‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme]Chapitre 78 sur 88 · Histoire du Canada, t. 1, p. 195. D la lett · texte numérisé non relu

Histoire du Canada, t. 1, p. 195. D la lett

neur portait ses plaintes à la Courcontire les missionnaires, l’intendant, M. Duchesneau, lenait un langage tout différent. IL écrivait au ministre, le 19 novembre 1679 : « Les Jésuites, outre la Mission des Iroquois retirés à la prairie de la Magdeleine, près de Montréal, qui est très-florissante, trèsnombreuse, et où, suivant les intentions de Sa Majesté et les ordres que vous m'avez envoyés, ils ont aussi établi une école pour instruire et franciser les enfants ee ont encore celle des Hurons de Lorette, proche de Qu une autre commencée à Sillery pour les Abét toutes celles des nations montagnaises, doc, huronnes, iroquoises, outaouaises, illinoises, parmi lesquelles ils demeurent !, »

Quoi qu'il en soit, malgré les instances au gouverneur et les ellorts des missionnaires, « toutes les tentatives échouèrent, conclut M. Garneau, et on abandonna un projet qui ne présentait que des dangers, parce que la barbarie est aussi tenace que la civilisation dans ses usages ?. »

Reprenons la suite des accusations de M. de Frontenac. « Pour vous parler franchement, écrivait-il au ministre, ces missionnaires songent autant à la conversion du castor qu'à celle des dmes, car la plupart de leurs Missions sont de pures [A moqueries, et je ne crois pas qu'on leur düt permettre de les lle étendre plus loin, jusqu'à ce que l’on vit en quelque lieu une 18 Église mieux formée. » LL

Pouf le reproche de commerce, il ne nous reste rien à [1 et il faut seulement pardonner à M. de Frontenac un LL

pa \es Jésuites s commuünicaus chrétiens , ent cette chré-

rançais, et sur- Sauvages, les

, Le plus grand te d'excès dans nt dans les bois, ge. Les Jésuites 8 espagnols du r'sque;, instruits ifficiles les rapans le gouvernet en peu dé mots s à ce sujet aux 1e, en 1685 : «On Sauvages de nous nnoître qu'on $e nous ne se sont i les ont hantés

e à l'européenne nné. Voici comi, en raconte le uvent question ù t été chargé d'ente œuvre difficile, aborigènes et en Européens ?. »

avec zèle , et refroideur à le se- 19, où le gouvel-

or Lohies des Calonies, année 1679.

#0 hote ajoute que ce fut sur la représentation de M. de “dent-Colbert reconnut. la sugesse. Il nous semble que l'his-

rien, .ordintirement si exact, confond ici les temps et les pers pninês, e. ne fut point sous M. de Tracy, en 1667, ni sous lé nd > "alors ministre de la marine, mais sous Colbert de Seignelay, qui rémplaça son père dans ses fonctions de ministre, que l’on renonça au projet de franciser les Sauvages, et ce fut probablement sur les représentations de M. de Dénonville. 3. Les mots en caractères italiques sont écrits en chiffres dans la lettre originalé qui se conserve aux archives des colonies.

h sous la domination

mouvement d'humeur‘. 4 n'en est pas de même de l'insinuation perfide et cruellement injuste contre les Missions dés Jésuites, qui ne seraient que de pures moqgueries. 11 ne s’agit pas ici de savoir si le succès a toujours répondu aux efforts des missionnaires; il suffit de constater que ces hommes apostoliques n'épargnaient rien, et surtout ne s’épargnaient pas eux-mêmes, pour gagner les Sauvages à Dieu et par suite à la Colonie. Personne ne peut le nier. Si maintenant on cherche le résultat de leurs travaux, certes il n'est pas à dédaigner ?. Plus tard, M:-.de Frontenac pourra s'en convaincre. -Lorsqu'en 1690, renvoyé au Canada pour en être de nouveau le gouverneur , M. de Frontenac se vit tout à la fois attaqué par les Anglais, les lroquois et d’autres tribus sauvages, sans ‘pouvoir obtenir aucun secours de la Mère-patrie; qui lui vint en aide dans ce danger imminent, qui l'aida puissamment non-seulement à faire tête à tous ces ennemis, mais même à reprendre l'offensive et à rétablir en ces contrées la réputation du drapeau français? Ce fut sans nul doute la constante coopération des Sauvages chrétiens, et surtout des Abénaquis, que les Jésuites venaient de convertir et d'attacher pour jamais à la cause de la France dans l’Amérique du Nord.

Le reste de l'accusation, malgré quelques correctifs, ne tendait à rien moins qu'à paralyser les efforts des missionnaires dans la conversion des Sauvages; car comment voulait-on qu'ils établissent des Églises mieux formées, si cela devait se faire au milieu des Français, quand les Français, parleurs mauvais exemples et la vente des liqueurs fortes, détrui-

t. M. de Frontenac n'avait-il pas à se reprocher lui-même un commerce illicite, plutôt que d'en accuser injustement de :pieux missionnaires qui avaient quitté, la plupart, de grands biens pour venir se dévouer à une vie de privations et de sacrifices? (Voir aux Archives de la marine les dépéches du roi et les lettres des minis : tres à M. de Frontenac à ce sujet.)

2. On peut consulter dans le premier volume les Relations des années 1672, 1673, qui est précisément l’époque où M. de Frontenac écrivait ces lignes inqualifiables,

Page 1