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mis aux Illinois nerait chez eux eut bien de la fatigues de son flux de sang et hors d'espérance Cependant, son ent cessé sur la tint permission Illinois, pour ÿ e Mission.
de novembre de nts, avec deux
hommes, dont un avait déjà fait le voyage avec lui. Pendant un mois de navigation sur le lac des Illinois, il se porta assez bien ; mais, sitôt que la neige commença à tomber, il fut repris de son flux de sang, qui l’obligea de s'arrêter dans la rivière qui conduit aux Illinois. C’est là qu'ils firent une cabane pour passer l’hiver avec de telles incommodités, que, son mal s’augmentant de plus en plus, il vit bien que Dieu lui accordait la grâce qu’il lui avait tant de fois demandée, et même il le dit tout simplement à ses deux compagnons, qu’assurément il mourrait de cette maladie et dans ce voyage. Pour y bien disposer son âme, malgré la grande indisposition de son corps, il commença un hivernement si rude par les exercices de saint Ignace, qu'il fit avec grand sentiment de dévolion et beaucoup de consolations célestes; et puis il passa le reste du temps à s’entretenir avec tout le ciel, n’ayant autre commerce avec la terre, au milieu de ces déserts, qu'avec ses deux compagnons, qu'il confessait et communiait deux fois la semaine, et exhortait autant que ses forces le pouvaient permettre. :
Quelque temps après Noël, pour obtenir la grâce de ne pas mourir sans avoir pris possession de sa chère Mission, il invita ses compagnons de faire une neuvaine à l’honneur de l’Immaculée-Conception de la sainte Vierge. Il fut exaucé, contre toutes les apparences humaines, et, se portant mieux, il se vit
en état d'aller au bourg des Illinois, sitôt que la navigation serait libre, ce qu’il fit avec bien de la joie, partant pour cela le 29 mars.
Il fut onze jours en chemin, où il eut occasion de beaucoup souffrir, et par sa propre indisposition, n’étant pas entièrement rétabli, et par un temps très-rude et très -fâcheux.
Étant enfin arrivé dans le bourg le 8 d'avril, il y fut reçu comme un ange du ciel ; et après avoir assemblé par diverses fois les chefs de la nation avec tous les anciens pour jeter dans leur esprit les premières semences de l'Évangile, après avoir porté les instructions dans les cabanes, qui se trouvaient toujours pleines d’une grande foule de peuple, il prit résolution de parler à tous publiquement dans une assemblée générale, qu'il convoqua en pleine campagne, les cabanes étant trop étroites pour tout le monde. Ce fut une belle prairie proche du bourg qu’on choisit pour ce grand conseil, et qu’on orna à la façon du pays, la couvrant de nattes et de peaux d'ours, et le Père ayant fait étendre sur des cordes diverses pièces de taffetas de la Chine, il y attacha quatre grandes images de la Sainte-Vierge, qui étaient vues de tous côtés. L’auditoire était composé de 500, tant chefs que vieillards, assis en rond autour du Père, et de toute la jeunesse qui se tenait debout au nombre de plus de 1,500 hommes, sans compter les femmes et les enfants, qui sont en grand
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nombre, le bourg étant composé de cinq à six cents feux.
Le Père parla à tout ce peuple, et leur porta dix paroles par dix présents qu’il leur fit, leur expliqua les principaux mystères de notre religion, et la fin pour laquelle il était venu en leur pays. Surtout il leur prêcha Jésus crucifié, la veille même de ce grand jour auquel il était mort en croix pour eux, aussi bien que pour tout le reste des hommes , et dit ensuite la sainte messe. Trois jours après, qui était le dimanche de Pâques, les choses étant disposées de la même manière que le jeudi, il célébra les saints mystères pour la seconde fois, et par ces deux sacrifices qu’on y eût jamais offerts à Dieu, il prit possession de cette terre au nom de Jésus-Christ, et donna à cette mission le nom de la Conception limmaculée de la Sainte-Vierge.
Il fut écouté avec une joie et une approbation universelles de tous ces peuples, qui le prièrent avec de grandes instances , qu'il eût à revenir au plus tôt chez eux, puisque sa maladie l’obligeait de s’en retourner. Le Père, de son côté, leur témoigna l’affection qu’il leur portait, la satisfaction qu'il avait d’eux, et leur donna parole que lui ou un autre de nos Pères reviendrait pour continuer celte Mission si heureusement commencée. Ce qu’il leur promit encore à diverses reprises en se séparant d'avec eux pour se mettre en chemin; ce qu’il fit avec tant de
marques d'amitié de la part de ces bonnes gens, qu'ils voulurent l'accompagner par honneur pendant plus de trente lieues de chemin, se chargeant à l’envi l’un de l’autre de son petit bagage.
SECTION Il
Le Père est contraint de quitter sa Mission des Illinois ; sa dernière maladie ; sa précieuse mort au milieu des forêts.
Après que les Illinois eurent pris congé du Père, remplis d’une grande idée de l'Évangile, il continua son voyage et se rendit peu après sur le lac des Illinois, sur lequel il avait près de cent lieues à faire par une route inconnue, et où il n'avait jamais été, parce qu'il était obligé de prendre du côté du sud de ce Jac, étant venu par celui du nord. Mais ses forces diminuèrent de telle façon, que ses deux hommes désespérèrent de le pouvoir porter en vie jusqu’au terme de leur voyage; car, de fait, il devint si faible et si épuisé, qu’il ne pouvait plus s’aider, ni même se remuer, et il fallait le manier et le porter comme un enfant. |
Cependant, il conservait dans cet état une égalité d'esprit, une résignation , une joie et une douceur admirables, consolant ses chers compagnons, et les encourageant à souffrir courageusement toutes les
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fatigues de ce voyage, dans l'assurance qu’il leur donnait que Notre-Seigneur ne les abandonnerait pas après sa mort, Ce fut pendant celte navigation qu’il commença à s’y préparer plus particulièrement : il s’entretenait par divers colloques, tantôt avec Notre-Seigneur, tantôt avec sa sainte Mère, ou avec son Ange gardien, ou avec tout le paradis; on l'entendait souvent répéter ces paroles : Credo quod Redemptor meus vivit, ou bien : Maria Mater gratiæ, Mater Dei, memento mei. Outre sa lecture spirituelle qu’on lui faisait tous les jours, il pria sur la fin qu'on lui lût sa méditation de la préparation à la mort, qu'il portait sur soi ; il récitait tous les jours son bréviaire, et quoiqu'il fût si bas que sa vue et ses forces étaient beaucoup diminuées , il ne cessa point, jusqu’au dernier jour de sa vie, après que ses gens lui en eurent fait scrupule.
Huit jours avant sa mort, il eut la pensée de faire de l'eau bénite, pour lui servir pendant le reste de
sa maladie, à son agonie et à sa sépulture , et il ins- .
truisit ses compagnons comment ils en devaient user.
La veille de son trépas, qui fut un vendredi, il leur dil tout joyeux que ce serait pour le lendemain. IL les entretint pendant tout ce jour de ce qu'il y
avait à faire pour son enterrement, de la manière
dont il fallait l’ensevelir, de la place qu'il fallait choisir pour l’enterrer, comment il lui faudrait ac-