Cf. Id., n
2\ ï RELATIONS DES COMTES DE POIX AVEC LA CATALOGNE
faire valoir, en faveur de ses ayant-droits ; aussi chercha-t-il, de toutes manières, à traîner l'affaire en longueur; finalement il en appela au pape, au moment même où la sentence allait être prononcée, sous prétexte que les délais nécessaires avaient été refusés à son avocat. Une dernière assignation lui fut faite, pour lui enlever tout motif de plainte, mais elle n'eut pas de meilleur résultat. Le jugement ' fut alors rendu (2 novembre 12()9) flétrissant la mémoire d'Arnaud et d'Ermessinde comme entachée d'hérésie et ordonnant que leurs ossements fussent exhumés et jetés hors du lieu saint réservé à la sépulture des fidèles.
Roger-Bernard n'éprouva pas cependant les suites fâcheuses de cette sentence : les lois de l'époque donnaient au roi d'Aragon le droit de se saisir du vicomte de Castelbon ; comme on l'a vu, en effet, il avait obtenu de son suzerain la promesse de n'être pas inquiété dans la possession de cette seigneurie, au cas où une condamnation viendrait à frapper la mémoire de ses ancêtres.
En 1270, Jacques Ier requit 2 les services du comte (9 novembre) pour une expédition militaire qu'il avait projetée l'an- , née suivante. Pareil ordre fut donné aux différents barons de la Catalogne, au vicomte de Cardone 3, notamment. Il s'agissait, paraît-il, d'une campagne contre les Sarrasins, mais elle fut différée, car des convocations analogues furent envoyées en 1271 et 1273 aux seigneurs aragonais et catalans. Ces derniers refusèrent iVy prendre part, sous prétexte qu'ils n'étaient pas tenus au service militaire en dehors de la Catalogne. Extrêmement jalouse de ses privilèges, en effet, la noblesse