Id., ib
députés furent reçus en audience par le pape au commencement de l'année 1213.
Deux lettres du Souverain Pontife, l'une à Montfort (17 janvier 1213) et l'autre aux légats (18 janvier), font bien connaître la pensée et les projets du roi d'Aragon. Il y est question, en effet, des plaintes de celui-ci au sujet des préjudices que lui avaient causés l'archevêque de Narbonne et Simon de Montfort : ces derniers avaient envahi les terres de ses vassaux, les comtes de Foix et de Comminges et le vicomte de Béarn, et avaient obligé les habitants de ces pays au serment de fidélité, pendant que lui-même, leur maître, occupé à la guerre sainte, ne pouvait voler à leur secours. Il avait demandé au pape de faire rétablir ses subordonnés dans leurs domaines *, afin qu'il pût se consacrer lui-même tout entier à la lutte contre les infidèles.
Sur une nouvelle réclamation de Pierre, relativement au service féodal dû pour le vicomte de Carcassonne, Innocent III prescrivit au chef des croisés de se conformer à ses devoirs vis-à-vis du souverain. Pierre reprenait donc complètement le rôle des anciens seigneurs de Barcelone dans le Midi de la France. Il faisait, en outre, annoncer au pape que Raimond de Toulouse lui avait remis ses domaines, son fils et sa femme, afin qu'il prît leur défense ; il suppliait In/iocent III de conserver le Toulousain au « fils de ce comte, qui n'avait jamais été imbu de l'erreur et qui ne le serait jamais, avec la grâce de Dieu ». Il promit de le faire instruire dans la foi, d'avoir soin de son éducation et d'apporter toute son attention à extirper l'hérésie du royaume d'Aragon 2.