‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme]Chapitre 1 sur 88 · AUX RR. PP. PINETTE ET DE CHAMPS · texte numérisé non relu

AUX RR. PP. PINETTE ET DE CHAMPS

Proyinciaux de la même Compagnie en la province de France.

Nous ne possédons, pour les années 1674-1675, que deux mémoires des anciens missionnaires.

Le premier, écrit en forme de lettre, est adressé par le P. Dablon au P. Pinette, provincial de France, pour lui rendre compte de l’état de la Mission du Canada vers la fin de l’année 1674. Cette pièce, qui n’est à proprement parler que le tableau du personnel de la Mission, des travaux et des vertus des missionnaires, n'était pas originairement destinée à l'impression. Les causes qui en auraient alors empêché la publication ayant cessé par la mort de tous ces hommes apostoliques, arrivée depuis longtemps, cette pièce rentre dans le domaine des documents historiques, et en cette qualité, elle mérite d’être donnée au public.

L’exemplaire dont nous nous servons appartient aux archives du Gesü, à Rome.

Le second mémoire, intitulé État présent de la Mission des Péres de la Compagnie de Jésus en la Nouvelle-France, a été composé vers la fin de 1675, et envoyé par le même P. Dablon au P. de Champs, provincial de France. Nous en avons trouvé deux copies authentiques, l’une dans la collection canadienne du P. Cazot, l’autre dans la collection romaine des archives du Gesü.

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Supérieur des Missions du Canada et recteur de Québec

AU R. P. PINETTE

Provincial de France.

A Québec, ce 24 octobre 1674.

Mon RévÉREND PÈRE,

Paz Christi.

J'adresse cette lettre à Votre Révérence pour l’informer en général de l’état de toutes nos Missions. Elle aura la consolation de voir, par ce peu que je lui écris, que le nom de Jésus-Christ retentit en toutes nos forêts, et qu’il est adoré, ou du moins reconnu de tous ces peuples ; nos Pères s’y employant avec un zèle indicible, un courage d’apôtres, et une sainteté digne des vrais enfants de saint Ignace.

Votre Révérence me permettra bien de parcourir un peu toutes les parties de notre Amérique, et après avoir parlé du dehors ‘ et des Missions les plus éloignées, je parlerai du dedans et de celles qui sont proches; car partout je ne trouve que du bien à dire et des saints à admirer ?.

Pour commencer par le Nord, Votre Révérence

sait que le P. Charles Albanel partit il y a un an pour faire un second voyage à la mer du Nord, afin d'y cultiver beaucoup de chrétiens qu’il y a baptisés, et d'en augmenter le nombre. Il a hiverné en chemin à plus de cent lieues d'ici, mais ce n’a pas été sans beaucoup souffrir. Car outre la famine et les autres misères qui sont ordinaires en ces sortes d’hivernements ; après avoir dépensé tout ce qu'il avait porté

pour vivre, s’en servant pour gagner et conserver ses

4. Du dehors, c'est-à-dire des pays qui sont en dehors des possessions françaises dans l'Amérique septentrionale.

2. Cette lettre pourra paraître à quelques lecteurs n'être qu'un panégyrique continuel des missionnaires de la Nouvelle-France. Mais il faut remarquer que cette pièce n'était pas destinée à la publicité, que c'était une communication intime d'un supérieur qui rendait compte, selon sa conscience, à son supérieur majeur des religieux qu'il avait sous sa conduite. Il faut de plus savoir qu'on avait cherché à noircir ces hommes apostoliques, non-seulement auprès des ministres de Louis XIV, mais même auprès de leur provincial et du P. Ferrier, confesseur du roi. Le P. Dablon remplissait donc un devoir de sa charge en rétablissant la vérité. Eafin le P. Dablon ne dit rien ici qui n'ait été dit, au moins équivalemment, avant ou après lui, par des personnes dignes de foi et tout à fait désintéressées, On peut sur ce sujet voir dans l'appendice la pièce intitulée : Les Missionnaires de la Nouvelle- France au point de vue religieux, politique, etc.

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Sauvages; après avoir été longtemps couché sur terre, sans pouvoir remuer à cause d’une chute fàcheuse, il a- été abandonné des Sauvages qui le devaient conduire, et des Français qui le devaient accompagner. Nonobstant tout cela, ayant de plus appris que les Anglais s'étaient rendus par mer dans l'endroit même où il allait, qu'ils s’y étaient fortifiés, et menaçaient de le tuer s’il se hasardait à y venir; nonobstant tout cela, dis-je, ce généreux missionnaire, qui a plus de soixante ans, et qui est tout cassé par ses anciens travaux, et surtout par ceux de son dernier voyage, n’a pas laissé de poursuivre son chemin, ne s'appuyant que sur la Providence, et .s’abandonnant à mille et mille dangers qu’il prévoyait, tant il a de zèle pour le salut de ses chères ouailles et pour la gloire du nom de Jésus-Christ, qu’il veut porter à diverses nations qui sont sur les côtes de cette mer lointaine, et qui n’en ont jamais entendu parler.

Après les heureuses tentatives faites, il y a deux ans, par le P. Albanel, pour ménager un accès plus facile vers la mer du Nord, on attendait de notre part de nouvelles entreprises pour découvrir la mer du Midi. C’est ce qu’a fait cette année le P. Marquette, qui, après avoir poussé sa course jusqu'au 33° degré d'élévation, en est revenu heureusement le printemps passé. Il tient pour certain, qu'étant descendu pendant plusieurs jours le grand

fleuve ‘ qu’il a découvert, il est arrivé dans la Floride, et que s’il eût continué à descendre encore quarante ou cinquante lieues, il aurait rencontré le golfe du Mexique.

Ce Père, depuis son retour, est resté dans le pays des Outaouais, pour être tout prêt à établir des Missions chez les Illinois, qui sont les plus proches et les plus dociles parmi les peupies qu’il a découverts. S'il ne retourne pas vers eux dès cette année, ce sera parce que nous ne devons pas abandonner ceux que nous avons commencé d'instruire.

Nos autres missionnaires des Outaouais travaillent, chacun à leurs Missions, saintement et utilement. Ils ont baptisé, depuis un an, plus de cinq cents infidèles, et le seul P.: Bailloquet a baptisé cet été, en deux mois, une centaine d’enfants et quelques adultes, dont la moitié du moins est assurée pour le paradis. Il a fait cette récolte pendant que les Sauvages, avec qui il était, faisaient celle de certains petits fruits bleus dont eux et le Père ont vécu pendant ces deux mois.

Nous avons chez les Outaouais trois résidences ou trois maisons fixes où l’on vit régulièrement, et où les Pères, qui travaillent dans les Missions, se retirent de temps en temps pour reprendre haleine. La première est située au bout de la baie des Puants,

A. Le Mississipi. Voir dans le volume précédent (p. 193 et suiv.) la découverte de la mer du Sud et du-Mississipi.

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sous le nom de Mission de Saint-François-Xavier ; sont attachés à cette maison, le P. Allouez, ce saint et véritable missionnaire; le P. Marquette, dont je viens de parler, et le P. Louis André, qui fait de grands fruits par sa constance et par son assiduité infatigables. Le P. Silvy a été envoyé cette année à leur secours avec un de nos Frères coadjuteurs, pour avoir le soin de cette maison en ce qui regarde le temporel. Les Pères ne s’y arrêtent presque point, étant tous dans les Missions auxquelles ils donnent tout leur temps, afin d’y établir solidement le Christianisme.

La seconde maison est près du lac Huron, à l’endroit où se trouve la Mission de Saint-Ignace !, et où sont réunis des Hurons et des Algonquins. Le P. Philippe Pierson est chargé des premiers, ets’y est fort bien pris pour mettre parmi eux le Christianisme en honneur; s’il persévère comme il a commencé, il ne se peut rien de mieux.

La troisième maison est celle de Sainte-Marie du Sault, où réside habituellement le P. Henri Nouvel, supérieur de toutes ces Missions; c’est un homme de vertu, ettout apostolique. Le P. Gabriel Dreuillettes y demeure aussi ; son grand âge et ses infirmités ne diminuent rien de son zèle. C’est par son moyen que Dieu a opéré grand nombre de merveilles dans

A. Ce lieu est aussi connu sous le nom de Michillimachinac.

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la guérison des malades, et autres choses extraordinaires, par l’efficace de l’eau bénite et par les mérites de saint François-Xavier. Le P. Baïlloquet se rend aussi en ce lieu de temps en temps ; mais le plus souvent il demeure avec les Algonquins du lac Huron et de Nipissing. C’est lui qui, comme je l'ai dit, a vécu cet été, pendant deux mois, avec plus de mille Sauvages, de petits fruits qu’on appelle ici des bleuets, qui ne croissent que sur les rochers ou terres pierreuses ; et pendant ce temps-là, il a baptisé une centaine d'enfants au-dessous de deux ans, dont une bonne partie étaient mürs pour le ciel. Nous avons aussi, à Sainte-Marie, un de nos Frères coadjuteurs, qui a soin du temporel de cette maison, laquelle a été brûlée une seconde fois par suite d’une rixe sanglante où plus de quarante Sauvages se sont cruellement égorgés les uns les autres. C'est merveille que deux des nôtres qui étaient là n’ont point été enveloppés dans cette boucherie. Le diable a suscité ce malheur pour renverser cette Mission, ou du moins pour empêcher le

bien qui s’y faisait; mais j bu de que tout tournerà à sawonfusion.

Après avoir vu ce qui s’est fait au Nord et au Midi, !

nous pouvons jeter les yeux sur le Levant, je veut dire sur l’Acadie, où le P. Jean Pierron a hiverné pour y assister les Français, dont le spirituel était abandonné depuis longtemps, mais bien plus encore

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pour voir s’il y avait moyen d'établir quelques Missions pour les Sauvages de ces quartiers-là. Pendant cet hivernement, il a pris son temps et parcouru toute la Nouvelle-Angleterre, la Marilande et la Virginie, et n’a trouvé partout que désolation et qu’abomination parmi ces hérétiques qui ne veulent pas même baptiser les enfants et encore moins les adultes. Il a rencontré des personnes de 30 et 40 ans, et même jusqu’à dix et douze personnes en une seule maison, qui n’avaient pas reçu le baptême. Il a conféré ce sacrement et les autres à peu de personnes à cause de leur obstination; il a eu cependant le bonheur de préparer un hérétique à faire son abjuration. Enfin, il a eu quelques conférences avec les ministres de Boston (capitale de la Nouvelle-Angleterre), où il a été fort estimé, et où on parle encore de lui avec honneur. Quoiqu'il fût travesti, on se doutait pourtant bien qu'il était Jésuite à cause de la science peu commune qu'il faisait paraître; et c’est pour cela qu'il a été cité au Parlement; mais il n’y a point comparu. Îl a trouvé dans la Marilande deux de nos Pères et un Frère anglais : les Pères habillés en gentilshommes, et le Frère en métayer; aussi. a-t-il

: som d’une métairie qui sert à soutenir les deux ‘missionnaires. Ils travaillent avec succès pôur la réduction des hérétiques du pays, où de fait ilya

beaucoup de catholiques , et entre autres le gouverneur. Comme ces deux Pères ne suffisent pas | 1,

seuls, le P. Pierron s'offre volontiers à les aller assister, et en même temps à établir une Mission parmi les Sauvages voisins, dont il sait la langue. Mais cette entreprise souffre bien des difficultés et me paraît impossible, soit parce que c’est une Mission qui appartient à nos Pères anglais, et ce serait à eux à demander eux-mêmes le secours du P. Pierron, soit parce qu’elle dépend d’une autre Assistance ‘ et que le Père ne désire pas sortir de celle de France ; soit enfin, parce qu’il faut un fonds considérable pour commencer et continuer ce dessein. Cependant, le P. Pierron est retourné en Mission chez les Iroquois avec de très-saintes dispositions ; c'est un homme de grande et rare vertu.

Puisque nous en sommes aux Iroquois, Votre Révérence entendra volontiers un mot des missionnaires de ce pays-là.

Le P. Jacques Bruyas, qui en est le supérieur, a autant de zèle que de prudence. Il demeure ordinairement à Agnié, où il a eu beaucoup à souffrir de la part des Hollandais, voisins de cette bourgade. Il a même été obligé de se cacher pour se dérober aux -mauvâis desseins que ces hérétiques avaient sur lui. Maïs: semble que ces oppositions n’ont servi qu’à

4: Les Assistances sont les grandes divisions de la Compagnie de Jésus, Chaque Assistancé a un représentant à Rome qu'on nomme assistant. On comptät àlors cinq Assistances : l’Assistance d'Italie, celles de Portugal, d'Espagne, de France et d'Allemagne. L’Angleterre dépendait de l’Assistance d'Allemagne.

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toucher davantage le cœur des Sauvages qui se convertissent plus que jamais et dont le plus considérable a été baptisé depuis peu et a renoncé publiquement à ses superstitions. Nous en espérons beaucoup, il m'a promis qu’il va travailler fortement à la conversion de ses compatriotes.

Dans le bourg le plus proche, qui est Onneïout habite le P. Millet à qui Dieu donne une bénédiction toute particulière, et telle que les Sauvages de ce bourg, qui étaient les plus fiers et les plus éloignés de la Foi, sont devenus les plus traitables, et demandent tous à être chrétiens. On y fait publiquement toutes les fonctions du Christianisme, et il y a en cela quelque chose de bien surprenant.

Vient ensuite le bourg d’Onnontagué, qui a pour apôtre le P. Jean de Lamberville. C'est lui qui s’est immolé si généreusement pour le salut de ces Missions, et qui s y emploie avec bien du courage et de la constance.

Plus loin on rencontre le bourg d’Oiogouin, où demeure le P..de Carheil. Ce saint homme est d’un zèle apostolique qui ne trouve pas que ces Sauvages

- correspondent à ses soins; mais je crois qu'il de-

mande d'eux trop de vertu pour les commencements. S’il n’en sanctifie pas autant qu’il voudrait, il est bien certain qu'il # y sagstifie. lui-même d’une bonne façon, aussi bien. que. les PP. Garnier et Raffeix dans les bourgs des Sonnontouans qui sont les

plus éloignés de nous et qui semblent l’être aussi

de la Foi. Cependant ces deux braves missionnaires

ne laissent pas de faire bien des conquêtes sur l’enfer. C’est à eux que le P. Pierron s’est allé joindre pour prendre soin d'une grosse bourgade à laquelle nous n’avons pas pu pourvoir jusqu’à présent !. Je dois dire ici en particulier à V. R. quelque chose de ce Père qui la consolera et qui montre sa grande Me Avant que de partir pour retourner aux ep D erares 6 e néanmoins trèsgénéreusement, il est venu me trouver; puis s'étant mis à genoux dans mon cabinet, la tête nue et les mains jointes, voulant que je fusse couvert et assis, il m'a demandé à faire deux vœux : le premier de ne répliquer jamais quoi que ce soit aux or de ses supérieurs, et de ne rien proposer qui y soit contraire; le second, par lequel il s’oblige de ne retourner jamais en France, ni de le procurer en aucune façon. Je ne lui ai pas permis le premier mais bien le second, selon l'intention de l'obéitsnnces ensuite il m’a remercié de ce que j'avais tenu torioe

pour le renvoyer aux froquois, parce que j'avais agi

en cela contre ses propres sentiments.

Je ne dois pas omettre de dire quelque chose ù

quartiers de Tadoussac où travaille, hiver et été Æ ?

1. Le bourg de Saint-Jacques, dont il est parlé au t. Ier, p. 64.

le P. de O fait ici sa nière, aya que de pe Sauvages. quelque rentré dan en santé.

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le P. de Crépieul qui est un véritable apôtre. Il a fait ici sa profession, le jour de l’Assomption dernière, ayant mieux aimé différer jusqu'à ce temps-là que de perdre l’occasion d’hiverner avec ses chers Sauvages. Il tombe malade quand je le rappelle ici quelque temps pour se reposer, et n’est pas plus tôt rentré dans les travaux de sa mission qu’il revient en santé. Il m’a prié de lui permettre d’aller luimême cette année avec des peuples fort éloignés d'ici, nommés les Mistassins; c’est à quoi il se dispose pour le moment, et comme il est aussi demandé par deux autres nations, il ira les instruire pendant l'été.

Nous avons deux autres Églises près de nous qui se conservent toujours dans leur splendeur première, et dont la vertu est de très-bonne odeur. L'une est celle de la prairie de la Magdeleine près de Montréal ; la ferveur, la piété et les autres vertus chrétiennes des habitants font l'admiration des Français et des Sauvages ; et certes, c’est chose merveilleuse de voir. comment ces bons néophytes ont su vivre jusqu’à présent dans une rare innocence. Aussi sont-ils gou vernés par: le P. Jacques Frémin, que je puis dire avec vérité être un de nos plus habiles et de nos plus saints missionnaires. J'ai fait lire dernièrement

. au réfectoire une relation qu’il m’a envoyée sur les

vertus de ces Sauvages. Cette lecture a tiré les larmes

des yeux de la plupart des nôtres, tant la piété de ces nouveaux chrétiens est touchante!

L'autre Église est celle des Hurons, près de Québec, sous la direction du P. Chaumonot qui est un parfait missionnaire. Nous achevons d’y bâtir pour ces bons Hurons une Église sous le nom de Notre- Dame de Lorette. Elle est toute semblable à celle d'Italie et va devenir un lieu de grande dévotion en ce pays; el de fait, on y vient déjà en pèlerinage de

toutes parts, et on est ravi de voir la sainte camine, | la fenêtre par où l’ange entra, les armoires de la |

Vierge et le reste de ce qui se voit dans la sainte maison de Notre-Dame de Lorette en Italie.

Voilà en peu de mots ce qui regarde l’état de nos }

Missions, dans lesquelles il semble que c’est assez d'y être occupé pour devenir saint, tant les emplois en sont apostoliques, et tant aussi sont extraordinaires les grâces que Dieu accorde à de si généreux ouvriers. La vie qu’ils mènent au-dehors est des plus misérables, Imaginez ce que c’est que d’être toujours avec des barbares dont il faut souffrir mille emportements, renfermé la plupart du temps dans des cabanes où on est aveuglé par la fumée ; d’être exposé à mille

dangers, ou des eaux ou dela barbarie des Sauvages

et de leur ivrognerie ; de vivre de rien, pour ainsi dire, et de travailler sans relâche; et nonobstant tout cela, le plus grand déplaisir que je puisse faire à qui

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que ce soit d’entre eux, serait de le rappeler ici pour y vivre un peu plus commodément; et tous les souhaits de ceux qui sont ici sont d’aller participer aux travaux et aux mérites de ces apôtres. Je recommande les uns et les autres, et moi par-dessus tous, aux Saints Sacrifices de Votre Révérence, étant

Votre très-humble et très-obéissant.…

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