‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 169 sur 358 · Pièces just., n° 46, p · texte numérisé non relu

Pièces just., n° 46, p

•2. /</., ib.

soustraire à ces persécutions, le comte en appelle au pape et se place, avec tous ses sujets et domaines, sous la protection du Saint-Siège.

L'affaire fut-elle effectivement jugée à Rome ? Nous l'ignorons, car les documents font malheureusement défaut à cet égard '. A partir de cette époque, du reste, l'on ne sait plus rien sur ces démêlés jusqu'après les dix premières années de l'avènement de Roger-Bernard III, tils et successeur de Roger IV. C'est une lacune regrettable ; ce qui précède suffit cependant à donner une idée exacte de la véritable situation de nos comtes vis-à-vis de l'église. De père en fds, ils se transmettent leur politique ambitieuse, ne visant à rien moins qu'à la suppression de la suzeraineté de l'évéque d'Urgel. Les droits de celui-ci sont, toutefois, si bien établis que rien ne peut les effacer, ni l'astuce, ni la violence.

Fin de la vie de Roger 1 \ .

Nous ne pouvons quitter l'année 1258, sans rappeler le fameux traité de Corbeil conclu entre saint Louis et le roi d'Aragon. Ce fut le triomphe définitif de l'influence française dans le Midi. Louis IX eut la sagesse politique de sacrifier les droits surannés de sa couronne sur l'ancienne Marche

1. La donation (25 juillet 1260) que fit Roger IV à son fils Roger-Bernard de ses terres d'Espagne énumère le château de Salent, celui de la Bastide de Pons, à l'entrée de l'Andorre, celui d'Aos, la vallée de Seviz, Galeuda, Moptajocel, Narg'o, les vallées de Caboet et de San Juan, ses droits à Asfa, Montferrer et Boxadera, sa part dans le château de Semant et la ville d'Organa, les vallées d'Andorre et de Zagardia, possessions au sujet desquelles, pour la plupart, s'élevaient les réclamations de l'église [Orig. Arch. nat., J 879, n° 68).

d'Espagne en retour de la renonciation de Jacques Ier à toutes prétentions sur plusieurs des provinces de la France méridionale. Cet acte important nous intéresse particulièrement; le comté de Foix est, en effet, mentionné dans le traité du 11 mai 1258, sans qu'il figure cependant dans la procuration des ambassadeurs aragonais (14 mars 12581 ni dans la ratification de Jacques Ier (16 juillet de la même année). Seul, le préambule de ce dernier document le cite de nouveau. M. de Tourtoulon ' pense qu'en l'y insérant, les envoyés du roi d'Aragon outrepassèrent leurs instructions ; Jacques Ier aura ensuite refusé d'approuver cette partie du traité, maintenant ainsi ses droits ou ses prétentions sur ce pays. Quoi qu'il en soit, l'on verra bientôt que la suzeraineté du haut pays de Foix fut, effectivement, revendiquée par Jacques Ier (1272). Ce fut sans succès, il est vrai ; il n'était pas hors de propos, néanmoins, de faire ce rapprochement.

Il ne nous reste plus, pour achever l'histoire de Roger IV en Espagne, qu'à parler des dernières années de sa vie. L'on se rappelle que Raimond de Cardone, son beau-frère, lui avait engagé les châteaux et villes de Solsona, de Torroja et d'Arbeea (1250). Roger les possédait encore en 1258; le 23 août de cette année, en effet, il les donna en commende 2 à ce seigneur, à la condition, toutefois, que la possession lui en ferait retour quand il lui plairait. Il stipula même, comme garantie de cette clause, que, si la livraison de ces forteresses ne lui était pas faite, trois mois après réquisition de sa part, il garderait en toute propriété le château et la ville de Lort, la vallée de Laguda el le château de Villanova, sans abandonner, pour cela, ses droits sur Solsona, Torroja et Arbeca.

Page 1