‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme] (volume 2)Chapitre 69 sur 119 · DE LA MISSION DE SAINT-JOSEPH A GOIOGOUIN · texte numérisé non relu

DE LA MISSION DE SAINT-JOSEPH A GOIOGOUIN

Quoique le nombre des baptêmes ait été, pendant celte année, moindre dans cette Mission que les années précédentes, la Foi n’a pas laissé d'y faire des progrès plus solides que par le passé. Car, tandis qu'elle n’était que l’objet du mépris et même de la

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MISSION DES JROQUOIS. 267

haine des. Sauvages, elle a commencé d’être estimée et récherchée du plus grand nombre, Il n’y a eu, à la vérité, que vingt-deux enfants de baptisés; mais to, à la réserve de trois ou quatre, l'ont été à la demande de leurs parents. Cette circonstance paraîtra considérable, si l’on fait réflexion à ce que l’on a dit plusieurs fois, de l'appréhension que tous les Sauvages, qui n’ont point embrassé la Foi, ont que leurs

‘enfants ne soient baptisés, dans la pensée que le bap-

tème leur donnera la mort. Mais elle le paraîtrait bien davantage si l’on connaissait le génie de ces peuples barbares, que leur peu de lumière rend plus susceptibles de semblables craintes et moins capables de s'en défaire. Outre que l’expérience sembleles devoir confirmer dans cette opinion, parce que dans ce pays d'infidélité on ne donne ce sacrement de la Foi qu’à ceux d’entre les enfants qu’on voit à l'extrémité, et qu'en effet presque tous ceux à qui on le donne meurent incontinent après. De là vient que l’affection qu’ils ont pour leurs enfants, qui va jusqu'à une espèce de folie, les a toujours portés à faire tousleurs efforts pour empêcher qu'ils ne reçussent cetle grâce. Pour les adultes, les cinq qui ont été baptisés sont tous morts après le baptême. Trois étaient des Andastes pris à la guerre ; le P. de Carheil a eu le temps de les instruire avant qu’on les brûlât. Plusieurs du même pays, qui s'étaient sauvés après quelques mois de captivité, leur avaient appris la cha-

rité que les Robes noires avaient pour eux aussi bien que pour les Iroquois. Ils avaient raconté les caresses que les Pères leur faisaient et la peine qu’ils prenaient de les assister de toutes les manières imaginables. Ce rapport les avait disposés à une docilité beaucoup plus grande que l’on n’en avait trouvé jusqu’à présent dans les autres captifs. Il y en eut même un qui remercia le Père dans la chanson fu: nèbre des secours qu’il lui rendait, disant qu'il savait bien qu’il les aimait et que la nation française n’était pas du nombre de leurs ennemis.

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