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les autres relala Prairie de la perfectionnent vertu est d’auplus d’éloignees sont plus su-
tort aux autres l'entrée, et ceux nsleur pays en oment même où istent avec une prodigieuse qui miracle surpret Iroquois qui, ent à la boisson ant l'hiver derançais qui, pour e, leur offraient pelleteries, debles à toutes ces ois, bien qu'ils jonnaires. Trois
seulement se laissèrent vaincre aux importunités des Français; mais à leur retour, les anciens tâchèrent de leur faire réparer cette faute en leur conseillant d'offrir un présent à l’Église. On n’en serait pas demeuré là, mais on les aurait chassés s'ils n’eussent été mariés à trois des meilleures chrétiennes de la bourgade.
L'impureté est aussi en grande horreur parmi eux. Une femme avait donné rendez-vous à un homme qui, comme elle, était nouvellement arrivé et infidèle; le P. Frémin qui dirige cette Mission en étant averti, empêcha que l’entrevue eût lieu ; mais les bons chrétiens du bourg, et en particulier les parents de cette femme, ne s’en tinrent pas là; ils lui signifièrent qu’elle s’en retournât d’où elle était venue, ce qui fut exécuté dès le lendemain. Une chrétienne bien différente de cette infidèle avait reçu un vêtement de la part d’un homme sans penser qu’il songeât à rien de mal, mais dès qu’elle put s’apercevoir de son mauvais dessein, elle apporte aussitôt le vêtement au P. Frémin et le prie de le donner à un pauvre : « Je n’ai garde dit-elle, de le porter, puisque je ne peux le regarder sans horreur. À Dieu ne plaise que je veuille jamais l'offenser ! »
| la fl éel a HI, — DE LA MONT DE CATHERINE DE GAUDIAKTEUA, leu 8 DE HA CONVERSION ET DE 8E8 VERTUS, |
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{li Nous pouvons remarquer dans la vie et dans là EP. | mort de cotte bonne chrétienne, que Dieu ne met Æ jou point de différence entre le grec et le barbare, et que Æ sa: ce n’est pas seulement parmi les nations policées D tou qu’il choisit des âmes pour les élever à une sainteté WE sée extraordinaire, Il a employé les ressorts d’une pro- Æ qu’ vidence particulière pour l’attirer au Christianisme, Æ lu et il semble que pour la convertir il s’est bien moins Æ con servi du ministère des hommes qu’il n’a agi immé- Æ qu’ diatement et par lui-même, qu
Ce fut dans ce dessein que Dieu permit que Genta: Æ auc jeton, bourg de la Nation du Chat! et lieu de la nais- Æ ext sance de Catherine, fût pris et ravagé par les Iro- à à al quois, et qu’elle et sa mère fussent amenées esclaves à par Onneïout. Le malheur de son pays devint ainsi k Æ bonheur de Catherine, et son esclavage la disposa à D prit recevoir par Île baptême la liberté des enfants de Æ tou Dieu. L'innocence avec laquelle elle avait vécu, Æ nait même avant d’avoir songé à se faire chrétienne, Æ ser semblait l'avoir comme préparée à recevoir cell Æ elle grâce; et c’est une chose admirable qu’au milieu de Æ à q
1 La Nation du Chat, Sauvages appelés Triehronons, où Erits; habitaient au sud du lac Krié (lac de la Nation du Chat).
GAUDIAKTEUA, ERTUS,
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la corruption extrême des Iroquois ét avant d’être éclairée de la lumière de l'Évangile, une jeune fille, leur esclave, eût pu s’exempter de prendre part à leurs débauches.
Plusieurs années après son arrivée à Onneïout, le P. Bruyas y vint prêcher l'Évangile ; et dès le premier jour il déclara publiquement quel était le sujet de sa venue en celle bourgade, Catherine se sentit aussitôt touchée intérieurement de Dieu et si vivement pres-
sée du désir du paradis et de la crainte de l’enfer,,
qu’elle se résolut de ne rien épargner pour acquérir l'un et pour éviter l’autre. Elle n’eut pas moins de constance à poursuivre l'exécution de son dessein qu’elle avait eu de promptitude à le former ; et quoiqu'elle y trouvât de grands obstacles, il n’y en eut aucun qui l’empêcha d’en venir à bout. Sa pudeur extrême, qui ne lui permettait pas de se résoudre à aller trouver le Père toute seule, le refus de la part de celles qu'elle priait de lui vouloir tenir compagnie, le dessein prompt et subit que son mari prit de l'emmener à la guerre avec lui, et à son retour de la guerre, la pêche et le travail que lui donnait à faire l’Iroquoise chez qui elle était esclave, ne servirent qu’à montrer la vigueur de l'esprit dont elle était animée. Cette fidélité à la grâce, si attentive à chercher l’occasion favorable de correspondre à l'inspiration divine, lui fit en saisir avec ardeur une
| que la providence de Dieu plutôt que le hasard lui
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fournit; car, trouvant à son retour de la pêche un: de ses compagnes qui allait à la prière, ellle se joignil à elle, et arriva ainsi à la cabane du missionnaire. Le Père, qui la vit prier avec ferveur, connut à son visage plein de pudeur qu’il y avait quelque chose d’extraordinaire dans cette jeune femme; il en prit occasion de lui parler en particulier et de l’encourager à hien faire. Depuis ce temps, elle ne manqua plus de venir tous les jours à la chapelle pour y adorer Dieu. Elle apprit en très-peu de temps les prières et les mystères de notre foi ; néanmoins, faisant réflexion aux mœurs corrompues et au libertinage des froquois, elle jugea prudemment qu’elle aurait bien de la peine à se sauver tant qu’elle demeurerait parmi eux; elle prit donc résolution de les quitter pour venir demeurer parmi les Français. Elle commence par recommander cette affaire à Dieu, puis elle parle de son dessein à sa mère, à son beau-père et à son mari dès qu’il fut revenu de la guerre. Elle s’y prit avec tant de bonheur et d'adresse, qu’elle les gagna tous aussi bien que quelques autres de leurs voisins. Tous ensemble, ils vinrent trouver Mgr l’évêque du Canada, qui les baptisa lui-même après qu’ils eurent été suffisamment instruits. Ces heureux succès dont Dieu avait accompagné la conversion de Catherine ne s’arrêtèrent pas à ce petit nombre de personnes qu’elle avait altirées à la Foi.
La suite des événements à fait voir que la Provi-
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dence la conduisait elle-même, et la destinait à être la cause du salut de grand nombre d'Iroquois. Il lui donna la pensée d’aller demeurer à la Prairie de la Magdeleine, où depuis deux mois se préparait un nouvel établissement. Elle y alla, en effet, avec ceux qui avaient été baptisés avec elle et qui étaient au nombre de douze, et donna ainsi naissance à la Mission qui y est à présent si florissante.
Ces petits commencements durèrent au même état deux ou trois ans; mais enfin ils firent un grand éclat, particulièrement parmi les nations Iroquoïises, ea sorte que, sans parler des Sauvages des autres nations, plus de deux cents Iroquois sont venus depuis ce temps s'établir à la Prairie de la Magdeleine. C'est là sans doute une chose admirable que Dieu ait voulu que ces barbares lui conservassent la vie, afin qu’ensuite elle pût leur procurer le salut élernel, et que leur esclave devint ainsi leur maîtresse dans la Foi ; elle le fut en effet, non-seulement dans le commencement de sa conversion, mais dans tout le reste de sa vie par les rares exemples qu’elle n’a
E cessé de leur donner.
Catherine Gandiakteüa avait partagé, à l'exemple de sainte Anne, son temporel en trois portions; elle en avait destiné une pour l’église, l’autre pour les pauvres, et la troisième pour l'entretien de sa famille. Jamais le P. Frémin ne lui proposa une œuvre de charité qu’il ne fût obligé de lui prescrire ct la
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quantité et la qualité de ce qu’elle donnerait, parce qu’elle était portée à donner toujours ce qu’elle avait de meilleur et dans une quantité qui allait jusqu'à l'excès. Sa cabane était le refuge des pauvres et des affligés , et, dès qu’on y était entré, toutes les peines et les mécontentements se dissipaient. Elle était si chaste qu’on n’osait dire une parole contraire à l’honêteté en sa présence ; on savait que le moindre mot la faisait rougir. Son zèle s’est fait remarquer dans la conversion de son mari et de ses parents; et le plus grand nombre des chrétiens iroquois qui sont i la Prairie, peuvent dire qu’elle a été la cause de leur À conversion. Comme elle avait un grand désir de parvenir à une haute sainteté, elle s'était mis fortement dans l'esprit que pour venir à bout d’un dessein si généreux, il fallait faire ce que font les missionnaires; ainsi elle tâchait de les imiter en tout; ainsi elle instruisait et catéchisait non-seulement les Sauvages établis à la Magdeleine, mais elle exerçait È la même fonction à l'égard des passants, qui, dans un seul été vont jusqu’au nombre de sept à huit cents. Elle ne manquait pas non plus de pratiquer la charité envers eux, en s’occupant, autant qu’elle le pouvait, à leur procurer des vivres, quand ils en manquaient,
La douceur de son naturel était extrème, et son mari en ressentit le premier les effets; elle l'aval tellement gagné, que d’un Sauvage, fier et barbare jusqu'à l'excès, elle en avait fait un homme d’une
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douceur admirable et un excellent chrétien. Jamais elle ne donna sujet de plainte à personne. Le zèle lui ayant fait dire une fois à une Iroquoise infidèle qu’elle serait brûlée à jamais, parce qu’elle ne voulait pas écouter ce qu'on lu’ disait pour son salut; et, s'étant aperçue que cette parole l'avait irritée, elle l'alla trouver aussitôt et lui demanda pardon du su-
| jet de peine qu’elle pouvait jui avoir donné.
Catherine se trouvait toujours des premières aux exercices de dévotion qui se pratiquent dans la Mission, et dont elle a aussi donné les premiers exemples. C'est elle qui a commencé l'Association connue sous lenom de la Sainte-Famille. Cette pieuse réunion, composée des chrétiens les plus remarquables par leur vie régulière et par leur ferveur, est le soutien de toute la Mission.
Elle avait, comme toutes les âmes prédestinées, une dévotion tout extraordinaire envers la sainte Vierge, et l'affection qu'elle lui portait allait jusqu’à des tendresses incroyables, que cette aimable mère ne manquait pas de récompenser par des faveurs toutes spéciales, C'était assez que Catherine lui demandât quelque chose pour l'obtenir, et cette pieuse Sauvage l’a souvent expérimenté , non-seulement lorsqu'elle priait la sainte Vierge pour elle, mais encore lorsqu'elle la priait pour les autres.
Son détachement des créatures était extrême; elle le fit bien voir lorsqu'on lui apporta la nouvelle,
quoique fausse, de la mort de son mari. Elle s’écria aussitôt : « C’est maintenant que je suis libre ; je suis résolue de donner la moitié de tout ce que j'ai aux pauvres, et l'autre moitié à l’église de la sainte Vierge. IL me suffit d’avoir de quoi ine couvrir ; pour mon vivre la Providence y pourvoira. » Ce qu'elle eût exécuté si on ne lui eût prudemment persuadé le contraire.
Son mari étant heureusement revenu à la Prairie: elle profita des dangers qu’il avait courus pour l’engager à ne pas attendre à la mort pour se détacher. des créatures. Il lui restait, à elle, une ceinture et des bracelets de porcelaine, ce qui parmi les Sauvages tient lieu de perles et de diamants. Quant à lui, i possédait encore un grand collier de même matière, qui lui servait de parure à la guerre. Catherir: pensait qu’il serait bon de faire à Dieu une offrande de tous ces ornements, afin de n'avoir plus d'affection que pour lui seul; elle persuada facilement à son mari ce qu'elle désirait. Ils vinrent donc tous les deux avec leurs présents dans la chapelle, et s’étant mi à genoux devant le Saint-Sacrement, Catherine prononça la prière suivante que son mari répéta après elle : « Mon Dieu, je vous donnai il y a quatre an mon corps et mon âme, et la plus grande partie de tous mes biens, voici ce qui me reste, je vous le prt sente de tout mon cœur. Que vous dois-je demander, après vous avoir tout donné, sinon que vous me pre:
ri, Elle s’écria lis libre ; je suis ce que j'ai aux se de la sainte e couvrir ; pour ra. » Ce qu'elle ent persuadé le
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MISSION DE SAINT-FRANCOIS-XAVIER. 291 niez moi-même dès maintenant pour me mettre auprès de vous. » C'était comme un pressentiment qu’elle avait, ou plutôt une demande qu'elle faisait de sa mort. Le P. Frémin, qui assistait à cette généreuse consécration, ne doutait pas que Dieu n’eût exaucé cette vertueuse femme. En effet, dès le lendemain, elle tomba malade, ce qui la remplit de joie, dans l’espérance de voir bientôt ses désirs accomplis. Comme elle était extrêmement aimée, elle fut sur le champ visitée par le plus grand nombre de nos chrétiens. Tous connaissaient ses pieuses inclinalions; aussi, au lieu de l’entretenir de vains discours, ils passaient leurs visites en prières. On récitait donc le chapelet auprès de son lit durant tout le jour et souvent une bonne partie de la nuit. Son mari était à son chevet, et lui rendait ses pieux offices pour l'aider à bien mourir. Huit jours se passèrent ainsi dans des exercices continuels de piété, qui lui servirent comme de disposition pour recevoir les derniers sacrements. Dieu lui donna en même temps un désir si véhément d'aller jouir de lui, que le Père lui faisant répéter une petite prière pour demander la santé, la prière achevée, elle lui dit : « O mon Père, il m'a été impossible de dire de cœur ce que j'ai prononcé de bouche ; pourquoi demander de rester sur la terre puisque Dieu m'invite d'aller au Ciel ? » Aussitôt qu’elle eut reçu les sacrements elle perdit l'usage de ses sens, et entra dans un délire qui dura
huit jours, pendant lesquels elle ne faisait que prier, et elle ne paraissait avoir de jugement que quand on lui parlait de Dieu.
Lorsqu'elle fut entièrement désespérée, son mari fit un festin à tous ses amis où il leur tint ce discours : « Autrefois, leur dit-il, avant que nous fussions chrétiens, nous nous servions de superstitions pour guérir nos malades, et leur maladie nous mettait dans la dernière affliction ; maintenant que nous Prions, nous invoquons le nom de Jésus-Christ pour leur guérison, et s’ils meurent, nous nous consolons dans l’espérance de les revoir au Ciel. Disons-donc, avant de manger, le chapelet pour le soulagement de notre pauvre mourante. »
Après huit jours de délire, ou plutôt après huit jours de prières continuelles, elle tomba dans une espèce de sommeil fort paisible, dans lequel elle demeura neuf jours sans rien prendre et sans se remuer, au bout desquels elle expira fort doucement.
La coutume des Sauvages est de donner tous les biens des défunts à leurs parents et à leurs amis, pour pleurer leur mort; mais le mari de Catherine, en qualité de premier capitaine, assembla le conseil des anciens, et leur dit, qu'il ne fallait plus garder leurs anciennes coutumes, qui ne profitaient de rien aux morts; que, pour lui, sa pensée était de parer Jz corps de la défunte de tout ce qu’elle avait de plus précieux, puisqu'il devait ressusciter un jour,
sait que prier, que quand on
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donner tous les à leurs amis, ri de Catherine, embla le conseil lait plus garder ofitaient de rien se était de parer qu’elle avait de gciter un jour,
et d'employer le reste de ce qui lui avait appartenu à faire l’aumône aux pauvres. Cette pensée fut approuvée de tous, et elle est devenue comme une loi qu'ils ont observée depuis exactement.
Il para donc aussitôt le corps de sa femme de ses plus beaux habits, et distribua aux pauvres tout ce qui pouvait rester de ses petits meubles, leur disant : «Priez pour les défunts. » Le tout pouvait bien monter à 300 fr., ce qui est beaucoup pour un Sauvage.
Les funérailies furent accompagnées de tous les habitants de la Mission et de plusieurs Français, qui tous parlaient hautement de la vertu de Catherine, comme d’une personne qu'ils croyaient assurément être bienheureuse dans le Ciel. Le P. Frémin, qui la connaissait parfaitement, assure qu’elle était morte avec l'innocence baptismale, et il ajouta qu'elle était arrivée à une si haute vertu et une pureté de cœur si admirable, qu’il ne pensait pas qu’il lui soit rien resté pour quoi elle dût satisfaire en l’autre vie.