‹ Relations intellectuelles avec les Centraux? "Écrasons l'Infâme."Chapitre 39 sur 196 · XII. 1914. R. Rolland · texte numérisé non relu

XII. 1914. R. Rolland

(3) Qu'un G. d'A n n u n z i o soit un militariste enragé, un patriotard, cela n'a rien d'étonnant ni de choquant. Car ce vaniteux, ce snob au monocle, ce « penseur médiocre » (comme tous les hommes d'épée) est — le R. P. H én u s s e. S. J., Fa bien dit (en 1914) — « le plus parfaitement étranger qu'il se puisse à l'esprit chrétien ».

(4) « T o 1 s t o ï, belle flamme d'idéal », dit le R. P. H é n u s s e, S. J. Le 25 novembre 1920, au Palais des Académies, à Bruxelles, nous eûmes la très grande joie d'entendre le savant et illustre orateur faire, devant un nombreux et sympathique auditoire, le plus vibrant éloge du grand penseur antimilitariste.

(5) En Russie, sous l'influence salutaire des écrits de Tolstoï, une secte s'est formée, dont les adhérents ont le courage singulièrement méritoire de refuser le service militaire. Pour leur punition, mais aussi pour leur gloire, ils meurent martyrs dans les prisons de Sibérie, victimes d'ignobles brutes militaristes ! Les nombreux chrétiens anglais qui, par scrupule de conscience, refusèrent, dès 1915, de tuer leurs semblables, furent envoyés à une mort certaine dans les tranchées de première ligne. Mais qui donc fit ce geste bestial ? L 1 o y d-G e o r g e, qui, avant d'être ministre des munitions, avait écrit cette belle pensée :

« Tous les pays du monde feraient mieux de jeter à la mer l'argent dépensé pour les armées, que de créer des instruments pour massacrer les gens ».

Voilà les crimes que l'intérêt personnel fait commettre aux grands hommes !

C'est évidemment aux chrétiens savants ou ayant quelque supériorité à donner le signal du refus de service militaire. îl serait à souhaiter que

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