‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme] (volume 2)Chapitre 87 sur 119 · LETTRES DE QUELQUES MISSIONNAIRES · texte numérisé non relu

LETTRES DE QUELQUES MISSIONNAIRES

rain, de Saint-Gabriel, que fut établie, en 467%, la Mission des Hurons, dile Notre-Dame-de-Lorette.

autre fief est celui du Bel-Air, concédé le 24 novembre 168%, à M. G. Bonhomme, et vendu par celui-ci aux PP. pl. Jésuites, etc.

Outre ces fiefs seigneuriaux , les Jésuites avaient encore plusieurs propriétés, a eux données ou vendues; entre autres, les terrains du cap de la Magdeleine, qui leur avaient ‘ été concédés le 20 mars 1651, par M. de La Ferté, abbé de 4 la Magdeleine. |

3. Lettres patentes d'amortissement, en fuveur des PP. Jésuites, pour leurs différentes possessions, terres, bâtiments au pays de la Nouvelle-France, etc., données par le roi (Louis XIV), le 12 mai 1678, signé Louis Colbert.

Ne IT.

LETTRES INÉDITES DE QUELQUES MISSIONNAIRES DU CANADA A M. LE COMTE DE FRONTENAC.

|. Lettre du P. Nouvel, supérieur de la Mission des Outaouais, écrite le 29 mai 1673, de Sainte-Marie-du-Sault, à Monseigneur le gouverneur (le comte de Frontenac).

MONSEIGNEUR

Comme il est important que vous soyez informé de tout ce qui se passe de considérable en ces quartiers, en voici un fidèle narré.

Les Sauvages parmi lesquels nous vivons ne nous ont jamais paru plus disposés à embrasser le Christianisme qu'à présent. Le bon traitement qu'ils reçurent l'an passé de M. de Courcelles, et les soins de tous les Français avec lesquels ils firent leur traite, ont beaucoup servi à cela, la con-

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tinuation en est bien importante. Nous tächons, autant que nous pouvons , conformément à ce que M. le Gouverneur, M. l'Intendant nous en ont écrit, de les porter à continuer leur commerce avec les Français; mais nous voyons déjà que l'établissement des Anglais dans la grande baie du nord, et la proximité des Iroquois avec lesquels les Missisakis ont fait leur chasse d'hiver, causeront un notable préjudice à la Colonie. Les Anglais ont déjà fait une grande diversion des Sauvages des terres qui paraissaient au lac Supérieur, et les attirent à eux par de grandes libéralités ; et les Iroquois ont envoyé des présents fort considérables dans toutes ces nations, pour confirmer, disent-ils, la paix qu'Onnonthio a faite; mais plutôt pour avoir leurs pelleteries avec lesquelles ils attendent qu’on réponde à leurs présents. Quelques-uns des Sauvages de ces quartiers, qui ont vu pendant l'hiver les Sauvages des terres, qui firent leur traite l'automne passé avec (le sieur) des Groiseliers ! et les Anglais, nous ont assuré que deux navires élaient arrivés à cette grande baie, et qu'ils étaient en peine d’un troisième qui les suivait, dont ils appréhendaient le naufrage. Ils ajoutent qu'environ deux cents hommes furent mis à terre, et qu'en quatre jours, ils eurent dressé une grande maison qu'ils fortifierent de plusieurs pièces de canon ; ils louèrent beaucoup leur libéralité. J'appris hier qu'ils doivent tenir un grand conseil avec toutes les nations qui leur sont voisines. Toutes ces nouvelles font de la peine aux Sauvages qui nous sont affectionnés et, qui jouissant de la paix que les armes victorieuses du roi leur ont acquise, et de la protection du ciel que le Christianisme commence à leur apporter, sont dans quelques appréhensions que tout cela ne soit troublé par ces révolutions. Nous ne manquons pas là-dessus à leur dire ce qu'il faut pour les encourager à se tenir bien unis à Dieu et aux Français, les assurant que dans cette union ils n'ont pas sujet de craindre.

Le Père, qui a soin de la Mission de Saint-François-Xavier,

1. Médard Chouard des Groseillers , transfuge français qui a livré À

la baie d'Hudson aux Anglais.

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m'écrit que les Iroquois Tsonnontaéronnons ont apporté vingt présents de paix aux Sauvages de son quartier, et

qu'ils leur ont amené deux femmes captives chez eux de-

puis longtemps; ces présents disent que les Iroquois obéis- | sent à Onnonthio comme à leur père commun, et qu'ainsi ils n'ont que des pensées de paix et qu'ils se doivent aimer comme frères. On ne doute point qu'ils ne se servent de cet appât, ou pour lier commerce avec eux à la sollicitation des Hollandais, ou pour les surprendre et renouveler la guerre s'ils viennent à bout de l'Andastogué, qui est le seul ennemi qu'ils ont sur les bras.

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