Arch. d'Aragon, reg. is, I
CAPTIVITÉ DE ROGER-BERNARD III 2ol
de peur qu'il n'en abusât encore pour mettre la révolution dans le pays. Là sortie de prison du comte fut donc subordonnée à l'accomplissement des conditions les plus strictes.
Roger-Bernard fut condamné ' à rendre les châteaux et les terres qu'il tenait du roi en commende, à livrer à celui-ci sa tille Constance, celle qui avait été promise en mariage à l'infant Jacques, à remettre immédiatement le vicomte de Castelbon entre les mains de la future et de l'infant et à leur faire prêter hommage ainsi qu'au monarque par tous les hommes de cette seigneurie. Pierre III lui laissait, d'ailleurs, l'usufruit du vicomte, sous la réserve que les châteaux en seraient tenus au nom du roi, de l'infant et de Constance. Roger-Bernard conservait la liberté de changer les officiers de ces domaines, à condition que les agents nommés par lui tissent hommage à Jacques, à sa femme et au roi. Il était stipulé enfin que si Constance venait à mourir, les trois filles du comte épouseraient successivement l'infant Jacques, avec le vicomte de Castelbon en dot 2.
Roger-Bernard n'avait aucun moyen d'éluder les obligations qu'on lui imposait, aussi se décida-t-il à les accepter et à donner 3 ses terres de l'Urgellet à l'infant et à Constance (13 septembre). Guillaume, vicomte de Castellnou, fut chargé4 par ceux-ci d'aller en prendre possession, de même que des autres châteaux du comte dans la Cerdagne et le Baridan (même jour).
Pierre triomphait ainsi sur toute la ligne, lorsqu'un caprice de l'infant vint brusquement détruire sa combinaison : Jacques