Marca, Hist. du Béarn, p. 72o
clauses du récent accord d'Arnaud de Castelbon avec Bernard de Vilamur ; il y était formellement interdit à Ermessinde de se marier sans le consentement de l'évèque. Celui-ci dut évidemment s'opposer à un pareil projet, de la manière la plus vive : l'invasion de Raimond-Roger était encore trop présente au souvenir de tous. Il était, d'ailleurs, facile de prévoir que l'arrogance d'Arnaud en deviendrait de plus en plus intolérable.
Le comte d'Urgel n'avait pas un moindre intérêt à empêcher cette alliance ; aussi lit-il cause commune avec le prélat lorsque celui-ci eut à se défendre, peu après, contre Raimond-Rog-er et Arnaud. Contrariés, en effet, par les résistances auxquelles se heurtait la réalisation de leurs desseins, ces derniers essayèrent d'en triompher par la violence. Ce fut en vain, toutefois, car la fortune des armes ne les favorisa point. Battus 1 l'un et l'autre dans un grand combat, ils furent faits prisonniers avec de nombreux chevaliers et fantassins (26 février 1203).
Ermengaud VIII leur imposa des conditions extrêmement dures. Fatigué de ces luttes incessantes, il ne voulut leur rendre la liberté qu'en échange de garanties sérieuses pour l'avenir. Nous avons sur ce sujet une série de documents fort significatifs.
Le premier 2 d'entre eux est du 2 juillet 1203. Raimond- Roger s'y engage à payer au comte d'Urgel 40.000 sous d'Agramunt ou de Barcelone, à sa guise, et de lui donner en otages six de ses chevaliers : Roger de Comenge, A. Bernard de Marquefave, Bérenger de Castillon, R. de Quer, Guillaume Ysarn et Bernard Oalric. Ce devait être sa rançon personnelle; il fut, en effet, stipulé 3 (même jour) que Roger-Bernard, son