‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 119 · Dieu Juda (Ps · texte numérisé non relu

Dieu Juda (Ps

prière de que c’est être adeurs en-

des mar vingttrès-prosang de

née pro- À

exemple , qui se pression fin il les

seconde Mission établie, dont on a confié le soin depuis quatre ans au P. Boniface: On a donné à cette Mission le nom de Saint-Pierre, parce que, depuis que les armes de Sa Majesté! ont assujetti les Iroquois inférieurs, Gandaouagué est le lieu où la Foi a été plus constamment embrassée qu’en aucun autre pays d’Agnié. Ce fut là proprement qu’on vit une Eglise naissante, et où l’on put admirer plus qu’en aucun autre lieu la générosité chrétienne de

| ceux qui la composent. Aussi la regardons - nous

comme la première et la principale Mission que nous ayons chez les Iroquois.

Il est vrai que cette Eglise se trouve dans les deux plus petits bourgs qui soient dans le pays des Iroquois, et qu’une seule bourgade des Iroquois supérieurs est beaucoup plus grande et plus nombreuse que les deux dont je parle; mais aussi elle a l'avantage, en quelque façon par-dessus les autres Missions iroquoises, que la tribu de Juda avait sur toutes les autres tribus d'Israël, qui étaient beaucoup plus grandes et plus peuplées que celle de Juda : Notus in Judæa Deus*.

1. En 1665, Louis XIV avait fait occuper militairement la partie du pays des Iroquois qui se rapproche le plus du fleuve Saint-Laurent. Ou y avait élevé, le long de la rivière des Iroquois, trois forts, le fort de Richelieu, à l'embouchure de cette rivière, et plus loin, les forts de Saint-Louis et de Sainte-Thérèse. La rivière des lroquois ou de Richelieu est appelée maintenant rivière de Sorel.

2. Dieu est connu, et adoré comme le vrai Dieu, dans la terre de Juda (Ps. 76).

J'avoue qu’il y à encore beaucoup de désordres, et que l’infidélité n’est pas détruite à Gandaouagué,

* Néanmoins ces deux petites bourgades renferment

plus de fidèles qui adorent Di‘u en esprit et en vérité, et plus d'âmes vraiment chrétiennes que tous les autres boufrgs des Iroquois.

Comme les Agniers ont les premiers répandu le sang des missionnaires qui leur portaient la Foi, aussi ont-ils les premiers reçu le fruit de leurs mérites avec plus d’abondance que les autres nations iroquoises; et c’est aussi bien dans la Nouvelle-

France que dans les autres contrées du monde que À

se vérifie ce qu'a dit Tertullien des martyrs de la

primitive Église, «que le sang des martyrs fait naître |

de nouveaux chrétiens. »

Depuis dix mois, le Ciel a tellement favorisé les

travaux du missionnaire de ces quartiers-là, qu’il

compte trente adultes baptisés solennellement dans M

sa chapelle. Peut-être que ce nombre paraîtra petit à ceux qui habitent en Europe des régions aussi peuplées que nos forêts du Canada sont solitaires et désertes; mais lorsqu'on saura que ce sont trente adultes baptisés avec les cérémonies de l’Église, dans un pays où l’on ne compte pas plus de quatre cents âmes, et où la superstition, l'impunité et le libertinage combattent l'Évangile, on avouera que, quand un missionnaire n'aurait gagné que ces trente âmes,

il aurait encore plus fait que le plus zélé prédicateur |

d'Europe cheurs ap cés devan que, tandi beaucoup quatorze ] dées. Ce & maintenar font sa co

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d'Europe ne se peut assurer d’avoir converti de pécheurs après beaucoup d’éloquents sermons pronon-

{cés devant de nombreuses asssmblées, Ajoutez à ceci

que, tandis que les maladies contagieuses emportaient beaucoup de monde, ce Père a donné le baptême à quatorze personnes au lieu même où elles sont décédées. Ce sont autant de prédestinés, qui jouissent maintenant du bonheur qu’il leur a procuré, et qui font sa couronne et sa joie.

Les succès qu’il a plu. à Dieu de lui donner ont si fort étonné ceux qui faisaient autrefois raillerie de nos mystères, qu’ils n'en parlent maintenant qu'avec réserve, et ils avouent eux-mêmes qu’ils commencent de voir qu’ils vont bientôt devenir tous Français. CRE.

En effet, la prière:se fait, en cette bourgade, aussi constamment le matin et le soir que dans les familles les mieux réglées de France. Il n'y a rien de plus consolant que de voir ces bons chrétiens prier ensemble tout haut, et terminer cette sainte action par divers cantiques spirituels. Plusieurs jeunes enfants de sept à huit ans composent aussi entre eux de peüls chœurs, et font sur terre ce que les anges ne cessent point de faire dans le ciel. C’est un plaisir de voir ces pelits innocents se ranger dans la chapelle et rendre à Dieu leurs hommages, aussi bien que les plus avancés en âge.

Aux fêtes de Noël, le missionnaire avait dressé

une crèche, qui, éclairée de quantité de lumières et}

ornée de verdure, excitait merveilleusement la dévotion des chrétiens ; aussi donnaient-ils par leurs chants à l'Enfant Jésus des marques de leur reconnaisance et de leur amour. Il n'y eut pas moyen de résister aux instances de ceux.qui sont encore infidèles, ni de leur refuser l'entrée de la chapelle, afin de contenter leur curiosité par une longue considération de ce qui rendait ce lieu si agréable à leurs yeux. La fête se passa à chanter et à prier plus longtemps qu’à l'ordinaire, nonobstant la rigueur du froid ; et, parce que le concours de toutes sortes de gens élait trop grand, il fallut se tenir à la porte de la chapelle pour n’y permettre l'entrée qu'aux

personnes de choix, tandis que les chrétiens jouis-h saient tout à loisir de cette représentation de la nais-

sance de Notre-Seigneur. Leur dévotion pour cet aimable mystère est si tendre que, pour favoriser leur piété, le Père leur permit de continuer leurs airs et leurs chansons de Noël jusqu’à Pâques. Peuton rien souhaiter de plus fervent et de plus touchant dans un pays qui semblait d’abord inaccessible à la

Foi? C’est la grande maxime des missionnaires : Pa-! Le)

tientia pauperum non peribit in finem.

Mais croiriez-vous bien que la cérémonie du pain bénit se fait tous les dimanches à Agnié, c’est-à-dire parmi des gens qui ont passé jusqu'ici pour: anthropophages , qui se sont autrefois rassasiés non-seule-

ment de ceux qui cette and plus de j( qu'ils so mangent fasse goût pain béni chez elle, repas. Le invités n’ vent mer charité.

(Ps. 67, 4 Dieu, et « changeme que, de lc du nomb

Je ne Eglise de Les croix sont leurs si chèrem prêches < n'ont jan chapelet.

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nt la dépar leurs ir reconnoyen de core infichapelle, gue conzréable à orier plus rigueur tes sortes à la porte e qu'aux

ment de la chair de leurs ennemis, mais même de ceux qui leur annonçaient l'Evangile. Ils pratiquent cette ancienne coutume de l’Eglise avec d'autant plus de joie qu'ils sont instruits que c’est la marque qu’ils sont tous frères et enfants de Dieu, dont: ils mangent maintenant le pain en attendant qu'il leur fasse goûter les délices éternelles. Celle qui offre le pain bénit donne un petit régal à {ous les chrétiens chez elle, où l’on fait la prière qui précède et suit le repas. Les civilités qu'ils rendent à celle qui les a invilés n’ont rien de sauvage, et ces assemblées servent merveilleusement à entretenir la ferveur et la charité. Justi exultent et delectentur in lætitia (Ps. 67, 4). Il faut bien dire que c’est ici le doigt de Dieu, et qu’il n'appartient qu’à lui de faire de tels changements et de débrutaliser tellement les naturels que, de loups qu’ils étaient, il les rende dignes d’être du nombre des brebis du grand pasteur des âmes.

Je ne dis rien de l’estime que fait cette nouvelle Eglise de toutes les marques de notre sainte religion. Les croix, les médailles et autres choses semblables, sont leurs bijoux les plus précieux; ils les conservent si chèrement qu'ils les portent au cou jusque dans les prêches de la Nouvelle-Hollande, où les hérétiques n'ont jamais pu leur arracher un seul grain de leur chapelet,

Le zèle d’une bonne chrélienne alla jusqu’à vouloir chasser son mari du logis pour avoir jeté le sien

au feu; mais ayant été informée de la douceur que Jésus-Christ recommandait à ses fidèles, elle a si bien profité de cette instruction que sa retenue à gagné son mari, qui veut être chrétien.

Il a commencé de rendre son dessein public par un festin solennel, où les plus considérables du bourg ont été invités. Il dit qu’il avait oublié son ancienne formule d'invocation d’Agreskoué !; ainsi, qu'il priait le Père de parler pour lui au Maître de la vie des hommes, qui est dans le ciel, à qui il voulait do-

rénavant présenter uniquement toutes ses requêtes, |

Le Père fit la bénédiction et l’action de grâces ; puis il loua hautement cette pratique de remercier Celui qui nous donnait tous les jours de quoi nous nourrir, et non pas un démon qui ne souhaite rien davantage que de nous rendre les compagnons de son malheur dans les enfers.

Une autre chrétienne était recherchée en mariage depuis deux ans par un Iroquois qui a grand crédit dans son pays. Toute autre qu’elle se serait tenue heureuse de rencontrer un parti si honorable et un aussi bon chasseur qu’il est; mais cette bonne chré-

tienne, nommée Anastasie, aime mieux être seule et souffrir les incommodités de sa viduité que d’épou- ! ser cet homme, à qui elle a déclaré qu’elle n'aurait

jamais d’affection pour lui tant qu'il haïra la Prière

î. Ou Agriskoué, principal génie, ou divinité des Iroquois, qu'ils ont coutume d'invoquer en leurs divers besoins.

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ne se conve emme par avec beauc mourir l’an sans vouloi her. On l’a er quelque extrémité,

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l'esprit qu'il point ament iens de cett plus grande plus de ten lénitif à leu que, lorsqu liens s’asse tous enseml ples à avoir

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et qu’il empêchera, comme il fait, par son autorité, que plusieurs qui avaient dessein de se faire baptiser e se convertissent. Dieu éprouve la vertu de cette emme par plusieurs afflictions qu’elle supporte avec beaucoup de courage et de fidélité. Elle vit mourir l’an passé trois de ses parents dans son logis, sans vouloir permettre aux jongleurs d’en appro-

bher. On l’a pressée depuis de les appeler pour don-

er quelque soulagement à ses enfants, qui étaient à extrémité, disait-on, parce qu’elle ne voulait pas souffrir qu'on usât des remèdes des médecins du pays. Elle a constamment résisté à toutes les solliitations, affirmant qu’elle aimait mieux les voir orts et être assurée de leur salut, que de les voir guéris après avoir été le sujet des superstitions criminelles de ces faux médecins.

Les maladies, qui ont coutume de diminuer la

dévotion des plus fervents et d'appesantir tellement

l'esprit qu’il a de la peine de s'élever à Dieu, n’ont point amené de relâche en la Prière parmi les chréiens de cette Eglise. Au contraire, ça été dans leurs plus grandes douleurs qu’ils l’ont embrassée avec plus de tendresse; ils ont assuré qu’elle servait de lénitif à leurs maux, et c’est aujourd’hui la coutume que, lorsqu’on est dangereusement malade, les chréliens s’assemblent auprès du moribond pour prier tous ensemble pour lui, et l’animer par leurs exemples à avoir recours à Dieu.

avertirent Î qu'on le m naire, qui € ne fallait p:

qu'il y ava père ne pa mort que I nent, sans de l'eau qu et le baptis pas mourir l'Eglise sole ciel en aug serait peut chrétiennes Un autre d’une fièvre lieu où il ix ler, regard lieu où il es Un jeune incommodi blait à un s Acité, mais € de faire que se sentant p mouvemen après il me

Un jour que le Père exhortait les chrétiens, dan le logis de ses hôtes, à faire une ‘action de charité, un petit enfant y mourut ; aussitôt les parentes de l'en-} fant décédé commencèrent à faire éclater leur douleur par des cris usités en cette sorte d'occasion. Lai chrétiens, sans s'étonner, demandèrent qu’il leut fül permis de commencer l'exercice de charité qu'on leur recommandait, en exposant eux-mêmes le mor dans la chapelle et de l’accompagner jusqu'au tombeau en récitant le chapelet. Cette cérémonie parul trop nouvelle au Père, qui jugea à propos de la différer encore, de peur que cet appareil funèbre n’ensevelit la dévotion de quelques nouveaux chrétiens} qui se seraient imaginé que la Prière aurait fai mourir cet enfant baptisé et qu’on les porterait aussi bientôt au tombeau. ;

Rien de plus touchant que le malheur d’un petit enfant, si toutefois on peut appeler malheur ce qui 4 donné occasion à son bonheur. La mère étant morte deux jours après ses couches, et le père malade à} l'extrémité, on lui porta cet enfant pour savoir qui} en serait la nourrice. Les parents avaient résolu del l’étrangler pour l’enterrer avec la mère, qui avait souhaité, par une cruelle compassion, qu’on les mil ensemble dans une même fosse. Plusieurs femmes cependant déploraient la triste destinée de ce peti malheureux, et augmentaient par leurs accents lugubres la douleur du père moribond. Quelques-unes |

avertirent le missionnaire de baptiser l'enfant, avant qu'on le mit dans.la fosse avec la mère. Le missionaire, qui était présent à ce spectacle, vit bien qu’il ne fallait pas différer plus longtemps le baptême, et qu'il y avait sujet d'appréhender que le silence du

08, dans charité, s de l'en} ur dousion. Leil

| leu fui père ne passät pour confirmation de la sentence de té’ qu'on mort que la parenté avait déjà prononcée. Inconti- Ste moment, sans avoir égard s’il était aperçu ou non, il prit

‘au tom-MRde l'eau qu'on apportait heureusement dans le logis aie paru et le baptisa. Dieu permit néanmoins qu'on ne le fit e la dit-MRpas mourir ; il vécut encore trois mois, et le jour où bre n’en-Ml Eglise solennise la fête de lous les Saints il alla au hrétiens, | ciel en augmenter le nombr*, bonheur qui ne lui

araït fait ait aussis

serait peut-être pas arrivé sans le zèle des femmes chrétiennes.

Un autre enfant d'environ quatre ans, qui mourait un peti M d'une fièvre étique, étant interrogé plusieurs fois du ce qui 4 lieu où il irait après sa mort, ne pouvant plus parnt morte ler, regardait en haut, et montrait avec le doigt le

alade à lieu où il espérait aller.

voir qui] Un jeune garçon de quinze ans, qu’une longue &solu deincommodité avait tellement exténué qu’il ressem- Lui avait blait à un squelette animé, étant plusieurs fois solli-

tés init Ecité, mais en vain, de se faire baptiser, se cententait femmes MR de faire quelques prières avec le missionnaire; enfin, ce petit MSC sentant proche de sa fin, il demande de son propre mouvement le baptême. Il le reçoit, et deux jours après il meurt.

ents lues-unes

Un quatrième, moins âgé, voyant le Père qui pas-Æherte aussi. sait, quitte ses camarades pour lui venir dire qu’ilSque celle-là voulait être chrétien. Ce qu'il ne disait qu’en rianl ris les co se trouva effectivement véritable; car deux moishrétienne. après, étant tombé malade, et averti de se souvenir ESausé la mo de sa parole, il dit qu’il souhaitait tout de bon être ureet se s chrétien. Le Père le fait prier Dieu, puis le baptise er à apost: et il mourut en prédestiné. prise génére

Ajoutons à ces heureuses morts celle d’une bonneBBa calomnie chrétienne, qui avait fort innocemment vécu depuis toujours co son baptême. Les redoublements de la fièvre quiliShapelle le l'enleva lui firent aussi redoubler ses prières et se Dieu par les préparer à la mort par les actes des trois principales @blaire, Die vertus. Un peu avant que de mourir, elle répéta bien pffligés, ne des fois qu’elle allait enfin au ciel, où il y avait long-Sidélité ; car, temps qu’elle désirait se rendre. Elle ordonne ses Mine petite fil obsèques, et meurt avec une tranquillité et une pré- Mmari chrétie sence d'esprit admirables, tenant en main son cha- 5% cause de ce pelet. 2Æet dit haute Je veux finir par vous raconter ce que le même Sbour embra P. Boniface, écrit à un missionnaire d’une femme Mpartie par l’e baptisée depuis six mois seulement et qui a été aban-MBa mission d donnée de son mari, le plus considérable capitaine Mes bons exer du lieu. Il lui avait laissé une fille unique, que son Me même Pà: humeur enjouée rendait aimable à tout le bourg. ESetourné à C'était toute la consolation et toute l'espérance de sa ESBaveur de la mère ; mais il a plu à Dieu de l'appeler à lui, et d'é- We personne prouver ainsi la vertu de cette chrétienne par une BSbituer proc]

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perte aussi. grande et une affliction aussi ‘sensible que celle-là. Aussitôt tout le monde la blâme d’avoir

bris les coutumes de gens étrangers en se faisant

brétienne. On dit dans tout le bourg que la Foi a ausé la mort de sa fille ; le démon profite de ce mur-

ure et se sert des bouches médisantes pour l’engaver à apostasier. Mais cette vertueuse Sauvage méprise généreusement tous les discours que l'envie ou a calomnie font tenir contre elle; sa dévotion est oujours constante; on la voit réglément venir à la hapelle le matin et le soir; elle s’unit souvent à Dieu par les sacrements el mène une vie fort exemplaire, Dieu, qui est le père et le consolateur des affligés, ne tarda pas longtemps à récompenser sa délité; car, peu de temps après cette tempête, pour ne petite fille qu’il lui avait ôtée, il lui a rendu son

ari chrétien. Etant encore infidèle, il l'avait quittée à cause de cette même fille ; il la reprend aujourd'hui, et dit hautement qu’il condamne ses superstitions pour embrasser notre religion. Cet homme gagné, partie par l'entretien qu’il a eu avec le P. Frémin dans a mission de la prairie près de Montréal, partie par es bons exemples de ses compatriotes chrétiens, dont e même Père entretient la piété, ne fut pas plutôt etourné à Gandaouagué, qu’il parla hautement en aveur de la Foi en présence d’un assez bon nombre le personnes, et des avantages qu’il y avait de s’habituer proche des Français. Le récit qu’en a fait ce

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capitaine, aussi bien que du dessein qu'il a de partir au plus tôt pour se ranger avec les chrétiens Agniers qui sont établis à la prairie de la Magdelaine, vers Montréal, a si fort surpris et touché la plupart de nos Agniers, que voilà qu'ils le suivent avec quantité de femmes et d'enfants qui quittent leur pays el ceux de leurs parents qui se sont opiniâtrés à rester ici, pour aller vivre en chrétiens parmi les Français. A voir leur empressement et leur diligence à partir dès la pointe du jour, vous diriez que c’est l’image abrégée de ce qui se passa autrefois en Egypte, lorsque les Israélites se dérobèrent de nuit à la tyrannie de Pharaon, pour aller dans un pays libre et abondant en toutes sortes de rafraîchissements.

Une résolution sitôt prise et aussi promptement exécutée que celle-ci, a jeté l’étonnement dans les

esprits. Les Agniers de Tionnontoguen, qui ne sont} pas encore dans la dispositions d’embrasser la Foi, L. ont déclaré au P. Bruyas leur ressentiment et le su-£ jet qu'ils avaient de se plaindre des Robes noires, h qui semblaient vouloir faire un désert de leur pays, À et ruiner entièrement leurs bourgades. Ce Père leur

a répondu, d’abord en leur donnant un collier de porcelaine, puis il a dit qu’il leur portait compassion

de les voir ainsi abandonnés de leurs gens; que ni le}

P. Boniface, ni lui, n’avaient inspirés aux Agniers de Gandaouagué le dessein de déserter, mais que

l'exemple et la voix de leur plus brave guerrier

pays, tandi ce change comme ils p

que celui-c

sades, que deux corps deux frères

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On nous sont demeu bourgades été si conste ment qu'ils

4, M. le cor celles en 1672 de nouveau en

> partir avait eu sur les esprits un si grand pouvoir, qu'ils n'a- \gniers vaient pas cru devoir rester plus longtemps en leur e, vers pays, tandis qu'il en serait absent; au reste, que part de MR ce changement ne devait pas ruiner leurs bourgs, quan- comme ils pensaient, qu’au contraire on les allait augpays el menter et les rendre plus florissants qu'auparavant, à rester M sous la protection de Monsieur notre gouverneur ‘; rançais, M que celui-ci ferait savoir à sa Majesté qu’on était à à partir présent convaincu de la sincérité des Agniers, qui l'image avaient avancé autrefois, dans une de leurs ambasle, lors- WE sades, que les Français et les Agniers étaient comme yrannie MR deux corps animés d'une même âme, ou comme t abon- #8 deux frères qui reconnaissent un même Père.

Ce discours, prononcé par la bouche d’un homme qui possède entièrement les cœurs des Agniers, calma l'orage qui s'élevait, et toute l’assemblée n’eut rien à opposer à une personne si accorte.

la Foi, On nous assure aussi que les autres Agniers, qui t le su sont demeurés en fort petit nombre dans les deux noires, MR bourgades de Gandaouagué et de Gannagaro, ont r pays, M été si consternés de ce départ, qu’on ne doute nullere leur ment qu’ils imiteront bientôt leurs compatriotes. lier de 1. M. le comte de Frontenac qui, ayant succédé à M. de Cour-

passion celles en 1672, fut remplacé en 1682-par M. de la Barre, Nommé de nouveau en 1689 gouverneur du Canada, il y est mort en 1698.

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