‹ Relations intellectuelles avec les Centraux? "Écrasons l'Infâme."Chapitre 104 sur 196 · XI. 1920. Times · texte numérisé non relu

XI. 1920. Times

(1) Quel est le bilan de la « répression » anglaise en Irlande ? En 1920, les soldats anglais ont assassiné, en Irlande, 175 jeunes gens, 6 femmes, 12 enfants et 10 vieillards ! Parmi ces morts, aucun n'a été exécuté à la suite d'un jugement régulier ou au cours d'un conflit armé ! Les pertes entraînées par cette année de guerre civile sont de 5 milliards et demi de francs !

Pendant les pourparlers de décembre 1920 (dont l'initiative avait été prise par un archevêque australien), les Bachi-Bouzouks de M. L 1 o y d George violèrent 8620 domiciles, arrêtèrent 1,347 hommes et enfants, déportèrent 105 personnes, en blessèrent 72, brûlèrent 153 habitations, 3 laiteries coopératives, 8 fabriques, 24 hôtels de ville, 253 magasins, 88 fermes et tuèrent 52 citoyens irlandais dont un vieux prêtre, une femme sur le point d'être mère et treize prisonniers sans défense. Les blacks and hans, corps auxiliaires de police anglaise, recrutés parmi des officiers démobilisés, brûlent les fabriques et les laiteries coopératives pour atteindre la population agricole de l'Irlande dans son industrie vitale. Déguisés et masqués, ils font des raids nocturnes aux domiciles des sinn-feiners notoires et les tuent sans autre forme de procès, même lorsque ces sinn-fein ne sont coupables que de délit d'opinion. Il importe de noter que le peuple irlandais est le plus pacifique qui soit ; les crimes de droit commun sont à peu près inexistants en Irlande.

Il peut être intéressant de signaler que les troupes anglaises, pour brûler la ville de Cork, en 1920, se sont servies de grenades analogues à celles dont les Allemands firent usage à Louvain. Aussi les incendiaires furentils acclamés par les gendarmes royaux ! Quant à la Chambre des Communes, elle refusa une demande d'enquête ! Les soldats anglais ne valent pas mieux que les soldats allemands, français, turcs ou sénégalais, car ils s'amusent à terroriser et à tuer les civils sans aucune raison et ils incendient aussi les bibliothèques. En réalité, tous les militarismes se valent. L'esprit militaire est l'esprit du mal.

L'épiscopat belge s'est ému, à juste titre, de ces crimes et voici ce qu'il dit dans une lettre collective en réponse aux cris de détresse lancés par l'épiscopat d'Irlande :

Qu'est-ce donc que votre histoire [Irlandais], sinon le long calvaire d'un peuple sans cesse trahi, persécuté, spolié, affamé, mais indéfectible toujours dans sa foi et dans sa passion de la liberté ?

Env. 20. XI. 1920. Card. Mercier (1851/...) et les évêques belges.

Et voici un extrait d'une lettre d'un évêque français :

La France a toujours aimé l'Irlande. Il serait honteux que dans l'épreuve présente, le cœur de la France se crût enchaîné par une alliance politique et que la voix de sa commisération prudemment étouffée ne s'élevât pas en faveur de votre nation meurtrie... Le droit de disposer de leur destinée a été reconnu aux nationalités comme la nlus heureuse des conquêtes de la grande guerre. Que ce droit soit appliqué à l'Irlande !

En. 10.1.1921. Mgr. Castellan (évêque de Chamberry) au Card. Logue.

— ... Une femme irlandaise allaitant son enfant a été assassinée par des soldats anglais !

— Que voulez- vous ? C'est la guerre !

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