‹ Relations intellectuelles avec les Centraux? "Écrasons l'Infâme."Chapitre 36 sur 196 · XI. 1917. G. Le Bon · texte numérisé non relu

XI. 1917. G. Le Bon

Paroles prophétiques !

Aux abords de Boncelles [près de Liège] le combat fut si acharné [en 1914J que sur le terrain, les cadavres formaient un tas de trois mètres de hauteur ! 1919. P. Gaultier.

En plein xxe siècle,, dans les régions où bat le cœur de la civilisation moderne, des hommes intelligents, honnêtes et accessibles à la pitié, sont convertis en valets de bourreaux par des autorités militaires..

1915. G. Kurth (1847/1916).

Le soldat obéit et ne réfléchit pas ; on lui fait croire que juger est une faute. L'esprit soldatesque serait anémié par la réflexion. Le soldat ne doit plus être un homme, mais un instrument sans pitié ; aucun sentiment ne doit faire dévier et ralentir son action ; il faut qu'à sa conscience individuelle soit substituée la conscience collective. Tout ce qui peut aider au succès est légitime ; tout ce qui peut l'entraver, illégitime. « Les intérêts militaires avant tout » ! Le commandement est donc sacré comme un dogme : le règlement es la bible du soldat. Les ordres des chefs sont impénétrables comme les secrets de Dieu. Et l'on voit cette chose déconcertante : des « libres-penseurs ». qui prétendent n'admettre aucun dogme et qui, en tout temps, refusent cyniquement d'obéir à Dieu et aux préceptes de la morale la plus élémentaire, consentir, sous l'influence, il est vrai, d'un instinct égoïste (le patriotisme), à exécuter bénévolement les ordres les plus criminels et les plus odieux. L.

Quand les soldats se sont bien pliés à l'obéissance passive, lorsque,, arrivés au point de renoncer à se servir des facultés supérieures qui distinguent l'homme, ils tuent sans émotion et sans scrupule, ils sont censés être arrivés à la perfection du métier. Il faut voir alors comme ils se croient d'autant plus méritants qu'ils s'enivrent davantage de destruction. 1870. P. Larroque (1803/79).

Tendre sa poitrine aux coups des autres, — oui; fusiller ses semblables, — jamais ! Ce n'est pas une défense, c'est une tuerie !

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