Registre des dépèches, année
mer d'ap pren brut
nac. Dans une eur on lit :
ques la liberté les obliger de ys leur donner sant dans leur \ Québec, si ce i doivent être
désirait seulere au gouverit pour des Mispire où il com-
que les Jésuites qu'ils les éloivient plusieurs justice. Car il est 5 premiers misœuvre avec zèle d’unir par des ais; mais qu'ils s d'y renoncer.
nt impossible ; elle est pérempt à l'éducation mes, et s'il se es avaient enfilles Sauvages, e vie réglée et ns, des veilles, enfance ?
e. à ce sujet des in, son fils, à la se très-difficile, de civiliser les
LES MISSIONNAIRES AU POINT DE VUE POLITIQUE. dÿ17
Sauvaeses, nous en avons l'expérience plus que tout autre. Nous avons eu des Huronnes, des Alyonquines, des Iroquoses; celles-ci sont les plus jolies et les plus dociles de toutes. Je ne sais si elles seront plus capables d’être civilisées que les autres; je n’attends pas cela d'elles, car elles sont Sauvages, et cela suffit pour ne pas l'espérer !. » Dans une autre lettre à son fils, du 26 octobre de la même année, elle lui mandait : « Monseigneur notre prélat entretient en sa maison un certain nombre de jeunes garçons Sauvages el autant de Français, afin qu'étant élevés et nourris ensemble, les premiers prennent les mœurs des autres et se francisent, Les Révérends Pères font de même; messieurs du séminaire de Montréal vont imiter. Et quant aux filles, nous en avons aussi de Sauvages avec nos pensionnaires françaises pour la même fin. Je ne sais à quoi tout cela se terminera, car, pour vous parler franchement, cela me paroit très-difficile. Depuis tant d'années que nous sommes établies en ce pays, nous n’en avons pu civiliser que sept ou huit qui aient été francisées ; les autres, qui sont en grand nombre, sont toutes retournées chez leurs parents, quoique très-bonnes chrétiennes. La vie sauvage leur’ est si char-
pouvoir captiversaux façons d'agir des Français, qu'ils esti= ment indignes d'eux, qui font gloire de ne point travailler qu'à la chasse, ou à la navigation ou à la guerre... Tout autre ouvrage leur paroit bas et indigne d'eux. Les enfants apprennent tout cela quäsi dès la naissance. Les femmes et les filles canotent comme les hommes. Jugez de cela s'il est aisé de les changer, après des habitudes qu'ils contractent dès l'enfance et qui leur sont comme naturelles ?. »
Un autre empêchement à la civilisation des Sauvages, le plus grand et le plus insurmontable, se trouvait précisément dans leur communication avec les Français. Au lieu d'apprendre à leur école à devenir des hommes, ils n’y apprenaient tout au contraire qu’à devenir des furieux ou des brutes.
1. Lettres historiques ; lettre LXXVIIE p. 627. 2. Ibid., lettre LXXX. p. 632.
mante , à cause de sa liberté, que c’est um miracle de lés:
am er mean conan emma
La Mission de Sauvages Algonquins, établie par les Jésuites D
à Sillery, en avait fait la triste expérience. Les commuünica- L'i tions fréquentes que ces indigènes, devenus chrétiens , ll avaient avec les colons, ruinèrent entièrement cette chré- ou tienté naissante. Les mauvais exemples des Français, et sur- de tout les liqueurs fortes qu'ils livraient aux Sauvages, les D démoralisèrent et les abrutirent tout à fait. Le plus grand les nombre de ces malheureux périrent par suite d'excès dans écc l'usage de l'eau-de-vie ; les autres se sauvèrent dans les bois, en où ils reprirent leur "vie errante et sauvage. Les Jésuites un français du Canada, comme leurs confrères espagnols du tou
Paraguay, agissaient donc avec sagesse, lorsque, instruits ron par l'expérience, ils tâchaient de rendre difficiles les rap- ils ports de leurs néophytes avec les Européens.
. Un des successeurs de M. de Frontenac dans le gouverne- et . ment du Canada, M. de Dénonville, donnait en peu demots W €h une réfutation complète des reproches faits à ce sujet aux Æ qi Jésuites. 11 écrivait au ministre de la marine, en 1685 : «On M 4% a cru longtemps.qu'il falloit approcher les Sauvages de nous R pour les franciser; on a tout lieu de reconnoître qu'on se Æ Pc trompoit,: Ceux qui se sont approchés de nous ne se sont miss
rendus. Fränçois, et les François qui les ont hantés sont devenus Sauvages !, »
Le “projet d'amener. les Sauvages à vivre à l'européenne avait été plusieurs fois repris et abandonné. Voici comment l'historien du Canada, M. Gäfnéau, en raconte le dernier résulat. « Il avait été, dit-il, souvent question à Paris de franciser les Sauvages ; Talon avait été chargé d’engager les missionnaires d'entreprendre cette œuvre difficile, en enseignant le français aux enfants des aborigènes et en les accoutumant à vivre à la manière des Européens ?. »
M. de Frontenac poursuivit ce dessein avec zèle, et reprocha plus d'une fois aux Jésuites leur froideur à le seconder. Cependant, en la même année 1679, où le gouver-
que fl’
1. Archives des Colonies. — Voir le Canada sous la domination bable française, par M. Dussicux. p. 39. 8.