
J'aurais baptisé la plupart des gens de cette nation si je n’eusse pensé qu'il était plus à propos de les éprouver et de les différer à un autre temps. Je me contentai donc de baptiser vingt-deux petits enfants, et deux adultes qui moururent peu de temps après, mais avec des marques bien différentes de leur bonheur ou de leur malheur éternel, L’un d’eux, qui était étranger et malade depuis deux ans, s’endormit bientôt du sommeil des prédestinés ; l’autre, qui n’était malade que depuis peu de jours, fit venir des jongleurs après son baptême, quoiqu'il m’eût protesté qu’il détestait toute espèce de superstition; aussi sa mort nous a singulièrement affligés.
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qu’il avait | tonnerre CHAPITRE VI
ne le déare. Îl me , f DE LA MISSION D'OUASSATINOUN !.
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ordinaire. Le P. André continue son récit.
tte nation pos de les J'ai été trois fois dans cette Mission, et j'y ai ps. Je me baptisé environ quarante personnes. J'ai trouvé de
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grandes dispositions à la Foi parmi ces peuples, qui portent le nom d’Ouassatinoun; mais ces dispositions ont porté plus particulièrement leur fruit après le départ de la jeunesse pour la guerre. Car alors la plupart de ceux qui restaient dans le bourg sont | venus très-assidüment à la chapelle pour prier et pour être instruits. Je n’avais nul besoin, comme par le passé, de les aller chercher dans leurs cabanes, ils venaient d'eux-mêmes me trouver; en sorte que plusieurs Français, qui les avaient vus auparavan! dans un grand éloignement des instruclions et de la Prière, étaient tout surpris d'un si mer-
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4. La Mission d’Ouassatinoun et celle de la Folle-Avoine n'étaient que des dépendances de la Mission de Saint-François-Xavier. Les Sauvages que le P. André évangélisait à Ouassatinoun en cette année 167%, semblent être les mêmes que ceux qu'il instruisait l'année précédente, 1673, dans leur bourgade ou station d'Ouassamigoung. — Voir ci-dessus, p. 120.
veilleux changement. Je dois dire qu'entre tous les autres, il n’y en avait point de plus soigneux et de plus diligents à se rendre auprès de moi que les jeunes garçons et les jeunes filles, ce qui m’a donné une grande espérance de voir dans la suite du temps toute cette nation convertie au Christianisme. En effet, si dès leur bas âge ils se portent avec tant d’arfi) deur à écouter et à pratiquer ce que je leur dis pour leur salut, il est à croire qu’ils ne l’oublieront pas entièrement quand ils seront arrivés à l’âge mûr, et que ces premières impressions, que leur avidité à les recevoir rend plus fortes et plus profondes, ne s’effaceront pas si facilement. On l’obtiendra encore plus sûrement si l’on continue, par de fréquentes Missions, à les faire ressouvenir des vérités auxquelles ils
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