‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 9 sur 358 · RAPPORTS DE LA MAISON DE BARCELONE AVEC LE MIDI DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE LA MAISON DE BARCELONE AVEC LE MIDI DE LA FRANCE

I. Situation prépondérante dos comtes de Barcelone dans la Marche d'Espagne au xic siècle.

IL Extension, dans l'ancienne Septimanie, de l'influence des comtes de Barcelone, grâce aux relations politiques et religieuses qui existaient entre les deux versants des Pyrénées.

III. Union de Raimond-Borrel, comte de Barcelone, avec Ermessinde, fdle de Roger le Vieux, comte de Carcassonne, à la fin du xe siècle.

Situation prépondérante des comtes de Barcelone dans la Marche d'Espagne au XI- siècle.

Il faut remonter assez haut dans l'histoire pour découvrir l'origine des relations du pays de Foix avec la Catalogne. Bien qu'elles ne se soient, en eiïet, sérieusement établies qu'au xne siècle, le principe en est cependant beaucoup plus ancien : il se trouve dans la fréquence et 1 intimité des rapports qui s'échangeaient, depuis Charlemag-ne surtout, entre le Midi de la France et le Nord de l'Espagne. Aussi, avant d'aborder l'objet proprement dit de cette étude, est-il utile d'examiner la situation respective de ces deux pays au XIe siècle, à l'époque où le comté de Foix se détache de celui de Carcassonne

Baluon de Monv. — Comtes rie Fois et Catalogne. I. 1

2 RELAtlONS DÉS COMfES DE FÔIX AVEC LA CAÎAtOGNË

pour prendre une véritable autonomie. L'ensemble de ce travail en sera grandement éclairé.

Également soucieux de pourvoir à la défense des diverses frontières de son vaste empire, Charlemagne n'avait pas négligé de mettre l'Aquitaine à l'abri des invasions des Sarrasins. Après les avoir refoulés jusqu'au delà de l'Ebre, il avait créé le gouvernement de la Marche d'Espagne, destiné à servir de barrière à leurs incursions dans la Gaule méridionale. La nouvelle province fut organisée à l'instar des autres régions-frontières de l'empire et confiée à l'administration de comtes francs, établis dans les villes de Barcelone, Gérone. Bésalu, Ampurias, Ausone, etc. Elle ne tarda point à recueillir les bénéfices de l'intervention du grand empereur. La paix et la prospérité revinrent rapidement au sein des populations chrétiennes, naguère opprimées par la tyrannie musulmane, excitées depuis au labeur par les importants privilèges dus à la générosité de Charlemagne. Ces bienfaits laissèrent parmi elles l'impression d'une profonde gratitude : la tradition d'un grand nombre de villes catalanes en reflète encore le souvenir en faisant honneur à l'illustre Charles de leur délivrance ou de leur reconstruction.

Après son élévation à l'empire, Louis le Débonnaire n'eut pas un moindre intérêt pour la Marche d'Espagne. Il renouvela les privilèges de son père aux habitants de cette province et leur en octroya de nouveaux. Il donna même à ce gouvernement une importance particulière, en lui adjoignant ' l'ancienne Septimanie et en faisant de Barcelone la capitale du nouveau duché ou marquisat de Septimanie (817). Cet état de choses dura peu, il est vrai, car Charles le Chaîne rétablit'

1. Vaissète, Histoire du Languedoc, éd. Privât, t. I, }>. 9S3.

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