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MAISON DE BARCELONE ET MlDl DE LA FRANCE .1
la distinction entre la Septimanie proprement dite et la Marche d'Espagne (86 ï). Dès ce moment, d'ailleurs, les liens politiques se relâchèrent de plus en plus entre ce pays et le royaume des Francs : la désorganisation de l'œuvre de Charlemagne venait de commencer, laissant crouler de toutes parts l'édifice élevé par le génie du puissant empereur.
La Marche d'Espagne pouvait-elle échapper à cette loi du morcellement universel? Evidemment non; sa situation même, à défaut de toute autre raison, suffirait à expliquer la déchéance rapide qu'y subit l'autorité des rois francs. Devenue tout à fait nominale dès le début du x° siècle (seuls quelques privilèges accordés par les rois carolingiens à divers personnages de la Marche d'Espagne en attestaient encore le souvenir), celle-ci s'y éteignit complètement avec l'avènement de Hugues Capet : elle fit place à la fortune naissante des comtes de Barcelone.
Dès cette époque, en effet, la maison de Barcelone prit une intluence prépondérante dans le Nord de l'Espagne. Un de ses plus vaillants représentants, l'héroïque Borrel, venait de donner à son pays la mesure des services qu'il pouvait lui rendre, en le sauvant d'une invasion formidable de Sarrasins. Abandonné par le roi des Francs, il avait réussi, a force de courage, à repousser la horde des envahisseurs et à leur reprendre la ville de Barcelone tombée1 entre leurs mains (985). Un tel succès valut à sa maison un prestige qui ne cessa de grandir avec les exploits dont elle continua de s'illustrer.
Au début du xic siècle, cependant, les comtes de Barcelone n'occupaient encore que le premier rang parmi les autres seigneurs catalans; les comtes d'Urgel, de Cerdagne, de Bésalu, d'Ampurias et de Paillars jouissaient alors d'une indépen-