ROGER-BERNARD II ET PONS DE VILAMUR
Celle-ci, violemment maltraitée par Roger- Bernard , était menacée dune entière destruction ' . La lettre de l'archevêque est datée de Tarragone (30 mai), sans autre indication ; l'on ne peut donc affirmer qu'elle soit de l'an 1239. Les détails qu'elle relate paraissent cependant donner beaucoup de vraisemblance à cette conjecture.
Tant de méfaits devaient naturellement provoquer des représailles de la part des gens du prélat ; nous savons, en effet, que - l'évêque et le chapitre proposèrent au comte (27 janvier 1239, n. st.) de réparer les dommages qu'ils lui avaient causés en rompant la trêve. La paix ne tarda point, cependant, à se rétablir entre Pons de Vilamur et Roger-Bernard. Celui-ci approchait du terme de sa vie ; peut-être en eut-il conscience et voulut-il l'achever dans des dispositions plus chrétiennes? Il est permis de le supposer; toujours est-il, l'évêque leva3 la sentence d'excommunication et le reconnut comme bon et loyal catholique (2 juin 1240).
Le comte fît son testament le 23 mai de l'année suivante, confirma (le 26 du même mois) les donations de ses prédécesseurs à l'abbaye de Boulbonne, et mourut peu après. Il dut, en quittant la vie, être satisfait de son œuvre. En France, il était sorti de la guerre des Albigeois aux conditions exceptionnellement avantageuses du traité de 1229. En Espagne, il avait affermi ses droits sur le vicomte de Castelbon et procuré à sa famille la puissante alliance de la maison de Cardone. C'en était assez pour rendre son nom illustre et mériter la reconnaissance de ses successeurs. Il pouvait, du reste, mourir tranquille : Roger IV, son fils, était un digne héritier de son indomptable énergie et de son habileté diplomatique.