‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 252 sur 358 · Id., n · texte numérisé non relu

Id., n

conseil de Jacques II, avec pension annuelle de 3.000 sous. La tactique de celui-ci paraît bien claire en l'espèce; nous ne pouvons croire, en elï'et, qu'il n'y ait une relation entre ces deux actes. En s'attachant ainsi l'un des plus sûrs partisans de notre comte, Jacques II espérait, sans doute, tenir plus facilement ce dernier sous son influence. Guillaume-Raimond, du reste, n'accepta pas, sans condition, les faveurs royales : il se réserva le droit de ne point servir Jacques contre Roger-Bernard et même celui de prêter assistance à son ami contre le souverain. Il mit à part, toutefois, le cas où le comte s'allierait aux Français ou à d'autres étrangers pour envahir le royaume et s'engagea, dans cette éventualité, à défendre la cause du monarque.

Ce traité, intéressant sous plus d'un rapport, confirme ce que nous avons dit sur le caractère des relations des ricombres catalans avec la royauté. Ceux-ci étaient prêts, aux heures de danger national, à se grouper autour du roi pour la défense commune : leur conduite pendant la guerre de 1285 fut significative à cet égard, mais ils tenaient, en même temps, à leurs privilèges, et spécialement au droit de guerre privée. Ce document prouve encore que l'influence du comte de Foix sur la noblesse catalane n'avait pas été diminuée à la suite de la croisade ; séparé d'elle pendant cette expédition, il retrouva son ancien prestige dès que cette dernière eût été terminée.

Roger-Bernard approuva, sans doute, la présente convention ; depuis cette époque, en effet, jusqu'à la signature de la paix entre la France et F Aragon (1295) on ne voit nulle part qu'il ait eu la moindre difficulté avec Jacques II.

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