Vaissète, t. III, p. i
fréquemment, tantôt en deçà, tantôt au delà des Pyrénées,
groupant les dignitaires ecclésiastiques des deux parties de la Narbonnaise et souvent aussi les seigneurs laïques; ces assemblées offraient à ceux-ci le meilleur point de réunion pour v régler, en commun, les affaires les plus importantes. Pour ne citer1 que l'un des plus fameux, celui de Tulujes H) H . où furent rendus les célèbres décrets sur la trêve de Dieu, les comtes de Bésalu, de Cerdagne et d'Ampurias s'y rencontrèrent en même temps que Gausfred, comte de Roussillon, et Gauzbert, vicomte de Castelnau.
Plus d'une fois, assurément, la guerre contre les infidèles dut faire l'objet des entretiens des seigneurs assemblés : l'on peut en juger par l'ardeur des chevaliers du Midi de la France à se porter au secours de leurs voisins de Catalogne contre les Sarrasins d'Espagne. C'est ainsi que le vicomte de Narbonne aida- Raimond-Bérenger, comte de Barcelone, à s'emparer de la ville de Tarragone ; la cité reconquise et le comté dont elle était la capitale furent le prix de ses services (1050).
Mais il ne suffisait pas de vaincre les Sarrasins ; il fallait ensuite songer à réparer les désastres de la guerre. C'est de l'ancienne Gaule encore que la Catalogne tirait, dans ce but. de précieux auxiliaires : elle faisait appel au dévouement des monastères situés de l'autre côté des monts, de Saint-Victor de Marseille et de Cluny principalement. Les nombreux actes de donation consentis par les seigneurs catalans en faveur de ces abbayes témoignent de l'influence qu'elles avaient acquise au delà des Pyrénées''. Les relations religieuses créées entre