LETTRES DE QUEIQUES MISSIONNAIRES
II. Lettre écrite de Tionnontoguen par le P. Bruyas, supéricur des Missions iroquoises, le 12 juin 1673, et adressée à Monseigneur le gouverneur (le comte de Frontenac),
MONSEIGNEUR
Il y a longtemps que je souhaitais une occasion semblable à celle-ci, pour vous présenter mes très-humbles respects et ceux de tous les Pères qui demeurent dans les Missions iroquoises. Je n’en pouvais pas désirer une plus favorable que celle du P. Boniface, qui conduit à Québec une grnide partie de nos chrétiens qui se réfugient entre vos br: comme en un lieu d'asile, où ils espèrent de conserver leur foi et d’être à couvert contre leurs ennemis. Il n’est pas nécessaire de vous recommander ces nouveaux canadiens ; je suis assuré qu'ils n’auront pas sujet de regretter ce qu'ils ont quitté, et qu’ils trouveront avantageusement, à Québec, les choses nécessaires pour subvenir à leur extrême pauvreté. Ceux qui restent ici ne tarderont pas à les suivre, surtout s'ils apprennent le bon accueil que l’on aura fait à leurs compatriotes; nous les y pousserons autant que nous pourrons, puisque M. Talon nous à témoigné que le roi le désire, et que nous ne pouvions rien faire de plus conforme à ses intentions. Il n°v a point d’autres nouvelles en ces
quartiers, sinon que nos voisins, je veux dire les Hollandais, n'ont point encore vu de navire aborder à Manathe, ce qui les inquiète fort, et rend les étoffes si chères, que nos Jroquois sont résolus de s'en pourvoir à Montréal, J'espère d'avoir l'honneur de vous écrire par nos ambassadeurs, qui partiront bientôt pour aller à Kébec vous assurer de leur obéissance; cependant, je vous supplie de croire que je suis avec tout le respect possible, etc,
IH, Lettre écrite de Tsonnontouan par le P. Garnier à Monseigneur le gouverneur, le 40 juillet 1673.
MONSEIGNEUR
Après vous avoir présenté mes très-humbles respects et vous avoir assuré que je prends grande part à la joie commune de votre heureuse arrivée dans le pays, priant Dieu
qu'il vous y assiste de son esprit, afin que tous vos desseins réussissent à l'avancement de son saint service, pour l'honneur du roi et pour le bien de tout le pays; je suis aussi obligé de vous informer de ce qui se passe dans ce quartier qui regarde le service du roi, surtout que j'ai reçu vos ordres apportés par le sieur de La Salle. Je les ai signifiés aux Sauvages de cette nation, qui comprend trois bourgades. Deux composées des naturels du pays, et la troisième des restes de plusieurs nations huronnes détruites par les Iroquois. Tous ensemble peuvent faire huit cents hommes capables de porter la guerre chez leurs ennemis. Les principaux de chaque bourg ont été députés pour vous aller trouver au lieu que vous leur avez marqué; ils sont en bonne disposition de recevoir vos ordres et de vous contenter en tout ; ils ont fait la paix avec toutes les nations à qui M. de Courcelles leur avait défendu de faire la guerre, le roi les ayant prises sous sa protection. Ils ont bien recommandé à toute leur jeunesse de ne pas tourner leurs armes de ce côté-là; leur plus forte pensée est maintenant
dire les Hollanrder à Manathe, ce i chères, que nos Montréal. J'espère \imbassadeurs, qui s assurer de leur croire que je suis
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