Pièces jusl., n° 47, p. 94 et
avantageux pour qu'il évitât de se montrer, dès le début, trop difficultueux à l'égard de l'évêque. Cela ne l'empêcha point, sans doute, de conserver le secret espoir de s'affranchir progressivement d'un joug trop dur pour son orgueil.
Il ne se lit pas faute, du reste, d'imiter, cette année même, les agissements de son beau-père ; l'évêque et le chapitre eurent, en effet, à se plaindre • de lui à propos de torts causés dans les forteresses de Sévis et de Nargo, et d'exactions commises aux dépens des hommes d'Aravell, d'Anes, d'Eguils, de Trajovel, d'Espaen, de la vallée d'Andorre et d'autres (23 novembre).
Nous ne possédons pas malheureusement le texte même de ces griefs ; nous en trouvons, il est vrai, la confirmation dans le mémoire des archives d'Urgel. Le comte de Foix 2 et son fils Roger, y est-il dit, retenaient injustement, depuis la mort d'Arnaud, le château de Nargo avec toutes ses dépendances ainsi que celui de Sévis. Ils ne se souciaient aucunement, d'ailleurs, de respecter les droits de l'église : ils empêchaient 3 les habitants des vallées de San Juan et de Caboet de prêter à l'évêque le service d'ost et d'exécuter les conventions faites avec lui, notamment de lui jurer le serment de fidélité. Ils n'accomplissaient pas eux-mêmes les devoirs féodaux auxquels ils s'étaient engagés par serment; ne livraient pas leurs châteaux; levaient des cens et autres impôts sur les hommes de l'église, particulièrement sur les habitants de l'Andorre, qu'ils écrasaient d'exactions ; pillaient ses châteaux et les biens du clergé ; détruisaient les ponts donnant accès à la Seo et empêchaient les voyageurs de s'y rendre.
1. Analyse. Arch. dép. de l'Ariège, Inventaire des archives de Foix, p. 292, caisse 47, n° 2.