‹ Relations intellectuelles avec les Centraux? "Écrasons l'Infâme."Chapitre 35 sur 196 · C. Pecqueur · texte numérisé non relu

C. Pecqueur

[En 1794.] A Bruxelles un détachement [français] força les portes de l'église Sainte-Gudule, mit en pièces les châsses des saints, dont les ossements furent dispersés, fouilla les tombes, pilla les troncs, lacéra les tableaux des grands maîtres et foula aux pieds les hosties consacrées, tandis que d'autres soldats, revêtus des ornements sacerdotaux, parodiaient les cérémonies du culte et hurlaient des chansons obscènes.

Env. 1850. Cl.-J. Borgnet (1804/75), H.-J. Moke (1803/62).

[Pendant la guerre de 1914] nous avons vu des « poilus »... ne pas respecter la foi conjugale et ne point s'en cacher, et s'enivrer des soldats qui, dans la vie ordinaire, n'avaient jamais bu. « La débauche et le pinard », dans certains cas, ont permis de tenir. C'est ainsi que de braves bourgeois « qui n'auraient pas, comme on dit, fait de mal à une mouche », s'habituèrent à tuer sans scrupule et même avec frénésie, et que d'honnêtes pères de famille devinrent sanguinaires. 1919. P. Gaultier.

« Père, qu'est-ce que tu faisais pendant la grande guerre ? ».

1915. Affiches anglaises pour V enrôlement (1).

Dans les principes de la morale, un héros guerrier n'est qu'un monstre infâme. Abbé Prévost (1697/1763).

Au lieu de ces haines nationales qu'on nous inspire sous le nom de « patriotisme », au lieu de cette gloire attachée au meurtre, à la guerre, qu'on nous représente, dès l'enfance, comme quelque chose de superbe, il faut, au contraire, enseigner l'horreur et le mépris des carrières militaires, diplomatiques et politiques, qui servent à diviser les hommes.

1894. L. N. Tolstoï (1828/1911).

Pourquoi des parents, d'honnêtes gens, font-ils entrer leurs enfants dans des écoles militaires?... 1894. L. N. Tolstoï (1828/1911).

Des hommes qui, durant plusieurs années, auront été habitués aux pillages, aux incendies, aux massacres et au mépris de tout ce qu'ils avaient appris à respecter, ne se conduiront plus. comme ils se enduisaient avant la guerre. La courbe de la criminalité suivra pendant longtemps une marche ascendante chez les auteurs de tant de méfaits... Si fréquents que soient les combats, ils ne sont pas journaliers. Dans leurs

(1) Les Anglais auraient dû trouver cette propagande par voie d'affiches odieuse et offensante pour leur dignité.

intervalles, le soldat demeure forcément désœuvré. Il perd le goût du travail et contracte l'habitude d'être alimenté par l'Etat. Prolongé pendant des années, ce pli d'oisiveté sera ensuite malaisé à détruire... On peut dire qu'il sera bien difficile de rappeler à la vie paisible et au respect des lois des hommes dont le métier a été de tuer et de détruire,

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