‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme] (volume 2)Chapitre 75 sur 119 · À LA PRAIRIE · texte numérisé non relu

À LA PRAIRIE

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des exercices de piété qu’y pratiquent les chrétiens lroquois. Ce discours les touche tellement, que nonlement ils veulent imiter de si beaux exemples, mais qu'ils veulent encore attirer leurs parents au même dessein. Ils retournent en leur pays, ils leur parlent et les persuadent de venir à la Prairie, et ils les emmènent en bon nombre pour y vivre en véritables disciples de l'Évangile. D’autres chrétiens de cette Mission étant allés vers le nord où était le lieu de leur chasse, ont ramené avec eux plus de six familles de ces pays lointains. Mais surtout comme la Prairie de la Magdeleine est un lieu de grand passage, il ne s’y arrête guère de bande de Sauvages que quelques-uns ne se laissent engager à y rester par l'exemple et par le zèle de ceux qui y sont déjà établis. Aussi, depuis quinze mois, on compte plus de cent quatre-vingts nouveaux Sauvages qui sy sont fixés et qui y mènent une vie exemplaire. Les missionnaires qui travaillent dans le pays des Iroquois écrivent que beaucoup d'infidèles de ces bourgades, touchés de la même grâce, se disposent aussi à y venir demeurer. On peut donc dire en toute vérité que cette Mission de Saint- François-Xavier des Prés est comme le produit de celles qui se font au milieu de ces nations barbares et le fruit des travaux des missionnaires qui s’y trouvent actuellement, et du sang de ceux qui dans le

passé y ont été cruellement massacrés.

Il, — DE LA FERVEUR DES CHRÉTIENS DE LA PRAIRIE DE LA MAGDELEINE,

Sans répéter ce qu’on a dit dans les autres relations de la ferveur des chrétiens de la Prairie de la Magdeleine, il suffit d'ajouter qu'ils se perfectionnent toujours de plus en plus, et que leur vertu est d’autant plus solide qu’elle leur donne plus d’éloignement des vices auxquels les Sauvages sont plus sujets.

L’ivrognerie, qui a tant fait de tort aux autres Missions, n’y a point encore trouvé l'entrée, et ceux . qui y étaient extrêmement adonnés dansleur pays en conçoivent tant d’aversion dès le moment même où ils ont embrassé la Foi, qu’ils résistent avec une constance incroyable à l’inclination prodigieuse qui y porte tous les Sauvages. Ce fut un miracle surprenant de la grâce de voir plus de cent Iroquois qui, peu d’années auparavant s’adonnaient à la boisson jusqu’à des excès étranges, se trouvant l'hiver dernier environnés d’ivrognes, et des Français qui, pour les engager plus puissamment à boire, leur offraient de l’eau-de-vie en échange de leurs pelleteries, demeurer cependant fermes et inflexibles à toutes ces altaques pendant quatre ou cinq mois, bien qu'ils fussent éloignés pour lors des missionnaires. Trois

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