DÉSARMEMENT
Rien n'est plus important que de préserver l'Europe du danger de la guerre; aussi, tout ce qui est fait dans ce but doit être considéré comme œuvre de salut public. 11. II. 1889. Léon XIII (1810/1903).
Disons : « qui veut la paix prépare la paix ». C'est à force de préparer la guerre, qu'on la rend inévitable. 31. I. 1920. P. Brulat (1866/...).
Refréner les instincts belliqueux, écarter les dangers de la guerre et même supprimer les soucis de ce qu'on a coutume d'appeler la paix armée, c'est une tâche très noble. 11. VII. 1911. Pie X (1835/1914).
(1) Nous entendons des contradicteurs : « La Belgique a été attaquée, elle devait se défendre ». Il s'agit bien de cela ici !? L'auteur de ces lignes ne vise pas tous les décorés de la guerre ! Il se fait même un scrupule de le dire ! Le lecteur de bonne foi ne pourra se méprendre au sujet de la catégorie spéciale de décorés qui sont visés dans le texte. Mais comme la calomnie fait feu de tout bois et qu'en ces temps de chauvinisme, elle règne souverainement, il convient d'éviter toute équivoque et de mettre les points sur les i. Nous sommes bien loin de manquer de respect aux soldats de la grande guerre jusqu'à nous comporter comme le fit naguère — par plat électoralisme — un M. B u y 1, qui osa proposer l'autorisation de l'exploitation éhontée des jeux, pourvu que les sommes ainsi produites fussent remises au « Fond des Combattants »!! Il faut avoir perdu tout sens moral pour songer à cela ! L'argent des décavés suicidés servirait à payer les parents de ceux qui sont tombés dans la grande tuerie et l'on donnerait le sacrifice de nos soldats comme passe-part au monnayage d'un vice ! Quelle honte ! Quelle souillure ! Arrière malheureux ! Qui donc, sous prétexte qu'ils ont combattu les armes à la main et ont peutêtre fait beaucoup de morts, qui donc n'aurait pas une profonde commisération pour les mutilés, victimes du militarisme ? Nous irons même plus loin. Dans son discours de réception à l'Académie Française, le 27 avril 1882, Paste u r, ce grand parmi les grands, prononça cette phrase sublime qui a été gravée sur sa tombe : « Heureux celui qui porte en soi un idéal de beauté, et qui lui obéit : idéal de Fart, idéal de la science, idéal de la patrie, idéal des^ vertus de l'Evangile ». Eh bien ! nous disons qu'il vaut peut-être encore mieux avoir l'idéal militariste, que de n'en pas avoir du tout, comme c'est actuellement le cas de tant de malheureux, surtout parmi la jeunesse. On peut admirer tous ceux qui sacrifient leur vie uniquement pour défendre une cause qu'ils croient bonne, même si elle est mauvaise, que ces héros soient allemands, autrichiens ou turcs, anglais, zoulous ou néo-zéelandais, wallingants, flamingants ou irlandais, qu'ils soient des barbares du pôle ou de l'équateur, qu'ils soient français, sénégalais ou anthropophages et que leurs insignes de gloire soient un petit ruban rouge ou un collier d'oreilles arrachées à leurs victimes ! Mais heureux parmi tous, trois fois heureux, celui qui porte en soi le vrai « idéal des vertus de l'Evangile » : l'idéal pacifiste !
[Je demande] des garanties suffisantes pour réduire les armements au strict minimum, pour autant que le permet la sécurité intérieure.