La rivière des Ren Il
et-dans deux canots, oser en‘reprendre une expédition si extraordinaire et si hasardeuse.
Nous savions qu’à trois lieues des Maskoutens était une rivière qui se décharge dans Mississipi ; nous savions encore que le rumb de vent que nous devions tenir pour y arriver était l’ouest-sud-ouest, mais le chemin est partagé de tant de marais et de petits lacs, qu’il est aisé de s’y égarer, d'autant plus que la rivière ! qui y mène est si chargée de folle avoine qu’on a peine à en reconnaître le canal ; c'est en quoi nons avions bien besoin de nos deux guides, aussi nous conduisirent-ils heureusement jusqu'à un portage de 2,700 pas, et nous aidèrent-ils à transporter nos canots pour entrer dans cette rivière, après quoi ils s'en retournèrent, nous laissant seuls en ce pays inconnu, entre les mains de la Providence.
Nous quittons donc les eaux qui vont jusqu’à Québec, à 4 ou 500 lieues d'ici, pour prendre celles qui nous conduiront désormais dans des terres étrangères, Avant que de nous y embarquer, nous commencâmes tous ensemble une nouvelle dévotion à la sainte Vierge Immaculée, que nous pratiquâmes tous les jours, lui adressant des prières particulières pour meltre sous sa protection et nos personnes et le succès de notre voyage; et, après nous être encouragés les uns les autres, nous montons en canot.
La rivière ! sur laquelle nous nous embarquâmes