Pièces just., n
La captivité de ces seigneurs dura un peu moins d'un an l'on sait l, en elfet, que, dès le mois de mai 1281, Pierre III remit en liberté le vicomte de Cardone, Arnaud-Roeer, comte de Paillars, Raimond-Uoger, frère de celui-ci, Bernard-Roger de Erill et Raimond de Anglesola; il leur rendit même comme fiefs, les biens qui avaient été confisqués à son profit. Cette politique ferme mais indulgente porta bientôt ses fruits : la plupart de ces anciens rebelles servirent Pierre III avec le plus grand dévouement pendant l'invasion française de 1285.
Ce dernier ne fut pas moins habile vis-à-vis du peuple catalan. Il n'oublia point que sa victoire avait été due, en grande partie, à l'empressement des milices à répondre à son appel. Il fît 2 donc publier dans toutes les localités des vigueries de Tarragone, Lérida, Barcelone et Cervera que les personnes lésées par la récente guerre eussent à mettre leurs plaintes par écrit, afin qu'il pût en statuer (3 août 1280). Ce n'était, à coup sûr, que justice d'en agir ainsi, mais c'était aussi de l'intérêt du roi de se concilier les habitants des villes pour s'en faire un contrepoids à l'ambition des ricombres.
Sévérité du roi pour Roger-Bernard, Négociations pour obtenir l'exécution de ses engagements antérieurs.
Pierre III eut pour le comte de Foix beaucoup moins de ménagements que pour les autres seigneurs et se montra, au contraire, très rigoureux à son égard. Roger-Bernard avait failli à tous ses engagements et avait été, pour la deuxième fois, le promoteur de la révolte des barons catalans. Le souverain voulait, à tout prix, briser sa puissance en Catalogne.