‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 111 sur 358 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

RELATIONS DU COMTE DE FOÏX AVEC PIERRE II, ROI D'ARAGON, PENDANT LA GUERRE DES ALBIGEOIS

I. Mort d'Ermengaud VIII, comte d'Urgel, et intervention de Pierre II dans le pays d'Urgel.

II. Intervention pacifique du roi d'Aragon en faveur de Raimond- Roger et de ses alliés pendant la guerre des Albigeois.

III. Alliance offensive du roi Pierre avec les comtes de Foix et de Toulouse : sa mort à la bataille de Muret (12 septembre 1213).

Mort d Ermengaud VIII, comte d'Urgel, et intervention de Pierre II dans le pays d'Urgel.

Ermengaud mourut (1208) très peu de temps après la conclusion des accords dont nous venons de parler. Cet événement troubla profondément le pays d'Urgel et y ouvrit la porte à d'ardentes compétitions ; il ne restait, en effet, qu'une fille du mariage de ce seigneur avec El vire : Aurembiax. Miracle, d'autre part, la sœur du défunt, celle-là même qu'il avait destinée comme femme à Roger-Bernard, avait eu de Pons de Cabrera, son premier époux, un fils nommé Géraud. Celui-ci ne manqua point de faire valoir ses droits au comté d'Urgel, dès que son oncle eût rendu le dernier soupir.

La situation d' Aurembiax aurait donc été fort difficile sans l'appui ' que lui prêta pour lors le roi d'Aragon : l'intérêt de

1. Craignant de ne pouvoir résistera Géraud, Elvire, qui avait été chargée de la tutelle de sa fille, fit donation à Pierre du comté d'Urgel (Zurita, Anales, ad an. 1208).

LE COMTE DE FOIX ET PIERRE II d'aRAGOX 137

ce dernier était de la défendre contre les prétentions l des Cabrera et les entreprises possibles du comte de Foix et de son allié de Castelbon. Pierre II avait là, en effet, une occasion unique d'implanter son autorité dans le pays d'Urgel ; il ne dut agir cependant qu'avec une extrême prudence, de peur d'éveiller des susceptibilités utiles à ménager.

Ce fut ainsi très probablement dans le désir de s'assurer la neutralité de Raimond-Roger qu'il lui donna 2 en fief la seigneurie de Bernard3 d'Alion (1209, n. st., 9 janvier); ces terres, récemment confisquées pour refus de services féodaux, comprenaient le Donnezan et le Capcir avec d'autres châtellenies disséminées dans la Cerdagne, le Confient et le Baridan. De petite importance pour la couronne d'Aragon, elles offraient au comte de Foix l'avantag-e d'arrondir ses possessions et de faire corps avec elles, le Donnezan et le Capcir, du moins. Raimond-Roger eut le bon esprit de se contenter de cette faveur, plutôt que de se mêler à la lutte des partis.

L'intervention royale inspira, semble-t-il, une pareille sagesse au vicomte de Castelbon. Les actes de l'époque le

1. Miracle avait été substituée par Ermengaud à Aurembiax, au cas où celle-ci mourrait sans enfants.

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