‹ Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu'aucommencement du XIVe siècleChapitre 257 sur 358 · Pièces jusl., n° 12S · texte numérisé non relu

Pièces jusl., n° 12S

ROGER-BERNARD ET LES COMTÉS DE PAILLARS ET d'ïJRGÊL 297

Le souverain ne pouvait que donner tort à notre comte. Il enjoignit1 donc à ce dernier de restituer à la comtesse les châteaux susdits, contre le payement régulier proposé par elle, ou bien de venir lui exposer les motifs de son refus. Roger-Bernard se garda d'obéir à l'ordre royal; dévoilant, au contraire , sa mauvaise foi, il se lança dans la guerre avec une grande ardeur. Il accourut - avec Arnaud d'Espagne au secours de la place assiégée et envoya3 même ses lettres de défi à Jacques II, sous prétexte qu'il ne pouvait abandonner Roger de Comminges, son neveu, dans la guerre que lui faisait le monarque.

Celui-ci4 lui répondit (29 juin) en protestant contre l'invasion d'Arnaud. Il n'intervenait lui-même, disait-il, que pour repousser l'agression violente et injuste du vicomte de Couserans et prendre sous sa protection la fille d'Arnaud-Roger, le tuteur de celle-ci et les exécuteurs testamentaires du comte défunt. Jacques II rappelait, en outre, à Roger-Bernard que le défi adressé par lui constituait une violation de la trêve conclue au nom du roi de France et de tous ses alliés et vassaux. Il lui signifiait enfin que, faute de cesser immédiatement ses secours au vicomte, des mesures de rigueur seraient prises contre sa personne et ses biens.

Le souverain se disposa en même temps à résister efficacement à ces audacieux adversaires. Il expédia de tous cotés des ordres de convocation à la noblesse de Catalogne et aux milices des villes. Le nombre de ses mandements peut donner une idée de l'importance qu'il attachait à cette affaire. Le 27 juin5,

i. Pièces just.,n° 128.

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