‹ Relations inédites de la Nouvelle-France (1672-1679) [microforme]Chapitre 85 sur 88 · Histoire du Canada, t. 1, Liv. 1v, ch. 113 p · texte numérisé non relu

Histoire du Canada, t. 1, Liv. 1v, ch. 113 p

9, M. Talon écrivait à Colbert le 4° novembre 1671 @ll y a trois mois que j'ai fait partir avec le P. Albanel, : Jésuite, He sléur de Saint-Simon; ils doivent pousser jusqu'à la baie d'Hudsün. » (Archives de la Marine, année 1671.) à

nquine devant et idiome. Sa \ de différentes me blanc t les igan, les Outat du lat Michi- Criques par les rd, les llinois ntes moissons, uence du saint iements sur les surs différentes chés, lui dirent rfs, ét qu'ils ocin grand fleuve 8 cétte contrée, dans ce voyage, »

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C'était à M. Jolliet ét aû P; Marquette que devait revenir la gloire dé cette importante découverte. M. Jolliet, né à Québec en 1648, et élève des Jésuites, était Hé particulièrement avec le P. Marquette. L'un avait été choisi pat MM. de Frontenäc et Talon pour cette grande entreprise, l'autre y était poussé par le zèle et le désir de conquérir de nouvelles nations à Jésus-Christ. Partis aû printemps de l'année 1673 , ils atteignirent le Mississipi lé 17 juin, puis ils descendirent le fleuve près de deux cents lieues, traversèrent ën passant le pays dés Illinois et arrivèrent jusqu'aux Arkansas, vers le 33° degré dé latitude. Là ils s'arrêtèrent, revinrent sur leurs pas, et remontant la rivière et lé lac Michigan, ils régagnèrent le Canada. Jolliet reçut de magnifiques récompenses ; pour le P. Marquette, il mourut deux ans après, sur lés bords du lac Michigan , au retour d'un second voyage qu'il avait entrepris chez les Illinois. « Ainsi, dit M. Garneau, sé termina, dans le silence des forêts, la vie d’un homme dont le nom retentit aujourd'hui plus souvent dans l’histoire que celui de bien des personnages qui faisaiént alors du bruit sur la scène du monde, et qui sont ques jamais oubliés ? « Ici M. Garneau fait observer que

. Guérin prétend que, suivant certaines autorités, la Salle aurait descendu, de l'an 1669 à l'an 1671, le Mississipi jusqu'aux Arkansas par l'Ohio. Mais , ajoute l'historien du Canada, « il ne peut y avoir de doute à ce sujet 5. »

1. Les anciens missionnaires disaient Kikabons. 2. Ibid., p. 236.

8. Ibid., note. — Le P. Hennepin raconte que dès l'année 1679 la Salle se disposait à Visiter le Mississipi, rnais que, étant artivé sur la rivière Seignelay (rivièré des lilinois), des raisons graves l'obligeant à retoufner aù fort de Frontenac (Katarakoui), il chârgea le P. Heñhépin de reconnaître le Mississipi. (Description de la Louisiane, etc., par le P. Hennepin, in-12, Paris, 1683,

Et en effet, comment pourrait-on supposer raisonnable- : ment que la Salle ait vu les rives du Mississipi avant l'an- , née 1682, qui est, comme on le sait, l'époque de son premierkvoyage sur cette rivière ? Comment, s'il avait Île premier découvert ce grand fleuve dont on s'occupait tant alors, n’en aurait-il parlé à personne? Eh bien ! il n’en dit mot ; pas même à M. de Frontenac, son protecteur déclaré; et Celui-ci a pu écrire au ministre, en 1674, que le sieur Jolliet, qu'il'avait envoyé à la découverte de la mer du Sud, avait trouvé une grande rivière qui va du nord au sud et qui est aussi large que celle du Saint-Laurent vis-à-vis de Québec !. La Salle ne dit mot de sa prétendue découverte au ministre du roi, quand il est en instance pour obtenir de grands priviléges, une commission importante ; et certes, c'était bien le cas d'en parler. Or, maintenant, de quel droit, à quels titres vieut-on revendiquer, en faveur de M. de la Salle, la possession d’un bien très-précieux, c'est-à-dire la gloire et les profits d'une découverte si importante, tandis que lui-même ne l'a jamais revendiquée de son vivant, quand il était opportun et facile de le faire? Du reste, ce n’est pas ici seulement un argument négatif ; il est très-positif, au contraire, que la Salle et ses amis ont gardé le silence sur un fait dont il est moralement certain qu'ils eussent parlé s'ils. eussent pu le faire avec justice et vérité. Concluons donc, d'accord avec l’impartiale histoire, que le mérite des entreprises et des découvertes de l’immortel de la Salle est déjà assez certain, assez relevé, pour qu'il ne soit pas nécessaire de lui en attribuer un qui soit faux et contr'ouvé, et qu’il aurait certainement répudié lui-même.

Un autre prétendant s'est mis sur les rangs pour la découverte du Mississipi, c'est le P. Louis Hennepin. Voici ce qu'écrit à ce sujet un auteur impartial, l'historien protestant des États-Unis : « Pendant l'absence d'Iberville, dit

p. 172). Ce ne fut qu'en 1682, raconte le même auteur, que la Salle atteignit ce grand flèuve et le descendit jusqu’à son embouchure (Jbid., p. 311.—Garneau, Histoire du Canada, t. 1, p. 244).

1. Lettre de M. de Frontenac au ministre de la marine, 14 novembre 1674.

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Bancroft, on vit se manifester les premiers symptômes de da jalousie que son entreprise causait à l'Angleterre. Déjà Hennepin, devenu le pensionnaire de Guillaume HI, avait publié son nouvel ouvrage dans lequel, afin d'enlever aux Français leur droit à la priorité dans la découverte du Mississipi, il réclamait pour lui-même, par le plus impudent mensonge, l'honneur de l'avoir descendw le premier, et introduisait frauduleusement , dans sa relation précédente, le récit de ce prétendu voyage sur le grand fleuve..."Si Hennepin n'eût eu d'autre amour que celui de la vérité, il eût laiséé dans l'histoire un nom glorieux et respecté; tandis qu'äujourd'hui ce nom ne rappelle que le souvenir, nonseulement d'un explorateur joyeux , ambilieux et intrépide, mais aussi d'un menteur vantard et fanfaron !. »

Une autre découverte importante, celle d'un courant d'eau ou d'une grande rivière par laquelle la Nouvelle- France pût communiquer avec l'océan Pacifique, occupa pendant plus d'un siècle les esprits et fut l'objet de plusieurs entreprises qui n'obtinrent leur entier résultat que vers la fin du dix-huitième siècle. Ce ne fut guère, en effet, que depuis l’année 1791 que l’on connut bien l’Orégon ou la Colombia, et que l'on put suivre son cours assez avant dans les terres. Mais alors les Jésuités n’existaient plus. 11 faut cependant avouer qu'ils avaient donné à ce projet si avantageux pour la France une coopération aussi zélée et aussi active que leurs fonctions apostoliques avaient pu le pérmettre.

M. de ja Véranderie s'étant chargé d'explorer la partie occidentale de l'Amérique jusqu'à l'océan Pacifique, il trouva des auxiliaires toujours dévoués dans les missionnaires Jésuites. Ce fut le P. de Gonnor qui, en 1732, se chargea de présenter et de faire agréer à la Cour les mémoires de la Véranderie. Celui-ci, d’après les renseignements qui lui avaient été donnés touchant une rivière qui coulait vers le couchant, croyait qu’en en suivant le cours * on parviendrait à l'océan Pacifique. Il appuyait son opi-

4, Bancroft , Hist. of the United States, tome 11, chap. xxr, p. 843. London, 1856.

nion sur l'autorité du P. de Gonrior qui pénsail commé lui, ét sur le sentiment du P. Guignas, habile mathématicien!, qui était d'avis que cé n'était point par le pays des Sioux, en allant au midi, mais par le pays des Cristinaux et des Assiniboëls, qui sont au Nord, qu'on réussirait mieux à trouver cette mer occidentale si désirée ?.

Dans.les diverses exeursions que fit à ce desséin M. de la Véranderie, il eut assez souvent des missionnaires pour associés à ses recherches et pour compagnons de ses voyages. Les PP. de Bonécamp et Messaiger lui prêtèrent leur concours ; et le P. Auneau ayant accompagné en 1736un des fils de M. de la Véranderie dans une de ces expéditions aventureuses, ils furent rencontrés par les Sioux qui les massacrèrent tous impitoyablement. Quelques jours après, cinq Canadiens trouvèrent leursrestes. Le missionnaire avait un genou en terre, une flèche dans la tête, la main gauche baissée contre terre, la droite élevée vers le ciel 5. »

M. de Beauharnais, pendant son gouvernement, avait cherché à imprimer un élan vers l'étude intérieure du pays, surtout en ce qui regardait la géographie et la lopographie; plusieurs Jésuites s'associèrent à cette utile entreprise. On trouve encore des traces de leurs travaux dans plusieurt Voyages scientifiques, composés par des mission: naires, entre autres par le P. de Bonécamp, qui avait été professeur d'hydrographie au collége de Québec ?.

Dans le même but, le P. Laure traçait, en 1731, la carte du Saguenay et celle du Domaine du roi au Canada, c'est-àdire de toute la contrée qui se trouve au nord du fleuve Saint-Laurent jusqu'au lac des Mistassins ". Quelques années auparavant, le P. Joseph Aubery avait composé une carté renférmant les pays situés au midi du Saint-Laurent, d’après le traité d'Utrecht, en 1713 ©,

. Le P. Guignas avait été professeur an collége de Québeé.

: Mémuire de M de la Véranderie, 1153 (dépôt de la marino). ; Archives du dépôt de la marine, Mémoit'es, j. Dépôt de la marinc, à Paris.

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Ce que le P. Auübery äväit tracé sur le papier, il avait conséillé de le rendre obligatoire par dés conventions réciproques entre le gouvernement du Canada ét celui de la Nouvelle-Angletérre. « IL avait proposé, dit M. Garneäu, de fixer la délimitation de cette frontière en tirant une ligné depuis Beaubassin jusqu'à la sourcé de la rivière Hudson ?. Ilparaît qu'il n’en fut plus question jusqu'à la guerre de 1744. Ce missionnaire canadien , illustré par la plume de Châteaubriand et pat le pinceau de Girodet, écrivait, en 1718, que l'Acadie se bornait à la Péninsüle , et que si l’on ne soutenait point les Sauvages, les Angldis porteraient bientôt leurs frontières jusque dans le voisigage de Québec et de Montréal. L'humble prédicateur avait prévu les prétentions du cabinet de Londres vingt-six ans avant qu'elles fussent mises au jour. Le gouvernement français avait commis une faute en ne distinguant pas, dès le principe, par une ligne de démiartation , chacune de ces provinces. Il n'y avait pas de limites tracées el connues entre l’Acadie et le Canada; les autorités canadiennes et celles dé l'Acadie âvaient fréquemment fait acte de juridiction pour les mêmes terres ?.»

Enfin, parmi les Jésuites qui ont illustré la Mission du Canada, et comme historiens et comme naturalistes, nous ne pouvons omettre les PP. Lafitau et Charlevoix. Le premier est connu par son savant ouvrage sur les mœurs des Sauvages Américains comparés aux mœurs des premiers temps, dans lequel les indigènes de la Nouvelle-France tiennent toujours la principale place. Ce missionnaire avait aussi acquis un autre droit à la reconnaissance publique par la découverte qu’il fit, en 1716, du Gin-Seng dans les forêts du Canada ÿ,

Le Gin-Seng, que les Chinois tiraient à grands frais du

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