III. 1920. Fidelis (Van de Kerckhove
Oui, si la Belgique ne se ressaisit pas, au point de vue moral, elle sera broyée par
l'étranger et ce sera lustice !
Actuellement (mars 1921), on peut impunément, en Belgique, se livrer à des excitations publiques à la débauche. Le vice s'étale cyniquement en pleine lumière, il se vante de ses turpitudes, il se glorifie de son abjection.
A chaque coin, à chaque pas des grandes villes, surtout de la capitale, les yeux sont empoisonnés par des affiches scandaleuses, des gravures cyniques, des images obscènes, des réclames malpropres.
Un théâtre bruxellois, qui exploite les plus misérables instincts de la foule, répand à profusion et surtout aux portes des écoles, une affiche annonçant des « danses lascives au second acte ». Elle contient une illustration que la Rome des derniers Césars n'aurait tolérée que dans ses lupanars ! Mais on ne peut encore imaginer quelle ordure !
Il y a, dans la capitale, plusieurs milliers de bouquineries dont l'étalage, fait de livres immondes avec titres et dessins suggestifs, est un crime perpétuel contre la moralité publique (2) ! On exhibe le nu pour le nu,
(1) La natalité est encore beaucoup moindre à Liège, à Gand et surtout à Bruxelles, qu'à Paris ! Et le Congo ? Depuis le début de l'occupation belge, la population indigène de la Colonie a diminué de moitié; elle fléchit chaque année de plus en plus, minée par la grippe, la tuberculose, la maladie du sommeil et par autre chose encore. Tandis que les missionnaires catholiques consacrent leur vie à évangéliser les noirs, les fonctionnaires blancs « libres-penseurs » leur enseignent le mal sous toutes ses formes !
(2) Il n'y a pas de mauvais livres (!?). Il n'y a pas de mauvais journaux(!?). 20. III. 1921. J. Destrée (1863 /...).
M. Destrée ne craint pas de garnir les bibliothèques publiques (où la jeunesse a accès) de livres dont on a dit justement qu'ils « font pleurer les mères et travailler les juges » ! Joli ministre des Sciences et des Arts !
Pour bien compléter l'œuvre de démoralisation, un dignitaire de la Cour vient de décerner (mars 1921), au nom du Souverain, le titre de « fournisseur de la Cour » à une agence qui s'occupe spécialement de la vente •de brochures immondes !
sans même que l'art serve — comme jadis — de prétexte. Les enfants se pressent aux vitrines, les yeux dilatés par la curiosité malsaine, et les petites filles sont obligées de subir les éclaboussures de la vague de boue sans cesse montante !
Pourquoi donc l'administration des Chemins de Fer et celle des Postes se font-elles complices des pornographes (1) ? Depuis l'armistice, on a prétendu se livrer, en Belgique, à une « épuration » ! Mais n'est-ce pas plutôt favoriser le dévergondage que l'on a fait ? La justice, qui devrait sévir avec la dernière rigueur, ne fait rien ! La guerre l'a ramollie ! Que doit-on en penser à l'étranger ? Quant au bourgmestre, président de l'Association libérale et membre de l'Académie royale de Belgique (!); l'homme de la morale «neutre et civique», le cynique promoteur de la reprise des bacchanales, il s'inquiète bien de tout cela, lui ! Les infâmes corrupteurs de l'enfance opèrent à leur aise ; mais des chrétiens pacifistes, qui ont prêché la paix, comme S. S. B e n o î t XV, en 1917, sont voués aux gémonies ; on les malmène, on les torture, et plusieurs d'entre eux sont emprisonnés pour toute leur vie ! Morale païenne !
Si l'œuvre de désagrégation et de perversion, que l'on constate actuellement en Belgique, continuait, nos descendants retourneraient à un état à peu près semblable à la barbarie primitive. Il n'y a pas de pays où l'on puisse mieux se rendre compte qu'en Belgique de la régression morale produite par la guerre, qui a confondu les notions de justice et d'injustice, d'honnêteté et de malhonnêteté. La Société belge s'éloigne de plus en plus de Dieu et proscrit la morale qui procède de lui; notre pays devient une pépinière d'apaches, de profiteurs et de jouisseurs.
D'autre part, l'amour de l'argent s'étale, en Belgique, avec un cynisme insolent et se pratique par les moins avouables moyens. Les transactions commerciales se caractérisent pour beaucoup par le mépris le plus évident de la plus élémentaire loyauté. Des honnêtes gens eux-mêmes subissent le prestige de la fortune. La famille belge est dévastée. Des crimes s'y commettent avec une effrayante sérénité. L'autorité du père n'existe plus. La mère n'a plus ce rayonnement qui provoquait le respect. La famille est émancipée de toutes les « humiliantes servitudes » que lui imposait le catholicisme ! Mais c'est dans la jeunesse surtout que l'on constate le vide effrayant des âmes sans idéal.
Belges, cessons de dire nous-mêmes que nous valons mieux que les Allemands, car nous finirions par nous rendre ridicules et odieux. X.
[Actuellement, en BelgiqueJ l'immoralité suinte, l'enfance la plus précoce est contaminée. 11.1921. Gard. Mercier (1851/...).
Le niveau familial s'avilit ; nous descendons vers les sentines de l'immoralité païenne. IL 1920. Card. Mercier (1851/...). Le bel effet du militarisme !
— Et vous, qui faites ces citations, que pensez-vous de bon de la Belgique ?
(1) Le ministre « libéral » des Chemins de Fer vient de décider (mars 1921) que. dorénavant, des publications parisiennes illustrées, que ses prédécesseurs (catholiques) avaient bannies pour obscénité révoltante, ne sont plus interdites au transport. Faut-il s'étonner ? Mais non ! M.Neuj e a n est « libéral », ce qui, en Belgique, signifie : partisan criminel des plus criminelles licences.
— Elle a donné au monde : R u b e n s. Simon S t év i n, César- Franck, Ph. Gilbert et L. Henry !