‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 120 sur 358 · SUITE DE L'HISTOIRE D'ARNAUD DE CASTELRON · texte numérisé non relu

SUITE DE L'HISTOIRE D'ARNAUD DE CASTELRON

I. Accointances du vicomte de Castelbon avec les hérétiques. II. Empiétements continuels d'Arnaud sur les droits et domaines de l'église d'Urgel.

Accointances du vicomte de Castelbon avec les hérétiques.

La guerre contre les Albigeois fut une heureuse diversion pour l'église d'Urgel : Raimond-Roger et son fils Roger-Bernard dépensèrent toute leur activité dans la lutte avec les croisés. Il leur fut ainsi beaucoup plus difficile de s'associer aux entreprises d'Arnaud de Castelbon contre la Mitre. En fait, l'on ne constate, à cette époque, aucune intervention de leur part au delà des Pyrénées. Quoique réduit à ses seules forces, ce seigneur n'en continua pas moins de demeurer hostile à l'église jusqu'à la fin de sa vie. Les passions religieuses, jointes à son ambition naturelle, le poussèrent à empiéter de toutes façons sur les droits des évêques. Ceux-ci défendaient avec vigueur la foi catholique, tandis que, favorable à l'hérésie, le vicomte donnait asile aux sectaires et empêchait la justice ecclésiastique d'exercer son action sur eux *.

L'on peut affirmer également qu'il secourut le comte de Foix pendant la guerre des Albigeois ; nous n'en avons pas de preuve directe, il est vrai, mais tout porte à justifier cette

1. Cf. l'acte de condamnation d'Arnaud de Castelbon comme hérétique en 1269. Arch. capit. d'Urgel, cart.,vol. 2, fos 72v°-73.

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assertion, aussi bien l'alliance des deux familles que les rapports des hérétiques avec l'Espagne. L'intervention d'Arnaud dans les affaires albigeoises est, du reste, mentionnée l officiellement à propos d'un acte de soumission de Raimond- Roger aux légats (17 février 1217). Le vicomte le ratifia, six jours après, sous la garantie de Bernard de Portella, d'Aton- Arnaud de Chàteauverdun et de Raimond de Quier 2.

Le zèle d'Arnaud pour l'hérésie ne l'empêchait point, d'ailleurs, de travailler sans relâche à l'accroissement de son autorité dans ses domaines. Il obtint, en effet (29 juin 1209), l'engagement 3 de Bertrand de Saga, de Bernard de Aragal, de Pierre-Raimond et de Bernard-Ermengaud de raser les murs d'Aristot, d'en combler les fossés et de détruire les récentes constructions en bois qui avaient été faites au-dessus de l'église de cette localité. Il connaissait trop bien le danger de tout établissement de fortifications nouvelles, pour accorder cette tolérance à ses vassaux.

Ayant eu encore d'autres difficultés avec Bernard de Aragal, au sujet du Baridan, il les termina par un accord 4 fait avec ce seigneur (8 juillet 1213).

En 1218 (17 décembre), il conclut5 une alliance avec son suzerain Nugnès-Sanche, seigneur de Roussillon et comte de

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