‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 132 sur 358 · Arch. nat., J 879, n · texte numérisé non relu

Arch. nat., J 879, n

L'année suivante, Roger-Bernard signa ' une convention semblable, niais d'un intérêt bien supérieur, avec Bérenger de (.allers, prieur d'Orgaîia : c'était un véritable paréage conclu entre eux, à l'occasion de la construction, à frais communs, d'une ville-neuve et d'un marché. Le prieur en cédait la moitié de tous les revenus, à condition pour le comte d'assurer la sécurité des chemins de concert avec les hommes du prieuré. Bérenger se réservait, d'ailleurs, la possession franche et entière de ses autres domaines et de ses droits sur l'ancienne ville ; il stipulait, en outre, que les églises, les cimetières, les cloîtres et les maisons des chanoines seraient exempts de la juridiction de Roger-Bernard : les crimes commis en ces lieux devaient être jugés et punis par le prieur ou son baile, à l'exception, toutefois, de l'homicide, qui ressortirait de la justice du comte ; le produit des amendes encourues de ce chef devait être attribué, par moitié, à chacune des deux parties. La perception des revenus de la ville-neuve et du marché serait assurée par deux bailes, celui du comte et celui du prieur.

Roger-Bernard avait obtenu un gros succès en s' établissant à Organa de la sorte. La vallée de ce nom était le prolongement de celle de Gaboet vers les bords de la Sègre : il arrivait ainsi, peu à peu, à occuper solidement tout le bassin supérieur de cette rivière, soit dans le comté d'Urgel, soit dans la Cerdagne. Sa nouvelle acquisition, du reste, fut l'objet, de la part de Févèque, d'une plainte 2 très vive : la vallée et la ville d'Organa étaient revendiquées par celui-ci comme une possession allodiale sur laquelle il n'était permis au comte d'élever aucune prétention.

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