‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme]Chapitre 64 sur 88 · P. JACQUES MARQUETTE · texte numérisé non relu

P. JACQUES MARQUETTE

Mon RÉVÉREND PÈRE,

Pax Christi.

Ayant été contraint de demeurer à Saint-François tout l’été, à cause de que.que incommodité, en ayant été guéri dès le mois de septembre, jy attendais l’arrivée de nos gens au retour de là bas pour savoir ce que je ferais pour mon hivernement, lesquels m'apportèrent les ordres pour mon voyage à la Mission de la Conception des Illinois; ayant satisfait aux sentiments de Votre Révérence pour les copies de mon journal touchant la rivière de Mississipi, je partis avec Pierre Porteret et Jacques.

Le 25 octobre 1674, sur le midi, le vent nous contraignit de coucher à la sortie de la rivière, où les Pouteouatamis s’assemblaient, les anciens n’ayant

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LETTRE ET JOURNAL DU P. MARQUETTE. 349 pas voulu qu’on allât du côté des Illinois, de peur que la jeunesse, amassant des robes avec les marchandises qu’ils ont apportées de là bas, et chassant le custor, ne voulût descendre, le printemps, qu'ils croient avoir sujet de craindre les Nadouessis.

26 octobre. Passant au village, nous n’y trouvâmes plus que deux cabanes, qui partaient pour hiverner à la Casparde; nous apprîmes que cinq canots de Pouteouatamis et quatre d’Illinois étaient partis pour aller aux Kaskaskia.

27. Nous fûmes arrêtés le matin par la pluie; nous eûmes beau temps et calme l’après-dînée que nous rencontrâmes dans l’anse à l’Esturgeon les Sauvages qui marchaient devant nous.

28. On arriv: au portage; un canot qui avait pris le devant est cause qu'on ne tue point de gibier; nous commençons notre portage et allons coucher de l’autre bord, où le mauvais temps nous fait bien de la peine. Pierre n’arrive qu’à une heure de nuit, ne s’'égarant pas d’un sentier où il n’avait jamais été. Après la pluie et le tonnerre, il tombe de la neige.

29. Ayant été contraints de changer de cabanage, on continue de porter les paquets; le portage a près d'une lieue, et assez incommode en plusieurs endroits; les [llinois s'étant assemblés le soir dans notre cabane demandent qu’on ne les quitte pas. Comme nous pouvions avoir besoin d’eux, et qu’ils connaissent mieux le lac que nous, on leur promet.

30. Les femmesillinoises achèvent le matin notre portage, on est arrêté par le vent; il n’y a point de bêtes.

31. On part par un assez beau temps, et l’on vient coucher à une petite rivière; le chemin de l'anse à l'Esturgeon par terre est très-difficile; nous n'en marchions pas loin, l'automne passé, lorsque nous entrâmes dans le bois. |

{* Novembre. Ayant dit la sainte messe, on vient coucher dans une rivière, d’où l’on va aux Pouteouatamis par un beau chemin; Chachagouestiou, Illinois, fort considéré parmi sa nation, à raison en partie qu'il se mêle des affaires de la traite, arrive la nuit avec un chevreau sur son dos, dont il nous fait part.

2. La sainte messe dite, nous marchons toute la journée par un fort beau temps ; on tue deux chats qui n’ont quasi que de la graisse.

3. Comme j'étais par terre, marchant sur beau sable, tout le bord de l’eau était d'herbes semblables à celles qu'on pêche aux rets, à Saint-Ignace ; mais ne pouvant passer une rivière, nos gens y entrent pour m’embarquer; mais on n’en put sortir à cause de la lame. Tous les autres canots passent, à la réserve d'un seul qui vient avec nous.

4. On est arrêté. Il y a apparence qu’il y a quelque ile au large, le gibier y passant le soir.

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