‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme]Chapitre 66 sur 88 · Nous partimes heureusement pour venir à la · texte numérisé non relu

Nous partimes heureusement pour venir à la

i étaient fort prairies. Un abanes, nous ain avec lui; ; c'étaient des f cabanes, less pour pouvoir possibles à des ns des chemins s de ruisseaux, >s-mal cabanés, x où ils se rent, nous remarttures au large, ce fut là que je ventre.

de sortir de la eues, nous troudes bœufs, el age ; nous fümes mes prodigieuses

Sauvages pour

tant embarqués, ne pointe pour pourguignons.

pour venir à la

: DU P. MARQUETTE. 323 rivière du portage , qüi était gelée d’un demi-pied où il y avait plus de neige que partout sitoitée . . : . aussi plus de piste de bêtes et de coqs e - navigation du lac est assez belle d’un portage à autre, 1 yayant aucune traverse à faire, et pouvant mettre à terre partout, moyennant on ne soit point opiniâtre à marcher dans les lames et de sat vent. Les terres qui le bordent ne valent En excepté quand on est aux prairies ; on trouve h it où dix rivières assez belles ; la chasse du chevrear à très-belle à mesure qu’on s'éloigne Mn Cab, 12. Comme on commençait hier à traîner bu approcher du portage, les Illinois ayant vit l Pouteouatamis arrivèrent avec bien de la de N de ne pûmes dire la sainte messe le jour de la Coû tion , à cause du mauvais temps et du froid Dit notre séjour à l’éntrée de la rivière, Pierre et Jac ne tuèrent trois bœufs et quatre chevreaux, dont Pin courut assez loin, ayant le cœur coupé én deux On se contenta de tuer trois ou quatre coqs d'Ind de plusieurs qui venaient autour de notre cabane eu qu'ils mouraient quasi de faim. Jacques a ut perdrix qu’il avait tuée, semblable en lont à A de de excepté qu'elle avait comme deux Ms OI dû quatre ailes, longues d'un doigt proch h tête, dont elles couvrent les deux côtés du * x n’y a point de plumes. RER

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14, Étant cabanés proche le portage, à deux lieues dans la rivière, nous résolûmes d’hiverner là, étant dans l'impossibilité de passer outre, élant trop embarassés, et mon incommodité ne me permettant pas de beaucoup fatiguer. Plusieurs Illinois passèrent hier pour aller porter leur pelleterie aux Naouaskingoues, auxquels on donne un bœuf et un chevreau, queJacques avail tués le jour d’auparavant. Je ne pense pas avoir vu de Sauvages plus affamés de pétun français qu'eux ; ils vinrent jeter à nos pieds des castors pour en avoir quelque bout; mais nous leur rendimes en leur en donnant quelques pipes, parce que nous n'avions pas encore conclu si nous passerions outre.

15. Chachagouessiou et les autres Illinois nous quittèrent pour aller trouver leurs gens, et leur donner les marchandises qu’ils avaient apportées pour avoir leur robes; en quoi ils se gouvernent comme les traiteurs, et ne donnent guère plus que les Français ; je les instruisis avant leur départ, remettant au printemps de tenir conseil quand je serais au village. Ils nous traitèrent trois belles robes de bœuf pour une coudée de pétun, lesquelles nous ont beaucoup servi cet hiver; étant ainsi débarrassés, nous dimes 1 messe de la Conception : depuis le 14, mon incommodité se tourna en flux de sang.

30. Jacques arriva du village des Illinois, qui n'était qu’à six lieues d'ici, où ils avaient faim, le froid et la neige les empêchant de chasser. Quelques-uns

, à deux lieues erner là, étant étant trop empermettant pas inois passérent aux Naouaskinet un chevreau, vant. Je ne pense s de pétun franpieds des casiors us leur rendimes parce que nous passerions outre. res Illinois nous rens, etleur donit apportées pour puvernent comme lus que les Franart, remettant at serais au village.

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ayant averti la toupine ct le chirurgien que nous étions ici, et ne pouvant quitter leur cabane, avaient tellement donné la peur aux Sauvages, eroyarit ue nous aurions faim demeurant ici, que Jacques sh bien de la peine d'empêcher quinze jeunes gens de venir pour emporter toute notre affaire.

16 janvier 1675. Aussitôt que les deux Français surent que mon mal m’empêchaïit d'aller chez exit le chirurgien vint ici avec un Sauvage pour n apporter des bluets et du blé. Ils ne sont qu’à dix huit lieues d'ici, dans un beau lieu de chasse pour sh bœufs et les chevreuils et les coqs d'Inde sh s , excellents. Ils avaient aussi amassé des séries “ pe é attendant, et avaient fait entendre aux Sauvages . me cabane était à la Robe noire, et on sn dire gs ils ont fait et dit tout ce qu'on pouvait care deux, Le chirurgien ayant ici séjourné pour faire ses dévotions, j'envoyai Jacques avec lui pour di " aux Illinois qui étaient proche de là, que mon ibn mpdé promet de les aller voir, et que j'aurais ue Ja'peine d’y aller, le printemps, si elle con-

24. Jacques retourna, avec un sac de blé et d’autres rafraiphissements que les Français lui avaient donné pour moi. Il apporta aussi les langues et de la viande de deux bœufs qu’un Sauvage et lui avaient lués proche d'ici; mais toutes les bêtes se sentent du mauvais temps,

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- 26. Trois Illinois nous apportèrent de la part des anciens trois sacs de blé, de la viande sèche, des citrouilles et douze castors : 1° pour me faire une natte, 2° pour mé demander de la poudre, 3° pour que nous n’eussions pas faim, 4° pour avoir quelque peu de marchandises. Je leur répondis premièrement que j'étais venu pour les instruire, en leur parlant de la Prière, etc.; deuxièmement que je ne leur donnerais point de poudre, puisque nous tâchions de mettre partout la paix, et que je ne voulais qu’ils commençassent la guerre avec les Miamis ; troisièmement que nous n’appréhendions point la faim ; quatrièmement que j'encouragerais les Français à leur apporter des marchandises, et qu’il fallait qu’ils satisfissent ceux qui étaient chez eux pour la rassade qu'on leur avait prise, dès que le chirurgien fut parti pour venir ici. Comme ils étaient venus de vingt lieues, pour les payer de leur peine et de ce qu’ils m’avaient apporté, je leur donnai une hache, deux couteaux, trois jambelles, dix brasses de rassade, et deux miroirs doubles, et leur disant que je tâcherais d’aller au village seulement pour quelques jours si mon incommodité continuait ; ils me dirent de prendre courage de demeurer et de mourir dans leur pays, et qu’on leur

avait dit que j'y resterais pour longtemps.

9 février. Depuis que nous nous sommes adressés

à la sainte Vierge Immaculée, que nous avons com-

méncè une neuvaine par une messe à laquelle Pierre

de la part des e sèche, des cifaire une nalte, e, 3° pour que oir quelque peu emièrement que ur parlant de la e leur donnerais hions de mettre qu'ils commenoisièmement que ; quatrièmement leur apporter des s satisfissent ceux > qu'on leur avait ti pour venir ici.

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sommes adressés

> à laquelle Pierre

nous avons COM- |

et Jacques, qui font tout ce qu'ils peuvent pour me soulager, ont communié pour demander à Dieu la santé, mon flux de sang m'a quitté, il ne me reste qu’une faiblesse d'estomac; je commence à me porter beaucoup mieux et à reprendre mes forces; d’une cabane d’Illinois qui s’était rangée proche de nous depuis un mois, une partie ont repris le chemin des Poux, et quelques-uns sont encore au bord du lac, où ils attendent que la navigation soit libre, Ils emportent des lettres pour nos PP. de Saint-François- Xavier. |

20. Nous avons eu le temps de remarquer les ma rées qui viennent du lac, lesquelles haussent et baissent plusieurs fois par jour, et quoiqu'il n'y paraisse aucun abri dans le lac, on a vu les glaces aller contre le vent ; ces marées nous rendaient l’eau bonne ou mauvaise, parce que celle qui vient d'en haut coule des prairies et de petits ruisseaux. Les chevreuils, qui sont en quantité vers le bord du lac, sont si maigres qu'on a été contraint d'en laisser quelques-uns de ceux qu’on avait lués.

23 mars. On tue plusieurs perdrix, dont il n’y a que les mâles qui aient des aïilerons au cou, les femelles n’en ayant point. Ces perdrix sont assez bonnes, mais non pas comme celles de France.

30. Le vent du nord ayant empêché le dégel jusqu'au 25 de mars, il commença par un vent de sud. Dès le lendemain le gibier commença de paraître.

On tua trente tourtres que je trouvai meilleures que celles de là-bas, mais plus petites, tant les vieilles que les jeunes. Le 28 les glaces se rompirent et s’arrêtèrent au-dessus de nous; le 29 les eaux crurent si fort, que nous n’eûmes que le temps de décabaner au plus tôt, mettre nos affaires sur des arbres, et tàcher de chercher à coucher sur quelque butte, l’eau nons gagnant presque toute la nuit; mais ayant un peu gelé, et étant diminuée, comme nous élions auprès de nos paquels, la digue vient de se rompre, et les glaces à s’écouler; et parce que les eaux remontent déjà, nous allons nous embarquer pour continuer notre route.

La sainte Vierge Immaculée a pris un tel soin de nous durant notre hivernement, que rien ne nous à manqué pour les vivres, ayant encore un grand sac de blé de reste, de la viande et de la graisse; nous avons aussi vécu fort doucement, mon mal ne m’ayant point empêché de dire la sainte messe tous les jours; nous n’avons point pu garder du carême que les vendredis et samedis.

31. Étant hier parti, nous fimes trois lieues dans la rivière en remontant sans trouver aucun portage, on traîna peut-être environ un demi-arpent. Outre cette décharge, la rivière en a une autre par où nous devons descendre, il n’y a que les terres bien hautes qui ne soient point inondées; celle où nous sommes a cru plus de douze pieds. Ce fut d'ici que nous com-

eilleures que it les vieilles pirent et s'ar- Lux crurent si de décabaner arbres, et tàue butte, l'eau mais ayant un nous étions au- , se rompre, €t »g eaux remonser pour conli-

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DU P. MARQUETTE. 329 mençâmes notre portage, il y a dix-huit mois. Les outardes et les canards passent continuellement, on

s’est contenté de sept; les glaces qui dérivent encore

nous font ici demeurer, ne sachant pas en quel état est le bas de la rivière.

1°" avril. Comme je ne sais point encore si je demeurerai cet été au village ou non, à cause de mon flux de ventre, nous laissons ici une partie de ce dont nous pouvons nous passer, et surtout un sac de blé, tandis qu'un grand vent de sud nous arrête; nous espérons aller demain où sont les Français, distant de quinze lieues d'ici.

6. Les grands vents et le froid nous empêchent de marcher ; les deux lacs par où nous avons passé sont pleins d’outardes, d’oies, de canards, de grues et d’autres gibiers, que nous ne connaissons point. Les rapides sont assez dangereux en quelques endroits; nous venons de rencontrer le chirurgien avec un Sauvage qui montait avec une canotée de pelleterie; mais le froid étant trop grand pour des personnes qui sont obligées de traîner les canots dans l’eau, il vient de faire cache de son castor et retourne demain au village avec nous. Si les Français ont des robes de ce pays ici, ils ne les dérobent pas, tant les faligues sont grandes pour les en tirer,

Suscription du P. Marquette.

A mon Révérend Père le P. Claude Dablor supérieur des Missions de la compagnie de Jésus en la nouvelle France

à Québec.

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