A LA PRAIRIE DE LA MAGDELEINE
On met cette Mission au nombre des Missions iroquoises, quoiqu'’elle ne soit pas établie dans le pays des [roquois, mais parce que ce sont eux en grande partie qui l’ont composée. Elle n’est différente des l autres Missions que parce que celles-ci sont mêlées de chrétiens et d’infidèles, au lieu qu’elle ne reçoitet ne conserve en son sein que des chrétiens ou que ceux qui ont un véritable dessein de le devenir. Ceux en effet qui sortent de leur pays pour venir s'établir en ce lieu ne font ce changement que pour quitter l’infidélité; et si l’on apercevait qu’ils n’eussent pas cette volonté, on ne les y souffrirait pas.
Cette relation fera voir que les habitants de la Prairie de la Magdeleine travaillent si heureusement à ce dessein, qu’on ne les doit plus considérer
comme des Sauvages pleins de fierté et de barbarie, mais comme des hommes parfaitement soumis aux lois, pleins de douceur et d’amour de l'Évangile. Trois choses, depuis la dernière relation, nous ont semblé dignes d’être rapportées : la première regarde ceux qui sont venus augmenter le nombre des chrétiens de la Prairie ; la seconde, la ferveur de ceux qui y étaient déjà établis; la troisième est la mort de Catherine Gandiakteüa, qui a donné les premiers commencements à cette Mission.