Bofarull, Hist. de Cataluha, t. III, p
lans durent se concentrer à Figueras où leur souverain les attendit en personne : comme sanction à ses ordres, il avait prévenu l'archevêque de Tarragone et les autres prélats que toute désobéissance serait punie de la peine capitale. Pierre, au surplus, était assuré du concours secret du clergé ; il pouvait également compter sur les milices communales, auxquelles il avait donné une grande importance. La noblesse, elle-même, oublia ses griefs et ne lui ménagea point son aide1.
Ce n'était pas trop du patriotisme de tous pour conjurer le danger, car Philippe III avait réussi à entraîner à sa suite le roi de Majorque. Ce prince gardait contre son frère une vieille rancune depuis les débats dont il a été question plus haut. Vainement Pierre essaya-t-il de le retenir dans son parti ; le roi Jacques resta sourd aux prières comme aux menaces'. Résolu cependant à retirer cet appui à son adversaire, le monarque aragonais se précipita sur le Roussillon3. Tombant à l'improviste sur la ville de Perpignan, il y surprit son frère malade ainsi que la reine Esclarmonde et leurs quatre fils. Mais le roi de Majorque réussit à s'évader par un souterrain ; et les infants, conduits à Barcelone, en furent enlevés quelque temps après par un chevalier du diocèse de Garcassonne ; leur père les donna ensuite en otage à Philippe III.
L'expédition de Perpignan resserra, cela se comprend, l'alliance de ce dernier avec Jacques de Majorque. Celui-ci lui envoya une ambassade pour l'engager à entrer, à son tour, dans le Roussillon et lui assurer un concours empressé. Desclot raconte, à ce sujet, le curieux dialogue qui aurait eu