IV. 1921. G. Loria
On ne saurait trop insister sur l'importance d'une œuvre [V Encyclopédie des sciences mathématiques] dans laquelle, en une si heureuse harmonie, viennent s'ajouter aux qualités spéciales de l'érudition allemande celles de la française (1). 1913. M. d'Ocagne (1862/...).
N'est-il pas prouvé d'une manière éclatante que Germains et Celtes ne sont qu'un, et combattent sur le champ de la science, avec les mêmes armes ! 12. VII. 1882. Ch. Hermite (1822/1901).
...Dans la sphère des rapports scientifiques entre V Allemagne et la France, certains signes annoncent qu'une paix réelle et générale va se conclure, pour restituer à la science son plus précieux privilège, de créer un lien d'estime et d'affection personnelle entre tous ceux qui s'y consacrent. 1875. Ch. Hermite (1822/1901) àP.Dubois-Reymond.
N'est-ce point un des plus beaux et des plus nobles privilèges de la science pure, que de faire oublier aux hommes les divisions nées, en ce bas monde, des imperfections de leur nature et du jeu de leurs passions, et de les arracher aux conflits qui en sont la suite, pour les unir tous, dans un effort qui ne connaît ni les frontières, ni les partis : la recherche de la vérité ? 1893. M. d'Ocagne (1862/...).
La science, principalement lorsqu'elle étudie la nature, est internationale. Tout effort pour interrompre l'amicale collaboration sur le terrain de la science doit être considéré comme une lourde erreur. Je ne doute pas qu'aussitôt venue la paix ardemment attendue, ces efforts seront à juste titre jugés comme les produits des conditions anormales actuelles et seront plongés dans un oubli bien mérité.
1915. Sv. Arrhénius (1859/...).
Nous soussignés, docteurs, principaux de collège, professeurs et autres membres influents de l'Université d'Oxford, nous venons à vous, [savants allemands], personnellement avec le désir de dissiper l'amertume des animosités, qui, sous l'impulsion du patriotisme, peuvent avoir surgi entre nous. Sur le terrain où nos buts sont uniques, notre enthousiasme le même, nos rivalités et nos ambitions de nature généreuse, nous pouvons sûrement chercher à nous reconcilier, et la fraternité de l'étude ouvre une voie qui peut — et qui doit, si nos idéals spirituels existent — conduire à une sympathie plus large et à une entente meilleure entre nos nations parentes. Octobre 1920. Université d'Oxford.
Nous sommes prêts à renouer les relations personnelles, rompues par la guerre, et à faire oublier, par un travail commun, ce qui, des deux côtés, a été écrit et dit d'offensant.
Env. 1. XI. 1920. Les savants allemands du Reichstag.
(1) Conséquence inattendue et ridicule de la rupture des relations intellectuelles entre la France et l'Allemagne et de la cessation de l'édition française de V Encyclopédie : tout le monde achètera l'édition allemande ! Il peut être intéressant de signaler que, fidèles à leur rôle de savants, plusieurs éminents géomètres italiens et douze parmi les meilleurs mathématiciens français ont signé des articles de V Encyclopédie parus pendant la guerre.
lies bruyants intellectuels qui s'insultent d'un camp à l'autre ne représentent... nullement [la pensée européenne]... Ces hommes se sont révélés indignes d'être les guides spirituels du genre humain... Les destins de l'humanité l'emportent sur ceux de toutes les patries. Rien ne saura empêcher les liens de se reformer entre les penseurs des nations ennemies. Celle qui s'y refuserait se suiciderait. Car par ces liens circule le flot de vie. 10. IV. 1915. R. Rolland (1866/...).
Ce serait une illusion de croire qu'on pourra se passer de l'apport des savants allemands (1). 1916. M. De Wulf (1867/...).
Les Belges n'ont aucunement l'intention de rejeter la science allemande.