Pièces just., n
2. Pierre III se trouvait encore dans cette ville le 11 décembre; car c'est de là qu'il continua aux habitants de Castelbon toutes les franchises et libertés qui leur avaient été accordées par Roger de Foix , et par ses prédécesseurs, de même que les diverses conventions passées entre eux el les comtes de Foix (Arch. d'Aragon, ivg. ili, f" 16*7 v").
;î. Pièces just., n° I OS.
Pierre III l'ut avisé, en effet, que les habitants de l'Andorre1 ne voulaient point prêter hommage à son représentant et il dut leur intimer- l'ordre (Barcelone, 2o décembre), sous peine d'être traités comme rebelles, d'accomplir les promesses faites par eux en présence du comte de Foix.
C'est vers le même moment3, sons doute, qu'ayant requis le procureur de Roger-Bernard de prendre possession des châteaux et lieux échangés avec celui-ci. le roi se heurta au refus de ce personnage, sous le prétexte d'ordres nouveaux reçus du comte. Ce dernier ne s'inquiétait plus, du reste, de cacher sa révolte contre L'autorité royale : il osa ouvrir lui-même les hostilités en s'emparant ' du château de Tor qui était compris dans les terres cédées au monarque.
Indigné d'un tel mépris de la foi jurée. Pierre III"' lui exprima ses plaintes (8 janvier 128 i. n. st. au sujet de cette violation des conventions conclues et lui demanda satisfaction des dommages ainsi causés. Il se montra, toutefois, très mesuré dans le ton de sa lettre, se bornant à inviter le comte à venir à la cour ou bien à envoyer un procureur pour occuper les châteaux qui lui revenaient en vertu du récent traité.
Pierre connaissait assez Roger-Bernard pour n'avoir pas
1. Cet acte a fait croire à M. de Bofarull (Hist. de Cataluna, t. III. p. 460) que le roi d'Aragon s'était rendu en Andorre pour s'y entendre avec les gens de ce pays, en présence du comte de Foix. Il est impossible cependant d'interpréter ce document ainsi, car celui-ci n'était sorti de prison que le lu décembre et l'on sait que Pierre avait chargé son officier Comenges de recevoir l'hommage des habitants du vicomte. Il est beaucoup plus simple de supposer que les Andorrans avaient envoyé une députation à Montblanch où Roger-Bernard renouvela les conventions faites à Tarazona.